Terreur
Follet/Duchâteau
le lombard
Le Lombard poursuit la réédition des œuvres de la collection Signé en intégrales. Après “Western” signé Rosinski et Van Hamme ou “Caatinga” d’Hermann, c’est au tour du “Terreur” de Follet et Duchâteau de se voir offrir une seconde vie dans une bien belle édition, augmentée d’une préface de son scénariste et de crayonnés préparatoires, extraits du story-board et recherches diverses du dessinateur en post face.
Les deux poids lourds de la bd franco-belge (on leur doit, entre autres, les classiques “Ric Hochet”, Chick Bill” ou “Valhardi”) retracent ici la vie de Marie Tussaud, de ses premiers pas dans le moulage à Paris sous la Terreur, quand elle payait l’aide du bourreau pour pouvoir “emprunter” les têtes de personnages célèbres fraîchement guillotinés pour les mouler en cire chez elle, jusqu’à l’ouverture du musée, plus de 40 ans après à Londres, qui la rendit célèbre.
“Terreur”, vous l’avez compris, ne porte pas vraiment bien son nom puisque si le tome 1 nous fait revivre, avec un certain bonheur, cette période assez trouble de l’histoire française (elle était une suite logique de la révolution, qui mit fin aux abus des privilégiés et au gaspillage des monarques français, mais la machine s’emballa quelque peu par la suite et se transforma en chasse aux sorcières incontrôlable passant, par exemple, 1400 condamnés par l’échafaud entre juin et juillet 94, sous le contrôle de Robespierre, qui fut d‘ailleurs exécuté aussi peu de temps après…) en montrant notamment le chaos qui régna à cette époque, la suite, bien moins inspirée, n’a quasiment plus rien à voir avec la France puisqu’elle suit les efforts de Marie Tussaud, alors exilée en Angleterre, pour monter des expositions, gagner de quoi manger et trouver, enfin, le succès.
Une biographie romancée inégale donc (les dialogues manquent cruellement de naturel et la narration du tome 2, qui s’étale sur plus de 30 ans, est vraiment décousue) qui vaut surtout pour sa première partie et la superbe mise en images de Follet, qui délaissait là, pour une fois, sa ligne claire habituelle pour de jolies gouaches bien plus expressives.
[sullivan]