archives BD

Fais péter les basses, Bruno !
Baru
futuropolis

Au départ, Baru voulait écrire quelque chose qui ne ressemblait pas à ses histoires habituelles. Alors il a commencé à penser à un polar qui rendrait hommage à ceux qui l’ont fait rire (et qui continuent encore maintenant même s’ils sont morts…) au cinéma pendant sa jeunesse : à Lautner, Blier, Ventura, Audiard, Biraud ou Constantin et à leurs parodies de films de gangsters, "Les tontons flingueurs" en tête. Ce sont les Paul, Gaby, Gianni et Fabio, censés être rangés des voitures, de "Fais péter les basses, Bruno !". Histoire de pimenter le tout, Baru a eu l’idée de confronter cette vieille école de gangsters à la nouvelle génération de voyous venue des cités en leur faisant faire un casse ensemble. Le dernier pour Fabio et sa bande, histoire de se mettre de l’argent de côté pour leurs vieux jours. Et aussi parce que ça les démange de réunir une dernière fois leur fine équipe ! La confrontation de ces deux mondes aux codes et manières complètement différentes (Zinédine et sa bande ont la gâchette facile alors que leurs aînés sont plutôt du genre gentlemen cambrioleurs) fait tout le sel du récit et débouche sur un scénario parfaitement huilé et réjouissant à souhait.
Et comme Baru sera toujours Baru, au bout de quelque temps passé sur le scénario, ça l’a titillé, ça l’a démangé aussi : il lui fallait quand même intégrer un élément social à ce récit ! C’est ainsi que Slimane le jeune africain sans papier qui rêve de devenir un grand footballeur en France a fait son apparition et est même devenu petit à petit la clé de voûte de l’histoire (c’est notamment "à cause" de lui qu’après leur embrouille, la bande à Zinédine retrouve la trace de Fabio et ses copains). Et on ne va pas s’en plaindre car c’est aussi pour cela qu’on l’aime Baru, bien sûr.
Drôle et violent en même temps, mis en images par le trait si typique de Baru qui respire la tendresse pour ses personnages, ce "Fais péter les basses, Bruno !" est un petit bijou. Tout simplement !
[sullivan]