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L’HOMME QUI CORROMPIT HADLEYBURG (Antunes, d’après Mark Twain)

BD. Hadleyburg est une petite ville américaine comme les autres. Ou presque…Car elle a une spécificité qui la démarque de ses voisines : elle est la ville la plus honnête du pays. Et ses habitants sont les plus vertueux que l’on connaisse. C’est en tout cas ce qu’un panneau annonce quand on arrive à Hadleyburg. Mais un homme a l’intention de mettre à l’épreuve cette réputation : un étranger qui avait été offensé par les habitants du bourg quelques mois auparavant a en effet décidé de se venger en imaginant une histoire de récompense de 40 000 pièces d’or devant revenir à l’habitant de Hadleyburg qui l’a un jour aidé…

Comme le rappelle Wander Antunes (que l’on connaissait avant tout comme scénariste, notamment du très bon Toute la poussière du chemin, dessiné par Jaime Martin) dans son avant-propos, Mark Twain est souvent associé à Tom Sawyer et à la littérature pour enfants alors qu’il a aussi écrit beaucoup de livres bien plus critiques et engagés. Cette nouvelle, L’Homme qui corrompit Hadleyburg, en est d’ailleurs la meilleure preuve. Dans ce conte moderne, l’auteur américain tire à boulets rouges sur l’hypocrisie qui régnait/règne dans son pays. Car à travers Hadleyburg, sa vertu de façade et son honnêteté trop belle pour être vrai, c’est bien entendu un pays tout entier que Mark Twain vise et avec lui l’hypocrisie de sa société imposée par la religion chrétienne. Une nouvelle adaptée de façon convaincante par Antunes. Fan absolu de l’œuvre de Twain, il déroule ici une narration particulièrement fluide qui montre parfaitement comment, tentés par 40 000 pièces d’or, le vernis d’honnêteté et de vertu des habitants d’Hadleyburg craquelle rapidement pour laisser apparaître leur véritable nature…Pour que l’hommage à Twain soit complet, le brésilien a aussi eu l’idée, bien venue, d’ajouter deux personnages au récit originel : Tom Sawyer et Huck, de passage dans la ville, qui jouent le rôle de témoins, ironiques, de l’honnêteté supposée de ses habitants…

Une adaptation très réussie (Antunes fait le job au niveau graphique aussi) dont le message reste d’une grande actualité avec la récente décision de la cour suprême de revenir sur le droit à l’avortement pour les femmes américaines !

(Récit complet, 80 pages – La Boîte à Bulles)

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