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Les gens honnêtes (deuxième partie)
Durieux/Gibrat
aire libre

Philippe continue de mener sa petite vie tranquille entre les gardes de son petit-fils, les rendez-vous chez le proviseur pour Arnaud et les restaus avec Fabrice. Mais il a tout de même perdu 120 000 euros en bourse à cause de la crise, et s’il lui reste encore une partie de l’argent extorqué à "l’enculeur" Madelin, il va tout de même lui falloir rapidement retrouver un travail. A 53 ans! Ses déambulations vont cependant lui faire croiser le chemin de Robert et Camille, des rencontres qui vont complètement le remettre en selle.
Si Fabrice, l’ami de toujours, est bien moins présent dans ce tome 2, c’est tout simplement parce que Philippe va beaucoup mieux et n’a donc plus besoin de son aide. Il se découvre subitement une passion pour la littérature, et s’enivre, littéralement, de chefs d’œuvre romanesques au contact de Robert le libraire, se lance dans un nouveau projet professionnel (monter un salon de coiffure dans un train, sur la ligne Paris-Bordeaux) et fait la rencontre de la douce et compréhensive Camille. Bref, Philippe vit une période d’euphorie totale. Son fils Arnaud se met même à bien travailler à l’école, c’est dire…
Si le côté engagé des "Gens honnêtes" est ici moins direct que dans le premier épisode, il reste une composante essentielle de la série. Car à la "France qui travaille et qui gagne" de l’UMP et Sarkozy, Durieux et Gibrat opposent une France qui prend le temps de vivre. Etre là pour sa famille, s’ouvrir aux nouvelles rencontres et aux nouvelles expériences, savourer une bonne bouteille entre amis, refaire le monde autour d’un bon repas : "Les gens honnêtes" est un hymne au plaisir et invite à croquer la vie à pleines dents pour ne rien regretter, surtout quand les tragédies (maladie, mort…) surgissent. Mis en scène par le dessin plein de tendresse de Durieux, cette chronique sociale pleine d’esprit (elle n’oublie pas d’être drôle) et d’humanisme, est toujours aussi attachante. Un bon cru !
[sullivan]