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Le casse. Soul man
Chauvel/Denys
delcourt

Déjà à l’origine de la série "7", qui avait d’ailleurs proposé quelques très bons épisodes comme "7 missionnaires" ou "7 prisonniers", David Chauvel revient avec une autre série concept : "Le casse", qui réunit différents duos pour des one shots tournant autour du thème du hold-up. Au programme : 6 albums mettant en scène des braquages improbables. Et un atout important : un rythme de parution très soutenu (le prochain tome est prévu pour août). Après "Diamond" et "Le troisième jour", c‘est cette fois Chauvel lui-même qui s’est chargé du scénario de ce troisième opus : "Soul man".
Soul man, c’est le surnom d’Amos Tomlins, un prisonnier du pénitencier d’Attica, état de New-York, connu pour son extrême violence. Initialement condamné à passer 15 ans derrière les barreaux, il a ensuite pris deux fois 20 ans pour avoir tué 5 de ses co-détenus, parfois simplement parce qu’ils ronflaient et l’empêchaient de dormir…Véritable légende vivante de la prison, il dort désormais seul…Jusqu’au jour où un jeune condamné à tête d’ange, Félix, est expressément envoyé dans sa cellule, l’administration signant, par la même, son arrêt de mort. A moins que cette décision ne cache tout autre chose…
Après avoir élargi son univers en travaillant notamment pour la bd jeunesse avec Alfred ("Octave") ou sur la série "Arthur" avec Lereculey, Chauvel revient ici à ses premières amours : le polar bien noir. Et on comprend aisément pourquoi : depuis "Les enragés" ou "Le poisson clown", notre homme a peaufiné son style et maîtrise désormais les codes du genre à merveille. Bien sûr la trame est plutôt classique -en gros, les auteurs des différents "coups" essaient de jouer au plus malin pour ne pas avoir à partager les 10 millions de dollars avec leurs complices- mais pour le reste Chauvel a concocté un scénario à tiroirs, sorte de croisement entre le "Fargo" des frère Coen et "La prisonnière espagnole" de David Mamett, futé et carrément imprévisible : rebondissements en tous genres jalonnent le récit jusqu’à la fin. L’ambiance huis clos, oppressante et éprouvante pour les nerfs, de la prison est également très bien rendue et comme côté dessin, Denys fait le métier avec ce trait réaliste tout à fait adapté, cela donne un récit aux petits oignons. Du très bon divertissement.
[sullivan]