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Blacksad 4.L’enfer, le silence
Diaz Canales/Guarnido
dargaud

Sebastian "Little hand" Fletcher, jazzman virtuose du piano, n’a plus donné de nouvelles depuis trop longtemps. On a beau être cocaïnomane, on n’abandonne pas sa femme enceinte sans raisons. Son producteur charge donc Blacksad de retrouver celui qu’il dit considérer comme un fils et qui a grandement contribué au succès de sa maison de disques. Mais notre détective peut-il vraiment avoir foi en quelqu’un qui s’appelle Faust Lachapelle ?
Pas de révolution à l’horizon chez "Blacksad". Pour ce quatrième album en 10 ans, le duo Guarnido/Diaz Canales a tout simplement décidé de garder le cap. Pas de grandes surprises donc à attendre de "L’enfer, le silence"…sinon un très grand polar. Du genre vraiment noir (pas très étonnant quand son héros s’appelle Blacksad…). On y retrouve avec plaisir la narration huilée et parfaitement maîtrisée (avec d’habiles flashbacks éclairant par petites touches l’intrigue) de Diaz Canales et ses ambiances sombres qui vont ici mener leur héros sur la piste sordide d’un scandale d’empoisonnement étouffé grâce à de conséquents pots de vin. Et ce qui fait l’originalité de cette série, je veux bien sûr parler de ce superbe dessin anthropomorphe de Guarnido qui propose une galerie de personnages, du détective hippopotame véreux à la sorcière guenon, plus vrais que nature.
Un épisode une nouvelle fois très enthousiasmant qui poursuit le voyage à travers l’histoire et la culture des Etats-Unis en rendant ici un bel hommage au jazz et à la Louisiane en plantant son décor à La Nouvelle-Orléans, au beau milieu de son Mardi-gras, de sa cuisine créole et de ses rites vaudous. Une série qui mérite indéniablement son statut culte.
[sullivan]