Sheol
Dogado
delcourt
Un esprit qui semble hanter une maison, une jeune femme qui crache du sang et se croit enceinte rendant visite au médecin chargé de son suivi, une adolescente assassinée par une chose inconnue dans un parc, un couple amoureux qui organise l’arrivée de son enfant : les différentes scènes successives qui ouvrent "Sheol" plongent indéniablement le lecteur dans le mystère le plus total. La construction narrative, habile, qui mêle hallucinations, réalité, apparitions fantastiques ou souvenirs contribue bien sûr grandement à prendre le lecteur dans les mailles du filet de ce récit en brouillant les pistes et en rendant floues les frontières entre rêve et éveil, passé et présent, fantastique et réalité. Un monde étrange que le superbe dessin du coréen Dogado, entre manga et manwha, finit de tout à fait installer.
Le lecteur se retrouve en fait dans la position de la figure centrale de cet étonnant récit, cette jeune femme errant entre hallucinations et conscience, entre monde des vivants et monde des morts, obligé de tâtonner pour avancer dans l’histoire. Bien sûr, il se perdra peut-être en chemin dans cette narration parfois un peu opaque avant de comprendre que jalousie, amour et déséquilibre psychologique sont à l’origine de ce "Sheol". Mais cela fait partie de l’intérêt de ce one shot aussi original que déstabilisant dont aucun personnage n’est ce qu’il semble être de prime abord. Une très belle découverte que ce jeune auteur.
[sullivan]