archives BD

Le petit rien tout neuf avec
un ventre jaune

Rabaté
futuropolis

Patrick déprime depuis que sa femme l’a quitté. Il ne va pas bien et ne fait rien pour que ça s’arrange. Il dit lui-même que ce qu’il fait de mieux c’est de “s’emmerder passionnément avec conviction”. Lui qui cultive l’autodérision doit être conscient de l’ironie du sort : il travaille dans un magasin de farces et attrapes et tout autour de lui (fausses crottes, masques de Sarkozy, langues de belle-mère, coussins péteurs…) n’est que rigolade et bonne humeur tandis que lui est en plein spleen ! C’était sans compter l’arrivée d’une acrobate, la belle Clarisse, dans sa vie…
Une nouvelle fois, Rabaté propose ici ce qu’il sait le mieux faire : un récit à hauteur d’homme, chronique provinciale de gens simples dont l’auteur se sent proche parce qu’ils lui ressemblent. Ne cherchez pas de rebondissements fracassants ou d’intrigue compliquée, “Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune” n’a pas cela en stock. Non, ce récit et son dessin modeste (à l’image des personnages qu’il met en scène) viennent ici simplement nous parler de la vie, qui peut être belle malgré tout. Malgré les difficultés, les trahisons ou la pression économique qui pèse de plus en plus sur les salariés. Et il conte le lent retour à la vie d’un homme qui ne croyait plus au bonheur avec, comme à l’accoutumée, la même justesse dans les émotions et la même tendresse pour ses personnages. Et toujours cette poésie en filigrane.
Peut-être un petit ton en dessous de “Les petits ruisseaux”, “Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune” n’en reste pas moins un récit attachant. Du bon Rabaté.
Et pour ceux qui voudraient prolonger le plaisir, Futuropolis sort également “Bien des choses”, le texte du spectacle de François Morel (que l’ex-Deschiens redonne à Paris avec son compère Saladin depuis début septembre) illustré par Rabaté lui-même. Une rencontre pas si surprenante que cela puisque les deux hommes ont toujours aimé parler des gens ordinaires, avec malice et tendresse à la fois, dans leurs œuvres. Au travers d’un échange de cartes postales entre deux familles, les Brochons et les Rouchons, l’auteur se moque ici gentiment des habitudes un peu beaufs de nos concitoyens en vacances. Plaisant et souvent bien vu.

[sullivan]

 

 


Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions à :
If you want to be reviewed here, send your promotionnal stuff to :
Mathieu Gelezeau - 51, rue Paul Vaillant Couturier - 92240 Malakoff - France /
email : positiverage(a)hotmail.com