Supersoft [14-18] "L'île continent"
(Partycul Sytem – cd 5 titres)

Un an après la sortie du premier et excellent album de Rroselicœur, le label Partycul System nous propose de découvrir sa deuxième production : le 5 titres de Supersoft [14-18]. Sachant que nous avions déjà fondu devant les mélodies mélancoliques de Rroselicoeur, et que ce nouveau collectif réuni des membres de Rroselicoeur et de T.V.LA.S.UN.OR, il y avait de fortes chances pour que nous tombions à nouveau en émoi devant ce disque. Bingo ! C'est chose faite ! Cette "île continent" semble bien paradisiaque… S'éloignant encore un peu d'un carcan "rock" trop souvent lié à la scène indépendante, le collectif mélange les origines, les influences, les âges et les sonorités. Le résultat, mélancolique mais sublimement poignant, touche la corde sensible, piano à l'appui. On voit les ombres de Godspeed You Black Emperor et parfois de Black Heart Procession, on ressent la tristesse mêlée à la plénitude, et on laisse notre esprit cartésien divaguer vers cette île improvisée ou seul compte nos sensations. Les quelques recherches textuelles en français, tendance "nouvelle vague", n'arriveront pas à nous faire redescendre. Nous sommes bien. Et si le nom du collectif s'attarde à une notion fortement encrée dans la région d'origine des membres (la forte présence de la première guerre mondiale en région Champagne, et Reims en particulier), la musique, elle, s'évapore vers des sphères accessibles à tous ceux qui s'en donneront la peine. Bonheur assuré.
[mg]

>> album disponible sur notre catalogue
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voir aussi : Rroselicoeur, Godspeed You Black Emperor, Black Heart Procession

Natsat "faded vynil"
(autoproduction – cd 4 titres)

Voici l'autre coup de cœur français du moment. Nous les avions déjà interviewés dans le Positive Rage #8 (version imprimée), lors de leur précédente production. Mais avec ces 4 nouveaux titres enregistrés au studio Pôle Nord, le groupe passe encore à l'étape supérieure. Tout débute par ce si beau bruit du diamant touchant le vinyle (il fallait penser à le remettre sur un CD !), puis la rythmique syncopée rentre. Les connaisseurs devraient sentir un quelque chose de feu-Pregnant. Tout du long, les recherches d'ambiances alterneront régulièrement avec l'énergie épileptique typique des groupes noise. Un coup, les guitares vous maltraitent, l'autre, le saxo vous entraîne en zone inconnue. Un groupe qui semble se reconnaître dans les approches différentes mais complémentaires de groupes aussi éloignées que Shellac (l'énergie) et Bastärd (l'ambiance). Un groupe qui aurait sans doute fait les beaux jours de Prohibited à l'époque. Certes, certains risquent de ne pas supporter le saxo, parfois trop présent, quand d'autres risquent de se perdrent dans ces structures alambiquées, mais, au final, ce 4 titres n'a pas la prétention d'être un album. Il s'en approche juste de très prêt. Écoutez ces basses, ces guitares… Le talent du névrosé est bien là. Encore quelques mois pour réussir à épurer le surplus, et l'album, même si décalé par rapport aux modes actuelles, risque d'être un petit événement dans les milieux autorisés. C'est en tout cas tout ce qu'on leur souhaite.
[mg]

>> voir aussi : Shellac, Pregnant, Bastärd

The Dirteez "How i lost my fur and became an angel"
(autoproduction – cd 5 titres)

Voilà un bout de temps maintenant que ce groupe marseillais sévit dans les contrées brumeuses du punk et du garage rock. Je me souviens de leur premier 45t (UFO/Mad Boys) sorti sur Krezimikoïd… On pouvait découvrir un vieux rockab-punk alternatif pas franchement renversant. Cela doit faire près de 10 ans, non ? Depuis, il semblerait ne rester dans le groupe que Wild Cat Lou (guitare/voix) et Clint Lha-Zar (voix). L'imagerie, elle, est restée la même : films d'horreur de mauvais goûts, bondage, peau léopard et cuir ! Si les Cramps n'existaient pas, il faudrait les inventer ! Pour ce qui est de la musique, le groupe joue un punk garage, où les trouvailles mélodiques tirent la machine en avant ; malheureusement, malgré des idées à l'énergie pleinement rock'n'roll, et quelques originalité pour le style, l'ensemble n'arrive jamais à décoller… Le tout reste assez plat, et ce n'est pas les limites techniques des musiciens et de la production qui viendront sauver l'affaire. Dommage car on sent une réelle aptitude à s'attaquer au rock'n'roll de nos aînés…
[mg]

>> voir aussi : The Cramps, The Peechees, Gasolheads, ExxonValdez

Silo the Huskie "s/t"
(headhunter – cd 12 titres)

Aux Etats-Unis, les groupes indie-rock inspirés par le punk mélodique (et vice-versa) semblent se multiplier à grande vitesse ! Est-ce dû au succès des Get Up Kids là-bas ? Quoi qu'il en soit, Silo the Huskie jouent, eux aussi, la carte des guitares saturées accessibles, de l'emo-pop courtisé par les college radios. Peu importe, ceux-là le font excellemment bien. Le chant parfaitement calibré aidant sans doute beaucoup (on passera par contre sur le son abominable de la batterie). Bref, à ce stade, on reconnaît autant Get Up Kids que Police, aussi bien que (dans les meilleurs moments) l'émo soft et classe de Severin (Dischord). Le disque, sorti chez Headhunter (le label de Drive Like Jehu), est donc déconseillé aux aficionados de l'underground qui ne supporteraient pas la propreté de la production (malgré des titres bien péchus, et un ensemble largement aussi punk que Get Up Kids ou JimmyEatWorld) ; cependant l'objet se classe sans problème dans le peloton de tête des groupes indie-emo-rock soignés et agréables à écouter. Avis aux animateurs radios qui touchent un public moins spécialisé, et qui essaient tout de même de passer des trucs à tendance "–core".
[mg]

>> voir aussi : Severin, Get Up Kids, Police, Jimmy Eat World

 

Satanic Surfers "Fragments and fractions"
(Bad taste records - cd 13 titres)

Le groupe de hardcore mélodique suédois marque un certain changement pour leur quatrième album. Déjà, ils changent de label (ils ont délaissé Burning Heart pour Bad Taste, qui est beaucoup moins important !), et, musicalement parlant, le tempo s'est ralenti sur de nombreux morceaux. Ils ont même failli changer de nom... Mais ne vous inquiétez pas, le style reste le même. Bref ils nous reviennent en pleine forme avec plus d'enthousiasme et un meilleur contrôle de leur musique. Les morceaux sont plus courts (13 titres en 26 minutes !), gagnent en efficacité et ne foncent pas forcément à 200 à l'heure comme auparavant. Rodrigo assure un chant toujours aussi mélodique tout en matraquant ses fûts avec technicité, comme à son habitude (je me demande d'ailleurs comment il fait quand on sait qu'à la base il n'est pas du tout chanteur!), tandis que les guitares nous délivrent des lignes mélodiques qui s'entrecroisent avec classe. Un très bon album pour tout fan de ce style.
[Greg S.]

>> voir aussi : Bad Religion, Nofx, NUFAN, No Fun At All, Seven Hate

Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions à :
Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
51, rue Paul Vaillant Couturier
92240 Malakoff
France

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