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Brooklyn Dreams
DeMatteis/Barr
futuropolis

Cela valait-il la peine d’aller ressortir ce “Brooklyn Dreams” sorti il y a déjà 15 ans aux Etats-Unis alors que des autobiographies essaiment tous azimuts? Il suffit en fait d’en lire les quelques premières pages pour ne plus avoir de doute à ce sujet ! Sans rien retirer au mérite de DeMatteis (surtout connu pour son travail de comics de super héros, ce qui ne doit cependant pas faire oublier son magnifique roman graphique “Blood”) qui a réussi à rendre son récit à la fois vivant et original (son alter ego adulte qui se charge de la narration joue avec le lecteur en lui promettant des révélations pour finalement les repousser au dernier moment, apostrophe les personnages de son histoire pour leur demander des comptes ou leur faire des reproches…), il faut avouer qu’il avait un matériau en or à portée de main, je veux parler de sa famille complètement névrosée, haute en couleurs.
Car si l’auteur dit vouloir parler, avec beaucoup d’autodérision, de l’année un peu folle qu’il a vécue alors qu’il était en terminale (découverte de l’amour, séjour au commissariat, expérience de drogues en tous genres), il veut surtout comprendre comment il en était arrivé à se droguer à ce point. Parmi les explications possibles, il y a peut-être la perte de son frère jumeau alors que sa mère était enceinte mais plus probablement la personnalité de ses parents. Difficile en effet de grandir dans le calme et la sérénité entre une mère juive continuellement rongée par la culpabilité et un père italien pouvant se transformer en King Kong lorsqu’il est en colère et capable de dire à son fils qu’il n’est pas son vrai père (ce qui n’est que pure invention) après une dispute avec sa mère…
Pour sa seule incursion à ce jour dans l’univers de la bd, Glenn Barr parvient à s’approprier ce récit si personnel en s’appuyant sur des techniques graphiques variées (lavis très travaillés, trait au crayon jeté) qui lui permettent de passer du réalisme le plus cru à la caricature ou aux visions hallucinogènes issues du cerveau du jeune Carl Vincent Santini sans que la fluidité du récit n’en pâtisse. Il fallait cela pour que ce pavé de près de 400 pages soit si captivant et se lise d’une traite !

[sullivan]

 

 


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