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La ballade de Hambone (livre second)
Marzocchi/Igort
futuropolis

Mississippi pendant la grande dépression. Entre Huzlehurst et Vicksburg, des destins se croisent. Ceux d’Hambone, bluesman promis à un bel avenir, et sa fiancée Ophelia, partis après l’assassinat de M. Oerle, patron de la Vocalion American qui venait de lui faire signer un contrat. D’Elmer, tueur à gages qui parvient à s’enfuir alors qu’on le transférait à la prison. De Flannery, ancienne petite amie de Warren, le meilleur ami du fugitif à l’époque, chez qui il vient se cacher. Ou encore de John et Luise, venus chercher un horizon plu gai avec leur petite fille malade.
En fait de scénario, plutôt lâche, il faut le dire, Igort propose simplement de suivre ici l’errance de ces pauvres hères qui ne savent comment faire pour se sortir de la misère et du dénuement qui font leur quotidien. Son récit choral, plaisant à défaut d’être réellement enthousiasmant, mêlant blues, Ku Klux Klan, foi et réalisme social passerait peut-être inaperçu s’il n’était littéralement porté par l’extraordinaire travail graphique de Marzochi.
La dessinatrice, surtout connue jusqu’ici pour ses travaux d’illustratrice pour les journaux italiens, a ici utilisé une technique aussi singulière que peu répandue de nos jours : la carte à gratter. Tel un graveur, elle entaille la couche noire supérieure de ses planches pour faire apparaître personnages et paysages dans des tons resserrés : rouille, blanc ou gris. Les ambiances qu’elle obtient ainsi, aussi envoûtantes que sombres, transcendent véritablement ce diptyque et donnent une excellente raison au lecteur de découvrir cette "Ballade de Hambone".
[sullivan]