Le dépressif qui donne la joie de vivre !
texte : gildas + [mg] photos : greg reju graphisme : mg

Le robot dépressif du "Hitchicker guide to the galaxy" était de passage à Berlin ce week-end au cours de sa tournée marathon de pratiquement deux mois. Rencontre avec les trois + un, Emilie, Greg, Freg et Nico.

 

Mise en bouche
Que dire du concert? Que c'était trop fort? Ça, c'est la nana du troisième rang qui l'a dit. Que le club était d'un froid glacial malgré les milliers d'euros engloutis dans ses peintures "cosy" ? Ça, a peu près tout les gens de goût l'ont dit. Que la musique tenait la route, que l'énergie était là, que les morceaux sont bien construits et qu'ils tiennent sur la longueur? Ça, la vingtaine de personnes qui était là pour les voir, l'ont tous dit.

On se retrouve le lendemain, après une soirée d'anniversaire, qui s'est finie pour eux à 7 heures du matin par un kebab qui reste sur le ventre, pour faire un peu de voyeurisme au marché aux puces et profiter du soleil printanier de ce mois d'avril sur pelouses du Mauer Park. Puis direction Kreuzberg où l'on s'installe finalement devant des assiettes de spécialités tunisiennes. Falafel sauce à la mangue, schawarma, kebab et comparaison du rapport qualité / prix / quantité / digestion entre ceux-là, ceux de la veille et ceux de Montpellier. Y'a pas photo.
Et Fred commence: "Le MS 20 d'Emilie, c'est à mon père. Il l'a acheté à 20 ans. Il date de 78. C'est absolument pas un instrument pour les musiciens, c'est surtout un instrument fait par des scientifiques". De "posé dans le couloir", il devient l'objet de délire enfumés d'adolescents qui s'amusent à faire de la techno. "Je suis allergique à la technique" s'explique Emilie. "Des musiciens peuvent m'expliquer pendant des heures comment ça marche, j'écoute, ça m'intéresse mais je ne retiens rien. Je sais juste qu'il y a deux modulateurs de fréquences".

Go Marvin!
Dans la génèse de Marvin, il y a trois dates majeures:
- concert de Trans AM en 2000,
- concert de Oxes à Orléans en 2001,
- et le 1er concert en décembre 2002.

Greg: "On se connait depuis 15 ans avec Fred. On joue de la musique ensemble depuis presque autant de temps. J'avais une idée très précise de ce que je voulais faire. Un truc péchu, instrumental, un peu prog-rock mais qui envoie". Emilie venait au répétition et s'est mise au Korg. Pas musicienne mais très rythmique et pas du genre qui veut en mettre partout. Et ça prend très vite.
Après tout s'enchaîne: démo, concert dans un village autogéré de l'Aveyron (emmenés là-bas en tracteur et invités par Matt Konture, fondateur de l'Association). Après, au Clandé à Toulouse où Glen or Glenda leur propose de les accompagner sur une tournée de 10 jours en France en octobre 2004.
"A Montpellier, si tu veux voir un groupe qui te plait, c'est à toi d'organiser le concert. On n'est pas les seuls mais c'est malheureusement comme ça", explique Greg.Et puis les contacts se créés avec des groupes français et étrangers, les connexions se créent, le camion sort de plus en plus souvent et de plus en plus loin, jusqu'à cette tournée de deux mois qui passe par la France, la République Tchèque, l'Allemagne, La Hollande, la Belgique et la Grande-Bretagne.

Disco
Greg: "On a rencontré Nico Fenouillat (SK Records) quand on fait la première partie de Kabu Ki Buddah à Montpellier et il nous a branché sur des concerts et le split avec Doppler. On ne connaissait pas Doppler. On ne les a rencontrés qu'après la sortie du disque". L'envie de faire des tournées ensemble est là mais l'emploi du temps du batteur des Doppler (musicien pro pour No One is Innocent et d'autres) ne le permet pas.
Fred: "La sortie de l'album s'est faite dans l'urgence. On voulait l'avoir pour partir en tournée et on pensait qu'en ajoutant un intermédiaire, on n'était pas sûr de les avoir alors on a préféré le faire tout seul", "avec quelques subventions" ajoute Greg "mais c'est soit à nous que ça profitait soit à un énième groupe de ska festif pas drôle".
Un disque qu'on écoute simplement, pas trop compliqué pour rester simple mais pas trop simple pour tenir sur la longueur. Un coureur de fonds en puissance.
[gildas]

 

Episode 2
On retrouve la petite bande à Paris pour leur concert à la Miroiterie. Les Marvin sont passés de 3+1 à 3+2, Narjes, la copine montpelliéraine, étant venue les rejoindre à Londres.
La tournée se passe merveilleusement bien (voir leur blog myspace pour plus d'infos). Seul Londres persiste dans sa réputation de clubs peu accueillants, mais peu importe, les Marvin en ont profité pour jouer les touristes à Camden, et sont en pleine forme. Greg arbore même fièrement une moustache d'étalon italien ! Comme nous pouvions le prédire, le squatt de la Miroiterie est bondé quand le trio débute son set par un "Discose" énergique. Malheureusement, 30 secondes passe avant que les plombs sautent ! Rien de mieux pour rendre une ambiance conviviale ! Le groupe rebranche ses amplis sur une prise moins vétuste et le set reprend où nous l'avions laissé. Les degrés montent, le public est entièrement acquis à la cause, Fred, le guitariste dissimulé derrière ses cheveux longs, lâchent ses riffs ravageurs… En face, Emilie impose le son typique du MS 20 qu'elle jouera à bout de bras pour le final. Derrière, Greg continue d'accélérer la cadence à coups de grosse caisse disco… Il fait trop chaud, mais nous sommes heureux. Le disque passe idéalement l'étape du live.

Une fois les festivités finies, les plus affamés (l'équipe de Positive Rage, Tanxxx, Romich Die Pretty, Philou Cafe Flesh, Agnes Reju, etc.) partent se restaurer dans un bar en contre-bas. Petit à petit, le lieu deviendra le point de rendez-vous de tous ceux qui ne veulent pas finir la soirée si tôt, de Greg Reju, aux Marvin, en passant par Thierry T-dt-B ou Ben Shub… On en profite pour causer un peu plus avec les Marvin… ils sont heureux du concert (Il y avait de quoi), mais semblent inquiets des élections (Il y avait de quoi bis)… Fred nous explique que les deux salles de Montpellier où Noise Olympique organisait ses concerts viennent de fermer (ou de changer de propriétaire pour le Baloard)… pas cool ! Bref, on cause, on picole jusqu'à la fermeture du bar… ensuite Emilie et Greg nous font une petite démo de skate très personnelle sur laquelle nous nous éclipsons, laissant les derniers irréductibles partir pour une dernière soirée parisienne…
Une chose est sûre, nous serons là pour leur prochaine date parisienne…
[mg]

[interviews] • [home] • [reviews] • [mailorder]