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Les carnets de la grenouille noire T.2 : Les fondateurs
Chevalier
ankama

Issu du collectif Café Salé, Igor-Alban Chevalier s’est lancé dans un projet fou : mettre en ligne 10 planches par jour de son roman autobio-graphique fleuve comprenant 10 tomes de 300 pages chacun. Pour tenir ce défi contre la montre, l’auteur a bien sûr dû faire quelques concessions : chaque page ne comprend qu’une case, le dessin se résume à un crayonné sommaire qui ne se soucie que rarement des expressions des visages ou des arrières plans, le tout en petit format simplement rehaussé d’une colorisation informatique faite de pointillés. Malgré ces "handicaps" formels, le récit fonctionne bien. Et même très bien ! Certainement parce qu’avant tout "Les carnets de la grenouille noire" est un roman (les dessins ne font en fait que l’illustrer) diablement bien mené. Notre homme a du style et il a su incorporer mystère et poésie (le grand projet des protagonistes n’est-il pas de répandre le bonheur dans nos sociétés moroses et tristes ?) à sa narration, très littéraire, pour que la mayonnaise de sa fable prenne.
Pour tenir le lecteur en haleine, Chevalier propose en fait de suivre 2 intrigues (promises cependant à se rencontrer plus tard) en alternance. D’un côté, il y a les deux jumeaux aveugles, A et B, qui traversent l’Atlantique pour mener à bien leur grand œuvre. Sur le bateau qui les porte vers les Etats-Unis, ils rencontrent la belle Heather, qui deviendra leur guide à New-York et les aidera à jeter les bases de leur société secrète. De l’autre, le baron grenouille, alias Chevalier lui-même et grand instigateur de ce grand dess(e)in, qui doit régler une affaire en Angleterre avant de rejoindre ses protégés.
La démarche est singulière, le scénario, qui sent bon l’improvisation, indéniablement inventif : impossible dans ces conditions d’abandonner le projet de la grenouille/Chevalier à l’issue de ce tome 2. D’autant que la suite -bonne nouvelle !- est prévue pour Octobre !
[sullivan]