Derrière ce nom énigmatique se cache la nouvelle sensation hardcore émotionnel lyonnaise… Encore totalement inconnus il y a peu, Mihai Edrisch se sont incrustés, en sortant sans prévenir un premier album excellent, dans un grand nombre de play-lists de spécialistes. Adeptes de l'intensité émotionnelle, et de la violence nerveuse, les lyonnais vous ouvrent les portes de leur univers…

 

interview : Chris A

photos par Nicolas Gillotin
(world of illusion)

 

 

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Tu excuseras mon ignorance mais je ne sais pas qui est Mihai Edrisch... Pourquoi le choix de ce nom ?

Rémi : Mihai Edrisch, c'est le nom de la petite cousine de Johan, elle est morte quelques jours après sa naissance. Ca s'est passé à l'époque où on venait de se connaître, on a tous été très touché et on s'est dit que ça serait bien d'honorer son souvenir à travers notre musique.

 

"L'un sans l'autre" est votre premier jet discographique… sur quoi avez-vous essayé de mettre l'accent ?

R : Et bien, sur rien en fait. Cela ne fait même pas deux ans que le groupe existe. Six mois après ses débuts on nous proposait déjà des concerts et un an après nous entrions en studio. En fait, ce disque est arrivé tellement vite que nous n’avons pas vraiment eu le temps d’y réfléchir. Il a été un peu fait à l’instinct. Personnellement, cela me fait un peu peur car je reste persuadé que si on avait eu plus de temps on aurait pu éviter beaucoup d’erreurs (j’insiste, cet avis n’engage que moi). Quand je réécoute le disque, il y a de nombreux points qui me chagrinent et j’en suis un peu frustré. Enfin bon, on est jeune et on ne demande qu’à progresser.

Benoît : En tout cas, on ne voulait pas que ce premier enregistrement ressemble à une démo mais bien à un premier disque réellement construit et pensé en tant que tel.

Vous avez collabore avec Santi Garcia (Standstill, Aina...) Comment s'est passe l'enregistrement ? Quels objectifs vous étiez-vous fixes pour cet enregistrement ?

B : En fait, on n’avait pas trop d’idées préconçues avant l’enregistrement. C’était notre première expérience de studio et on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Evidemment, on avait des idées plus ou moins précises sur le son que l’on voulait. Par exemple on souhaitait qu’il y ait une certaine unité, on avait réfléchit aux enchaînements et à la mise en valeurs des atmosphères. Mais au fil de l’enregistrement on a décidé de réellement profiter des possibilités qu’apportait le travail de Santi. Il nous a beaucoup aidé à comprendre ce qu’on voulait réellement : On peut prendre par exemple les effets que l’on retrouve dans une chanson comme « conflit ». Au début, nous ne pensions pas utiliser de tels effets car nous pensions que le disque allait sonner trop « produit ». Mais Santi nous a demander de faire quelques essais et il nous a finalement convaincu d’intégrer ces effets de studio qui donnent un certain relief à ce morceau.

R : Une de nos plus grandes craintes était la barrière de la langue, bien que Florian et Johan parlent bien anglais. Mais en fait, même si c’est difficilement explicable, avec Santi on n’a pas besoin de beaucoup parler. Le savoir-faire et l’expérience de Santi lui permettent de comprendre tout de suite ce que l’on veut et d’aller directement à l’essentiel. De toute façon, quand il est devant sa table de mixage, il est imperturbable. On a beau ne pas être d’accord avec lui, c’est toujours lui qui gagne.

Parle-nous d'Alchimia Records et de GodschildRecords, le label qui va sortir votre album en Asie et aux USA.

B: Alors, Alchimia est un jeune label lyonnais, enfin le label de Mihai Edrisch, Daïtro et Simfela, trois groupes très liés dans la mesure où je crois qu’on est avant tous des supers bons potes. Encore des pauvres groupes consanguins, en fait Florian, le bassiste, joue dans Simfela, et moi je suis aussi le batteur dans Daïtro. Alchimia a sorti nos premiers disques respectifs depuis un an, mais cette aventure a démarrée depuis à peu près deux ou trois ans. Le but à long terme est de ne sortir que des disques d’autres groupes comme ça va être normalement le cas avec la version LP du futur Overmars. Ceci dit, on ne se contente pas que de sortir des disques car on fait partit des gens qui organisent pas mal de concerts sur Lyon.

R : On ne sait en fait pas grand choses sur Godschild. On sait qu’ils nous ont connus par l’intermédiaire de Fafa / Waiting for an angel et ce sont eux qui nous ont contactés pour reppresser notre album et le distribuer en Chine, au Japon et aux USA. Personnellement, je n’avais jamais entendu parler de ce label avant qu’il ne nous contact, bien qu’il ait déjà sortit des disques de Aghast, Nitro mega prayer… Mais vu que l’on souhaite à terme changer de label et ne plus sortir nos disques sur Alchimia, on a évidemment accepté leur proposition.

 

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En utilisant sur scène l'obscurité et des projections de vidéos 8mm, vous semblez vouloir impressionner vos spectateurs. Quel genre d'expérience voulez-vous leur procurer ?

R : On souhaite en fait réaliser des concerts intimistes, épurées. Si nous jouons dans l’obscurité, c’est pour développer une atmosphère « bichromique » (comme le dit si bien Flo) où le spectateur ne voit que du noir et du rouge. Il ne discerne que la silhouette des musiciens et peut ainsi se concentrer sur la musique. En ce qui concerne les projections 8mm, nous ne les faisons plus pour l’instant car Johan, qui s’occupe des films, n’a pas eu le temps de finir la vidéo que l’on souhaite projeter dans nos prochains concerts. Il viens de partir en Slovénie pour cinq mois et j’espère qu’il va se bouger le cul pour nous ramener plein de belles images (hé, hé…).

 

Quelques mots sur votre tournée de 15 jours l'été dernier en Slovénie, Croatie, Bosnie, Autriche etc...

B : C’était une fabuleuse expérience. C’est difficile de résumer en quelques mots. Jouer dans des lieus aussi différents que Zagreb, Banja Luka et Vienne en l’espace de trois jours, par exemple, reflète bien la richesse de ce qu’on a vécu tant on a rencontré des gens tout aussi différents qu’extraordinaires alors qu’ils évoluent dans des mondes et des sphères sociales qui ne se ressemblent en rien et sont parfois même opposées.

 

Lyon a toujours été une ville très active avec des groupes de qualité. Ton impression et ton avis sur cette "scène" ?

B : Je pense que c’est tout simplement super motivant. En effet il y a plein de gens très impliqués, beaucoup de concerts, on découvre beaucoup de groupes tous aussi différents que surprenant. Tous cela donne envie de créer son propre groupe et sa propre infrastructure. Cette scène elle existe aussi grâce aux gens qui organisent des concerts, qui font vivre la scène indépendante et cela depuis longtemps, comme Nabil de Burn your flag par exemple. Aujourd’hui il y a plein de groupes de qualités qui sont là depuis un certain temps ou qui émergent comme Doppler, Overmars, Kabuki Buddha, The sons of saturn…

Florian : Depuis très longtemps, il y a des groupes de grandes qualités qui émergent de la scène lyonnaise et qui ne touchent pas uniquement le public lyonnais mais aussi la France entière et parfois même bien au delà de nos frontières. Il y a eu Condense qui a fait pas mal avancé les choses, c’est l’exemple symptomatique d’un groupe qui en entraîne beaucoup d’autres derrière lui.

Passons au portrait chinois : si Mihai Edrisch était un film ? un pays ? un autre groupe ? un parti politique ? un rêve ? une expression/un slogan ?

F : Pour le portrait chinois, c’est moi qui m’y colle !!! Si Mihai Edrisch était :
- Un film, ce serait sans doute un film de Jim Jarmush, soit « Down by law » ou « dead man », pour l’atmosphère presque funèbre qui se dégage de ses films et la lente pesanteur du cheminement de l’histoire. Sur un plan purement technique, le visuel qu’il emploie dans ces deux films se rapproche aussi du concept de nos pochettes et visuelles (bichromie). Mais bon, on est loin de faire aussi bien…
- Un pays, ce serait bizarrement la France. Sans aucun nationalisme bien sûr, c’est juste que Johan chante en français et que l’on y tient tous dans le groupe.
- Un autre groupe, ce serait peut être le groupe que l’on maudit tous pour s’être séparé trop tôt : Lisabö. En tout cas, c’est une énorme référence pour nous et je ne pense pas me faire taper sur les doigts par mes petits camarades en osant nous comparer à eux.
- Un parti politique, ce serait l’UDF de Bayrou. Pourquoi ? je ne sais pas mais j’ai une fascination pour ce parti du rien, même si je conçois que c’est pas un super compliment de nous comparer à lui.
- Un rêve, ce serait… Putain quelle colle !!! En tout cas, ce serait un rêve bien tragique, pas un cauchemar hein, mais simplement quelque chose de complexe et de triste.
- Une expression/un slogan, ce serait un slogan Skyrock qui dirait « Mihai Edrisch le groupe qui va faire pleurer ta mère !!! » ou quelque chose dans cette esprit.

(positiverage.com 01)

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