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Dernière station avant l’autoroute
Pagan-Daeninckx/Mako
casterman

Aigri et au bout du rouleau, le commandant de police qui sert de narrateur à ce récit traîne son mal-être du mieux qu’il peut. Mais il est décidément difficile d’oublier les horreurs du métier et l’image de cette gamine dans sa bâche en plastique revient le hanter régulièrement. Et ce malgré l’alcool qu’il peut ingurgiter. Alors il compte les heures au taf, fait chier les collègues qu’il ne peut pas encadrer et ne fait rien pour arranger sa hiérarchie qui n’attend finalement qu’une chose : le mettre au placard. L’affaire du sénateur retrouvé mort dans une chambre d’hôtel leur en fournira peut-être l’occasion.
Ce flic fatigué et dépressif, franc tireur et solitaire car trop peu doué pour les relations humaines, est un baltringue. C’est l’antihéros de cette histoire lui-même qui le dit. Et on commence à penser qu’il y en a un paquet chez les flics tant cette figure est devenue récurrente dans le roman policier. Du coup, ce "Dernière station avant l’autoroute" a beau bénéficier d’un dessin adapté et sentir le vécu (son auteur a été flic avant de se mettre à l’écriture) il n’en donne pas moins une impression de déjà-vu. Difficile de le reprocher à Hugues Pagan qui a signé ce portrait très sombre et sans concessions du monde policier il y a quelques années déjà, en 1997, avant que ce genre de personnage ne devienne un archétype. Par contre, il est permis de se demander si l’adaptation de son roman par Mako et Daeninckx, par ailleurs plutôt réussie, était, elle, indispensable.
[sullivan]