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Sages comme une image
Rojzman
les enfants rouges

Jordan tape sur tout le monde et Dion fait pipi au lit. Pas étonnant que les deux frères aillent mal…Un papa marin qui les a abandonnés. Une maman enfermée quelque part. Et une mère adoptive qui vient de se pendre. Cela commence à faire beaucoup. Et si l’on y ajoute des relations difficiles avec les autres enfants du foyer, qui les insultent ou les frappent, et l’incompréhension de leurs éducateurs, on comprend pourquoi Jordan et Dion ont eu envie d’échapper à leur quotidien. Pour cela, ils ont inventé un langage codé qu’eux seuls comprennent et qui leur permet de se protéger de la réalité et de s’évader…
Le pouvoir de l’imaginaire est si vital dans "Sages comme une image" qu’il en envahit le récit. Il déborde des cases, aux contours irréguliers, des couleurs, souvent épaisses et violentes, et même, bien sûr, du réel, les histoires que s’imaginent les deux frères et même les hallucinations des éducateurs ayant pris des champignons au cours d’une soirée pénétrant régulièrement la narration…
Raconté à hauteur d’enfant, dessin et récit de "Sages comme une image" suivent du début à la fin le point de vue des deux gamins, comme une caméra subjective au cinéma. Le trait, libéré et pur, comme enfantin, et leurs mots (la langue de k," le pepsicologue") apportent la distance nécessaire à Théa Rojzman pour aborder des thèmes sensibles comme la souffrance, la perte de repères, la violence ou le suicide…Avec singularité, on l’a compris, et une belle sincérité.
Voici une étonnante fenêtre ouvrant sur le monde de l’enfance blessée. Une belle découverte.

[sullivan]

 


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