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La princesse du sang (première partie)
Cabanes/Manchette
aire libre

Octobre 1950. Un faux kidnapping qui tourne mal. 4 cadavres. Une balle dans le corps, Maurer trouve la force de s’enfuir avec la petite fille de 7 ans pour la sauver. Quelques années plus tard, Ivory Pearl rend visite à Robert Messenger qui l’avait quasiment recueillie à la fin de la seconde guerre mondiale et l’avait envoyée au collège en Suisse. La jeune femme, devenue une célèbre photographe, est au bout du rouleau. Elle confie à son tuteur avoir besoin d’un break et envisage de passer une année seule dans un endroit désertique pour se ressourcer. Messenger la guide alors vers Cuba, dans la montagne de la Sierra Maestra, qu’il semble bien connaître. Au bout de quelques semaines, alors que l’ennui commence à la guetter, Ivory Pearl y tombe par hasard sur un homme avec une cicatrice au thorax et une jeune adolescente qui vivent dans une tente…
“La princesse du sang” est en fait l’ultime récit de Manchette, l’un des maîtres du roman noir français. Récit resté inachevé puisque l’auteur travaillait à son écriture quand il fut emporté par un cancer. A partir de ses notes qu’il a pu retrouver, son fils Doug Headline a tenté de mener l’intrigue à son terme. C’est cette version dessinée par Cabanes -qui se montre pour l’occasion des plus sobre avec ce dessin réaliste- qui est ici proposée au lecteur.
Comme tout bon polar qui se respecte, “La princesse du sang” commence par présenter des pièces d’un puzzle qui ne semblent pas avoir grand rapport les unes avec les autres -la relation d’un ancien lieutenant de la Royal Air Force et sa fille adoptive, le kidnapping d’une petite fille qui tourne mal, un amant hongrois qui suit le soulèvement de son peuple à la radio depuis la France, un trafiquant d’armes, Aaron Black, qui échange des informations avec des agents de la D.S.T.- avant de progressivement les rapprocher et d’établir des liens entre elles pour que le lecteur y voit plus clair.
Et quand on dit polar, c’est au sens large du terme, vous l’avez compris. Aventure, roman noir, géopolitique, action, espionnage : “La princesse du sang” propose en effet un mélange de genres aussi inattendu que divertissant. Et si l’on ne retrouve pas encore ici le côté critique et libertaire de Manchette, cette première partie, qui fait la part belle à la manipulation et à la trahison, se montre néanmoins enlevée comme il faut. Vivement la suite.

[sullivan]

 

 


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