Pierrot Lunaire, tome 1
Dodé
ankama
Léonard Atkinson a 15 ans. Il étudie dans un pensionnat suisse pour gosses de riches. Les règles y sont strictes, les professeurs exigeants. Pourtant, un système de "cercles", sortes de castes, régissant la vie des élèves, s'y est mis en place depuis des générations. Sans que les adultes ne le sachent. Rites de passage, missions et autres épreuves attendent les élèves qui veulent les intégrer ; brimades, violences et souffrances ceux qui en sont exclus. Un soir, Lucifer, surnom du "maître" qui dirige cette étrange organisation, convoque tous ses apôtres pour une messe noire. Après quelques prières et hommages rendus à Satan, un étrange phénomène se produit : alors que l'un des élèves appuie sur l'interrupteur pour rallumer la lumière, un garçon nu apparaît dans les airs tel un fantôme…
Prévu en 3 tomes, ce "Pierrot Lunaire" commence doucement. Dodé s'y emploie en effet surtout à installer son ambiance gothico-mystique avec ce pensionnat lugubre et mystérieux perdu dans les montagnes alpines et à présenter la hiérarchie, assez complexe, des cercles ainsi que ses différents membres. Du coup, le fameux Pierrot Lunaire du titre ne fait pour l'instant que de brèves apparitions : à la jeune Anna, orpheline excentrique qui semble la seule à pouvoir communiquer avec lui et lors de la messe noire. Logique puisque l'auteur a pour l'instant choisi d'ouvrir des pistes à tout va : ainsi, en plus de Pierrot Lunaire, il y a donc la mystérieuse Anna et ses pouvoirs particuliers, Samaël qui a perdu la vue lors du combat pour la succession du dernier maître, Roland Grimmsson, le gentil islandais mélancolique qui paraît cacher un lourd secret et bien sur l'énigmatique Lucifer, alias Louis Debreuille, fils d'aristocrates milliardaires français dont on dit qu'ils seraient en fait les propriétaires de l'école…
Un potentiel narratif riche qui laisse augurer des développements que l'on espère plus enthousiasmants et enlevés que dans ce tome d'ouverture qui, sans être déplaisant (l'ambiance manga du dessin noir et blanc et du traitement de l'histoire sont agréables), nous laisse tout de même sur notre faim.
[sullivan]