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We are the night, part 2
Kieran/Ozanam
ankama

Cyril et ses 2 branques de potes sont coincés avec la propriétaire dans le magasin de luxe qu'ils voulaient braquer ; traquée par le privé engagé par son patron, Charlotte n'a d'autre solution que d'appeler son ex Valéry à la rescousse si elle veut s'en tirer saine et sauve avec le magot; Bo va à son rancard avec Vince Dado pour essayer de sauver la tête du petit copain de son frère qui lui doit un paquet de blé ; Georgia est encore au pieu avec son amant alors que son mari est quant à lui au troquet pour avoir un alibi ; Malika vient de quitter Pierre avec qui elle vient de perdre sa virginité…Bientôt les vies de ces personnages vont se croiser pour le pire (pour la plupart d'entre eux) ou le meilleur (quelques veinards) !
Avec ce second et dernier tome, cette nuit lyonnaise va bientôt toucher à sa fin et le duo d'auteurs qui l'orchestre fait encore monter la pression d'un cran en zappant de plus en plus rapidement d'un personnage à un autre, réduisant chaque scène à une page ou deux maximum, limitant de plus en plus la marge de manœuvre de sa galerie de losers. Ils rêvaient d'une nouvelle vie, de sortir un cd et devenir des stars du rap, de devenir riches ou de se faire justice eux-mêmes ? Au petit matin, le compte n'y sera pas vraiment…
Mine de rien, en choisissant de se frotter au récit choral, Kieran et Ozanam n'avaient pas vraiment choisi la facilité. Au final ; ils s'en sortent mieux que bien. Leur polar noir (quoiqu'il est seulement noir pour les minables, les petites frappes et les brutes…) est maîtrisé de bout en bout et surtout il retombe joliment sur ses pattes avec un final vraiment ébouriffant et convaincant. Et en prime, comme une cerise sur le gâteau, il y a ce soin apporté aux détails : les théories délirantes sur le destin ou la vie d'un flic philosophe, les expressions djeuns très ins ("ça ma fait plaiz" ou "ma reum") ou l'apparition impromptue d'une bande de gothiques aspirants satanistes, qui finissent de totalement nous charmer, d'autant que le dessin (même si le trait s'est un peu épaissi) est toujours aussi inspiré. Un régal de diptyque, sorte de remake, en plus urbain et plus speed, je vous l 'accorde, de "La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf" de La Fontaine.
[sullivan]