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Commando Colonial 3.Fort Thélème
Brüno/Appollo
dargaud

Afrique du Nord, 1942. Pour cette nouvelle mission, le major Robillard et le quartier-maître Rivière, soldats des forces françaises libres, sont chargés de retrouver le capitaine Ferrand et de récupérer l’or français soustrait aux allemands à la signature de l’armistice que celui-ci avait été chargé de mettre en lieu sûr par le BCRA. Mais alors que leur jeep touche presque au but, les 2 hommes sont contraints de s’arrêter, pris dans une tempête de sable. Ils se réveillent 2 jours plus tard dans le fort Thélème, véritable paradis en plein désert seulement habité par une troupe de jolies danseuses, leur manager, Maxime Loiseau, les méharistes qui ont sauvé Rivière et Robillard et Jean-Baptiste, étrange propriétaire des lieux qui ne peut quitter sa tour pour cause de maladie…
"Commando Colonial", c’est la seconde guerre mondiale vue autrement. Celle des opérations menées par des équipes réduites, de 2 ou 3 personnes, loin des lignes de front européennes, dans le désert algérien ou les montagnes malgaches. Une guerre méconnue, plus exotique, étonnante et cocasse parfois. Derrière l’hommage aux troupes coloniales (Robillard est mauricien, Rivière réunionnais) rythmé par le chant des tirailleurs africains repris un moment par un Robillard se croyant condamné, "Fort Thélème" s’emploie aussi, une nouvelle fois, à replacer l’humain au centre des évènements, pour désacraliser, en quelque sorte, la guerre.
Car "Commando Colonial", c’est un peu la guerre vue d’en bas, sans tambour ni trompette. Les protagonistes ne sont pas des héros : Ferrand a plus ou moins déserté, Loiseau est capable des pires lâchetés pour sauver ses "filles" et même Robillard et Rivière sont parfois obligés de faire des choses sordides pour mener à bien leur mission…Et malgré tout, à l’image du dessin rond et léger de Brüno, la guerre n’empêche pas que l’on ait envie de rire ou d’aimer. Un regard à hauteur d’homme, original et attachant, sur la seconde guerre mondiale.
[sullivan]