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Le ciel au-dessus du Louvre
Yslair/Carrière
futuropolis/louvre édition

“Le ciel au-dessus du Louvre” est l’histoire d’une peinture. Une commande que Robespierre passa à son ami David en pleine période de la Terreur pour donner corps à “l’Etre Suprême”, incarnation de la Révolution, afin que le peuple puisse s’identifier aux valeurs de la jeune république. Une peinture qui ne vit jamais le jour car David était alors obnubilé par une autre œuvre, à moins que ce ne soit par le modèle qui devait lui inspirer l’œuvre en question, un hommage à Bara, garçon de 13 ans mort héroïquement pour la Révolution. Et car Robespierre fut guillotiné avant que le peintre n’ait eu le temps de finir…
Yslair, dessinateur de “Sambre” et Carrière, auteur de “La controverse de Valladolid” ou scénariste de “Le retour de Martin Guerre” ou du “Tambour” : il fallait bien ce casting pour revisiter la période historique la plus célèbre de notre pays : la Révolution française. Car si les auteurs nous donnent à voir les passes d’armes entre Danton et Robespierre, la fièvre qui s’empara du comité de sûreté général pour envoyer les traitres à la guillotine et l’urgence (rendue tangible par le dessin d’Yslair parfois seulement esquissé ou le découpage en 20 courts chapitres) dans laquelle la convention nationale passait décrets et lois universelles pour écrire l’Histoire, ce qui les intéresse vraiment c’est le rôle de l’Art dans cette période trouble. Voilà pourquoi le récit se déroule principalement au Louvre, qui vient d’être déclaré, le 8 août 1793, un an après la fin officielle de la monarchie, premier musée de la nation. Les chefs d’œuvre de l’ancien régime ont été décrochés, parfois déchirés, et ont été remplacés par les peintures révolutionnaires. Les David, Drouais, Greuze ou Girodet ont d’ailleurs leurs ateliers dans le musée parisien et sont invités à y saisir l’Histoire en marche. Mais comment représenter ces nouvelles valeurs faites de masculinité, d’égalité, d’énergie, de hardiesse ? Et comment saisir la Révolution sans renier sa sincérité artistique ? C’est à ces questions que les auteurs tentent de répondre au travers d’un David tiraillé entre ses convictions politiques et son obsession pour son hommage à Bara.
Une belle occasion de découvrir cette page d’Histoire sous un autre angle, transcendée par le superbe dessin romantique d’Yslair.

[sullivan]

 

 


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