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Commandant Achab. 1. Né pour mourir
Piatzszek/Douay
quadrants

C’était le rêve de Karim. Bosser au mythique 36, quai des orfèvres. Pourtant, il doit rapidement déchanter. En effet, lorsqu’il pénètre dans le bureau de son coéquipier et supérieur pour se présenter, celui-ci est allongé, sa prothèse appuyée contre le bureau, l’esprit embrumé par le joint qu’il est en train de fumer. Edgar Cohen n’a visiblement pas envie qu’on le dérange et il lui fait savoir ! Notre homme a à peine le temps de digérer cette drôle d’entrée en matière qu’un homme est retrouvé pendu, nu, avec une pancarte autour du cou qui dit “Mort pour la France”. Le binôme fraîchement crée est chargé de l’affaire.
Le vieux loup abimé par la vie et désenchanté, que l’on a mis au placard suite à une boulette associé au jeune fonceur mais un peu naïf : on a déjà vu ça ailleurs et ce n’est clairement pas ce qu’il y a de plus original dans le scénario. Pour le reste, c’est autre chose. Car si Piatzszek a choisi de planter son intrigue dans le contexte de la police criminelle, c’est davantage pour donner un arrière plan sombre et désabusé à sa série que pour s’intéresser de près à ses affaires. D’ailleurs, celle de ce premier tome, si elle fait son petit effet, est résolue assez rapidement sans que l’on sache bien comment d’ailleurs.
Non, ce qui l’intéresse vraiment, notre scénariste, c’est sonder les âmes des deux protagonistes. Leurs faiblesses, motivations, zones d’ombre ainsi que leur relation forcément difficile (Cohen a abattu le père de Karim, son collègue et meilleur ami, qui avait pété les plombs et menaçait de tuer la personne qu’il avait prise en otage) à venir. Le reste n’est finalement là que pour agir comme révélateur et permettre de répondre aux questions soulevées dans ce premier tome : comment Cohen, surnommé Achab par ses collègues, a-t-il perdu sa jambe ? Et qui est son Moby Dick ? Karim revient-il vraiment pour se venger ? Comment Fath, son père, en est-il venu à dérailler à ce point ?
Un épisode d’ouverture qui n’est pas aussi nerveux (ce qui est assez logique néanmoins puisqu’il s’agissait là d’un one-shot) et inspiré que “Cavales”, l’excellente première œuvre en commun de notre duo, mais qui possède cependant suffisamment de mystère et d’atouts pour que l’on ait envie de lire la suite.

[sullivan]

 

 


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