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Les années douces, tome 2
Taniguchi/Kawakami
casterman

Tsukiko, jeune trentenaire célibataire et le "maître", son ancien professeur de japonais de 30 ans son aîné qu'elle a revu par hasard dans un café, poursuivent leur relation étrange faite de rencontres au petit bonheur la chance qui les voient se rapprocher, être complices, sans que jamais rien de plus ne se passe. Pourtant, la jeune femme est amoureuse et le vieil homme ne semble pas insensible à ses charmes. Mais tous 2 paraissent se satisfaire de ces escapades platoniques à la montagne ou de sorties au musée. Jusqu'à ce que Harutsuna propose à Tsukiko de passer un week-end dans une auberge sur une île qui lui est chère…
Suite et fin de ce diptyque avec ce tome 2 et le moins que l'on puisse dire est qu'il ne surprend guère. Narration très intimiste et littéraire (d'autant plus que l'auteur adapte ici un roman de sa compatriote Kawakami), découpage lent, parti pris contemplatif : on y retrouve un Taniguchi que l'on connaît très -trop !- bien. Et le scénario est tout de même très prévisible.
Pourtant, l'histoire de cet homme (c'est lui le personnage le plus intéressant du diptyque) engoncé dans ses principes et qui a du mal à montrer ses sentiments et à vivre, avait de quoi intéresser et toucher mais le scénario réserve trop peu de rebondissements et le rythme est bien trop lent pour que "Les années douces" enthousiasment vraiment. Et ce malgré le dessin toujours aussi fin et élégant de Taniguchi.
L'erreur du mangaka aura certainement été de vouloir rester trop fidèle au roman et à son rythme particulier en optant pour une adaptation de plus de 400 pages et 2 tomes alors que la moitié aurait suffi. D'autant que dans un registre proche, le romancier Kazuo Ishiguro avait placé la barre très haut avec son magnifique "Les vestiges du jour".
[sullivan]