Cœur de papier. Tome 1 : Le salon
Enna/Rigano
soleil
Kriss Bottomwine est un orphelin de 11 ans. Récemment opéré du cœur (on lui a greffé un organe de papier), il est envoyé dans la "Maison de la nuit". Un étrange établissement dirigé par la non moins mystérieuse "Mamie-Nuit" qui donne ses ordres de l’étage sans que l’on ne la voit jamais, où les ronces s’éveillent et vous blessent si vous tentez de vous enfuir et où d’étranges serpents métalliques, sifflant et susurrant, font office de cornets. Un soir, poussé par sa curiosité, Kriss décide d’enfreindre le règlement. Il convainc ses deux compères, Shua et Mortimer, de gravir avec lui l’escalier interdit pour découvrir qui se cache derrière "Mamie-Nuit"…
Tout comme Kriss, le lecteur pénètre ici dans un univers singulier, mêlant imaginaire de l’enfance, poésie, fantastique et récit initiatique, où les adultes se transforment en ogres et où les renards viennent livrer des messages. Un scénario étonnant (convoquant David B., Lewis Caroll ou Tim Burton) parfois gentiment délirant dont les aspects mélancolique et effrayant sont soulignés avec justesse par le graphisme teinté de gothique de Rigano et ses frises peu rassurantes qui jalonnent le récit.
Comme à son habitude, la collection "Métamorphoses" de Soleil s’amuse à brouiller les pistes et à rendre floues les frontières entre rêve et réalité, peurs de l’enfance et fantasmes, bande dessinée et conte illustré (à la fin de ce tome 1, une nouvelle vient éclairer le passé de l’un des personnages, en l’occurrence Shua). On ne sait pas vraiment où "Cœur de papier" va nous emmener mais, à l’instar de son héros fragile, on a bien envie de monter les marches de l’escalier interdit pour savoir…
[sullivan]