Crusades 2.La porte d’Hermès
Izu-Nikolavitch/Zhang Xiaoyu
les humanoïdes associés
Guillaume de Sonnac n’a jamais cru à cette mystérieuse maladie -une peste- qui aurait terrassé l’armée des chrétiens à Damiette, en Egypte, et qui sonna le glas de la cinquième croisade menée par le légat Pélage en 1219. Le chevalier du Temple s’est depuis échiné à percer le mystère de ces démons, véritables spectres aux yeux d’argent que les membres de la secte des Assassins semblent éveiller grâce à un étrange élixir. Sa quête, pavée de découvertes plus improbables les unes que les autres, le mènera aux frontières de la raison.
Voici un tome 2 qui commence par une surprise assez désagréable pour le lecteur : "La porte d’Hermès" est en effet bien plus court (moins de la moitié des pages, pour être précis) que son prédécesseur alors qu’il ne coûte qu’un euro de moins… Ce petit désagrément digéré, il ne sera néanmoins pas déçu par son contenu puisque l’on retrouve ici tout ce qui avait contribué à l’efficacité de l’épisode d’ouverture. Dessin convaincant (même si l’on n’a plus droit ici qu’à un seul dessin pleine page), travail sur les couleurs impressionnant, rythme haletant : cette série Z qui mêle science-fiction, récit historique, fantastique et horreur apporte dans ce tome 2 quelques éléments de réponse tout en réservant de nouveau quelques rebondissements pour le moins spectaculaires.
Ainsi, aux démons à qui l’élixir redonne vie et au vaisseau spatial apparus dans "Le spectre aux yeux d’argent" il faut maintenant ajouter une symbolique religieuse à l’élixir (il serait la parole de Dieu selon certains et Jésus aurait été mis en croix parce qu’il voulait l’apporter aux hommes), le retour du légat Pélage que l’on croyait mort ou l’apparition de la Kabbale et des Juifs dans l’intrigue…
Sur fond de complots, d’immortalité, de batailles de pouvoir et de foi, "Crusades" livre un mélange déroutant, halluciné et détonant (une sorte de croisement entre le "Da Vinci Code" de Dan Brown et l’univers d’Ed Wood ?) mais qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, fonctionne. Si, si, je vous assure. Une vraie curiosité, je vous dis.
[sullivan]