Le
roi des fleuves
Neri
atrabile
Italie, années
70. Bruno vit chez sa grand-mère avec son oncle Giovanni. Il s’ennuie.
Il y a bien les virées au fleuve avec les copains mais il passe le
plus clair de son temps seul. Et puis un jour il trouve un crâne dans
le jardin. Une découverte qui va avoir un incroyable impact sur l’imaginaire
du petit garçon. Car juste après il commence à pleuvoir.
Des pluies diluviennes qui n’en finissent plus de tomber. Pour Bruno,
c’est clair, le crâne et le fleuve qui déborde sont liés.
Mais il lui reste encore à trouver comment…
L’originalité du “Roi des fleuves” est de raconter
cette histoire du point de vue de Bruno. Le récit se met donc à
hauteur de petit garçon et propose une plongée marquante dans
l’univers de l’enfance : son imaginaire peuplé de
monstres et de légendes (le gigantopithèque, l’oncle Adelmo,
des poissons si gros qu’ils peuvent manger des chiens ou la Fiat 500
de Poppi), ses fantasmes de pouvoir et d’héroïsme (devenir
le roi des fleuves et sauver tout le monde), son attirance pour les ténèbres,
ses doutes aussi.
Pour mieux nous faire pénétrer dans l’univers de Bruno,
Marino Neri a judicieusement choisi un noir et blanc nerveux et très
spontané. Son trait, mêlant pointe fine et épais coups
de pinceau, cherche davantage à esquisser et à capter quelques
détails forts qu’à représenter clairement. Cela
donne au récit des contours improbables, et rend les limites entre
rêves et réalité parfois floues, comme si les cases sortaient
tout droit du monde onirique du jeune garçon. Singulier et envoûtant,
ce récit est la découverte de l’été !
[sullivan]