Jeune formation française, Poney Club nous a impressionné avec un premier CD autoproduit d'une grande profondeur et d'une indéniable cohésion. Le groupe se positionne directement dans les groupes dits post-rock à surveiller. Peu de concitoyens avaient réussi à véritablement nous séduire dans ce style souvent trop froid et trop mental, mais Poney Club viennent de casser cette tradition. Une petite présentation par email interposé était nécessaire…

 

interview réalisée par Chris

 

photos : Noémie Ventura
sauf ci-dessus (violoncelle) par Alfred

 

 

 

 

 

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Présentation rapide du groupe. Date et lieu de formation ?
Le Poney Club s’est monté en août 2001. Nous sommes une partie à Tours, l’autre à Orléans. Nous étions à ce moment 3 (guitare, clavier, batterie). Nous avons rencontré Maryse (violoncelle) qui a intégré le groupe en janvier. Delphine et Stéphane (BadelMaust) ont réalisé des vidéos dès les premiers concerts (novembre 2001).

Est-ce que la formation s'est imposée d'elle-même ? Comment a-t-elle évolué au fil du temps ?
Pas tout à fait, on a débuté les répétitions en retravaillant de vieux morceaux dont les plus anciens dataient de 1995. L’intention était de faire du rock, sans cadre précis. Nous avons eu envie de violoncelle tout simplement parce nous voulions un instrument à cordes frottées. Personnellement, j’ai du mal avec le violon, même l’alto, alors c’était violoncelle ou contrebasse. Maryse s’est présentée, ça a été violoncelle. Du coup, nous avons eu un long moment de flottement, de déséquilibre car cela fonctionnait beaucoup plus lentement à quatre et on ne retrouvait pas cette énergie rock qu’on avait à trois. De plus, Dom (batterie, basse, chant), Cécile (clavier, trombone, batterie) et moi (guitare, chant, basse, trompette) avions joué dans pas mal de groupes ces 10 dernières années. Pour Maryse, il s’agit de sa première " expérience " et cela nous a obligé à nous adapter. Aujourd’hui l’écart tend à se resserrer et l’équilibre est bien là.

Quand avez-vous su que ce groupe etait une aventure sérieuse et valable ?
Le groupe s’est monté avec avant tout l’intention de se faire plaisir. Pour ma part, je prends d’autant plus de plaisir que cela est fait sérieusement. Aujourd’hui, la façon dont nous fonctionnons fait que le projet est porté par tous, avec chacun ses moyens, ses disponibilités… Mais en tout cas la même envie.

Qu'est-ce qui vous inspire ?
C’est une question à laquelle je ne peux répondre pour tous. Pour ma part, en ce moment je dirais : la littérature américaine, le bop et les rencontres.

Qu'est-ce qui vous réunit en dehors du groupe ?
Je crois que nous sommes tous très curieux des choses, des gens. Cela se traduit par de l’enthousiasme pour ce qui est nouveau, et par le fait qu’on ne fréquente pas une " communauté artistique " plus qu’une autre même si on se sent plutôt à l’aise dans le milieu rock au sens large.

Qu'est-ce que représente votre 6 titres 'a six stock speeches' ?
Ce sont six morceaux représentatifs de la direction musicale qu’on prenait à l’époque de l’enregistrement (en 2002). C’est également une carte de visite qui reflète le "live" donc un outil de démarchage qui permet de continuer d’avancer. Cela représente aussi pas mal de temps pour arriver à quelque chose de satisfaisant. Nous avons partagé ce moment avec trois ingénieurs du son auxquels nous devons beaucoup (Térence Briand et Joël Boischot pour la prise de son et le mastering et P.E. pour le mixage).

Vous semblez être patients et avancer a pas de poney… Etes-vous perfectionnistes ?
On essaye de tout faire nous-même. De plus, on décide les choses tous ensemble. Les choix se font au plus sage, souvent au plus exigeant. On s’auto gère, la moindre dérive vers le bas et c’est " carnaval " et là, je ne prendrais plus le même plaisir à faire de la musique.

Est-ce que le groupe se sent plus à l'aise en studio que sur scène ou bien est-ce le contraire ? Expliquez.
" A six stock speeches " peut être considéré comme un enregistrement en prises " live ". Pour des raisons techniques, le violoncelle, les voix et quelques cuivres ont été faits séparément (nous n’avions qu’une semaine). Je pense donc que nous ne savons pas encore ce qu’est le travail en studio et on commence à être à l’aise sur scène.

Qu'est-ce qu'une chanson doit posséder pour que vous la gardiez ?
L’adhésion de tous.

Il n'y a qu'un titre chante sur votre 6 titres. Pourquoi jugez-vous le chant 'inutile' ?
Pour ma part, un chant c’est d’abord un texte. Si on a des convictions politiques à exprimer, le chant peut s’imposer : c’est direct, il n’y a pas d’ambiguïté. Mes textes font référence à des émotions, au même titre que les parties instrumentales. Dom travaille, quant à lui, sur la sonorité des phrases. Aussi il n’y a pas nécessité à en faire le noyau central d’un morceau. Cela relève de l’arrangement.

Vous projetez beaucoup d'images pendant vos concerts. Pour vous, qu'est-ce que le visuel doit apporter a la musique ?
Les images sont inclues dans la partition. Elles ne sont pas en plus, on joue avec. On a projeté dès le premier concert et c’est pour nous une évidence qu’elles soient là.

Pour vous, ce sont les images qui suscitent la musique ou est-ce le contraire ?
Le duo BadelMaust (vidéo/danse) qui fait partie intégrante du Poney Club possède ce qu’on peut appeler une banque d’images. On puise dedans. La cohésion, on la cherche à travers le canevas que constitue le set musical. Il n’y a pas une image attribuée à un morceau, c’est l’agencement musique/image/danse qui constitue le concert.

Ou doit résider l'originalité pour qu'un groupe de ce type se démarque ?
Pour moi, c’est sa capacité à émouvoir des gens qui n’ont rien en commun… a priori…

Aux oreilles du public, une formation instrumentale tend a produire une musique intellectuelle et sérieuse. Quels arguments personnels pouvez-vous apportez pour démentir cette idée ?
C’est une vaste question. Il y a des livres entiers qui traitent de ce sujet : qu’est-ce qu’une musique intellectuelle ? En tout cas, on ne fait pas cette musique dans le but de passer pour des cérébraux c’est certain. Cette idée est peut-être véhiculée par la musique classique et le jazz. Il ne me semble pas que les groupes instrumentaux que j’écoute font une musique intellectuelle ; si c’est juste le fait qu’il n’y ait pas de structure couplet/refrain qui en fait une musique d’érudit alors là, je ne comprends pas ce qui déroute les gens.

Sur quels projets voudriez-vous vous voir impliqués dans l'avenir ?
Notre projet immédiat c’est la préparation du prochain LP. On réfléchit également sur l’idée de composer de la musique en réaction à des images c'est-à-dire s’imprégner d’une séquence visuelle et écrire derrière à quatre et de façon spontanée… Je ne sais pas si je suis bien clair…

 

(positiverage.com )

 

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