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Tranches napolitaines
collectif
dargaud

Vivès, Simon, Alfred et Sapin ont été invités à venir en résidence à Naples par le festival de bd Napoli Comicon plusieurs semaines en 2008 et 2009. En contrepartie, il leur a été demandé d’écrire une histoire se déroulant dans la ville. Voilà l’origine de ces "Tranches napolitaines", histoires indépendantes proposant une visite décalée de Naples.
Le truc avec cette pâtisserie italienne, c’est que l’on aime rarement les trois parfums. Souvent on aime le chocolat et la fraise, un peu moins la pistache. Eh bien figurez-vous que c’est un peu la même chose avec cette bd. Ici, mon chocolat et ma fraise, ce sont les récits de Sapin et d’Alfred. Comme à son habitude, le premier nommé livre un récit haut en couleurs. Il raconte les mésaventures rocambolesques d’Antonio Scutella (descendant napolitain de Napoléon Bonaparte qui voue un culte tel à l’ancien empereur qu’il va tous les week-ends en pèlerinage au musée Capo DiMonte pour se recueillir devant le tableau de son aïeul peint par François Gérard) pour retrouver l’œuvre en question, dérobée selon lui par un artiste français préparant une installation dans les lieux. S’en suit une hilarante course poursuite dans les rues de la ville.
Le registre de l’histoire d’Alfred est bien différent puisqu’elle met en scène une jeune fille à qui un notaire vient de remettre les clés de l’appartement de son père exilé à Naples depuis une quinzaine d’années et récemment décédé. Pas forcément sûre de savoir quoi faire, la jeune fille est tout de même venue jusqu’en Italie. Elle ne verra finalement jamais l’appartement mais découvrira bon nombre de particularités de la ville (les scooters portant jusqu’à 3 passagers sans casque, les parties de foot passionnées des bambinis sur la Piazza Dante, la superstition des cadenas ou encore le culte des napolitains pour les Canolli à la cannelle…) ainsi qu’un secret inattendu au sujet de son père. Un récit sucré-salé au dessin très vivant et réussi, oscillant habilement entre humour et mélancolie.
Le récit en trois parties s’inspirant de la mythologie locale d’Anne Simon surprend sans passionner. Et il y a la pistache –divagation muette sans but joliment dessinée mais un peu insipide dans les rues napolitaines de Bastien Vivès.
Au final, ces "Tranches napolitaines", brochure touristique plus originale que d’habitude, s’avèrent plutôt goûtues donc. Surtout grâce à Sapin et Alfred dont les récits montrent une complicité sympathique (certains des personnages se croisent dans leurs histoires respectives). Dommage que l’on ne la retrouve pas dans l’ensemble du livre.
[sullivan]