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MARY
POPPERS
"s/t"
(S.K Records)
Merci à S.K de documenter à sa façon la scène
lyonnaise et régionale et de faire confiance à toute cette
bande d'allumés qui embellit à chaque nouvelle sortie une
étonnante photo de famille. C'est au tour des stéphanois
de Mary Poppers de livrer leurs premiers vrais émois. Le mot n'est
sans doute pas très bien choisi car ici c'est plus du côté
de la schizophrénie qu'il faut se pencher. Ambiances H.P. Camisoles
de circonstance. Le filet de bave au bout de la lèvre inférieure
vous va si bien… Noise tordue, perverse et sadique, on se doute
que le quatuor a eu pour compagnons de chambrée des groupes comme
Jesus Lizard, Oxbow, Heliogabale ou quelques formations de l'écurie
Skin Graft… Chicago rules ! Une basse qui s'impose. Une guitare
qui divague et un chanteur qui se lâche au gré de ses propres
pulsions ou bien de celles de la batterie. Vous voyez mieux le type de
pathologie ? Difficile à soigner, mais on en a vu des plus
coriaces car leur musique est somme toute assez accessible (j'ai dit prévisible ?).
Certaines crises ('stopoff', 'the winner line') ne valent pas la peine
qu'on se penche dessus. D'autres sont plus riches ('midnight princess',
'the spell of the mogul' et 'headache') mais on sent que les patients
cherchent quelque part à nous manipuler. Leur folie s'affinera
certainement avec le temps ; on vit une époque tellement belle…
Alors pour le moment on les laisse dire et on se fait parfois plaisir…
c'est l'essentiel. On les encourage néanmoins à resserrer
d'un bon cran leurs vestes blanches. Mieux attachés et moins soumis,
la fureur n'en sera que meilleure.
[chRisA]
••
Voir aussi : Arab On Radar, Jesus Lizard, Oxbow
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IMPURE
WILHELMINA
"l'amour, la mort, l'enfance perdue"
(space patrol)
Derrière un titre particulièrement pompeux, les Suisses
d'Impure Wilhelmina nous livrent un troisième album non moins ambitieux.
Certains pourront leur reprocher, mais la démarche fait du bien
quand la plupart de leur contemporains se suffisent à trois accords
pompés ici ou là et une voix braillée. Les suisses,
eux, ont décidé de mettre la barre haute pour ce nouvel
album. Leur musique métallique et sombre à s'en couper les
veines se mélange ici à d'excellents morceaux mélancoliques
à en faire pleurer les emo-kids… Et le mélange passe
agréablement, permettant à la longueur de l'album (68 minutes)
de se faire moins sentir. Le groupe raconte son histoire, de chapitre
en chapitre… commençant par cette noise ultra saturée
et lourde que nous lui connaissions pour dériver ici ou là
vers des chansons plus rock, avec un chant plus mélodique, des
riffs moins saturés… Mais quelque soit l'approche choisie,
le groupe garde toujours cette touche harmonique assez particulière,
très émotionnelle qui donne sa particularité aux
suisses. Notons aussi que le quatuor maîtrise chaque style, avec
un chant déstabilisant tant il passe d'hurlements démoniaques
à la Neurosis à de charmantes mélodies. Alors, on
ne pourra nier quelques longueurs avec des morceaux de 8 minutes pas obligatoirement
nécessaires, et cette définitive obsession de vouloir en
faire toujours plus, ce qui peut amener à se perdre, ou masquer
un manque d'idées fortes, mais peu importe… Je retiendrais
une agréable ouverture d'esprit et un savoir faire indéniable
pour oublier ce nom d'album ridicule, et ce manque de simplicité.
[mg]
•••
Voir aussi : neurosis
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TENDER
FOREVER
"The soft and the hardcore"
(K rds / Vicious Circle)
Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette petite bordelaise a bien
mené sa barque… Peu sont celles qui peuvent se targuer d'un
logo de K records (Beat happening, The Blow, Modest Mouse, Old Time Relijun,
etc.) au dos de leur disque… Mais Tender Forever (Mélanie
Valera de son vrai nom) ne l'a pas volé. Elle possède bien
les armes nécessaires pour faire succomber un public nombreux,
surtout après le succès d'un groupe comme Coco Rosie. La
bordelaise nous livre ici un album dépouillé, fragile, parfois
bancal mais d'une imparable sensibilité. Accompagnée principalement
de sa guitare sèche, et de temps à autre d'un orgue ou de
quelques rythmiques, Tender Forever arrive à nous plonger dans
un univers touchant, certes plus soft que hardcore, tenu merveilleusement
par des mélodies vocales douces, intimistes et enchanteresses.
À l'écoute de ces 12 titres, on comprend sans problème
que Calvin Johnson, le boss de K records, ait succombé à
cet univers nu de toutes paillettes pour au final proposer son aide ;
on en aurait fait autant.
[mg]
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Voir aussi : The Blow, Coco Rosie
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THE
GOSSIP
"standing in the way of control"
(kill rock stars)
Issu de la scène d'Olympia, The Gossip est un peu le trio qu'il
faut inviter pour réussir une fête branchée. Remixé
par Le Tigre (pour un résultat particulièrement médiocre),
produit par Guy Picciotto de Fugazi, la pochette d'un précédent
disque signé par Kim Gordon (Sonic youth), et j'en passe, The Gossip
n'ont que des amis sur cette Terre ! Et "Standing in the way of control"
ne devrait qu'élargir un peu plus la liste. Pour ceux qui ne connaissent
pas, The Gossip, c'est un peu la soul apprise aux rockers, le post-punk
pour la Motown, et le meilleur moyen d'entraîner le public indie
sur une piste de danse. Il faut dire que le trio fait exception au sein
de la scène : une chanteuse charismatique (Beth Ditto) qui flirte
avec la soul avec un toupet incroyable, et un talent indiscutable, un
guitariste proche d'un Gaston Lagaf nous assenant de riffs imparables
(mélange de Sonic Youth et de Whites Stripes), et une batterie
certes moins inspirée puisque souvent basée sur le sulfureux
schéma post-punk, mais jouant son rôle. Le résultat,
s'il peut écœurer les plus sensibles par son excès
de chant ne se renouvelant guère, de rythmiques déjà
vues, ou de manque de surprise (sauf pour le réussi "dark
lines"), reste d'une incroyable efficacité. Et malgré
une instrumentation minimale, il est difficile de résister à
l'appel de la piste de danse ! Ces trois là savent y faire. Après,
ne poussons pas l'affaire trop loin, le chant est incroyable mais reste
plus proche d'une Tina Turner des années 80 que d'une Aretha Franklin,
et The Gossip n'hésite pas à plonger dans beaucoup de clichés
aujourd'hui éculés (qu'ils soient disco-punk ou riot grrls)…
Alors c'est vrai qu'on ne boudera pas les bons moments que peuvent entraîner
l'écoute de ce disque, mais attention à l'excès de
sucre, car c'est la crise de foie assurée !
[mg]
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Voir aussi : Sleater Kinney, Tina Turner, ESG, Yeah Yeah Yeahs
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CHURCH
OF MISERY
"the second coming"
(Salvation)
Tout d'abord c'est le regard de Ted Bundy qui vous trucide. Ensuite c'est
un heavy plus psyché que doom (comme on voudrait nous le faire
croire...) qui vous colle au tapis… hey Mr Lebowski ! Après
quelques étincelles sur Man's Ruin et Southern Lord, le groupe
nippon sort son deuxième album… en dix ans d'existence. Pas
prolifique mais du genre perturbé par des problèmes de line-up
et de distribution. Toujours la même fascination pour les serial
killers et les guitares grasses (y aurait-il un lien?) nourries indubitablement
au Black Sabbath, Kyuss, Fu Manchu et Monster Magnet. Bonne texture sonore
donc. Mais on leur reprochera un certain manque d'audace et d'originalité
et ce, même si certains titres se veulent plus bluesy ('red ripper
blues'), plus groovy ('filth bitch boogie') ou plus electro noisy ('el
topo'). On n'échappe pas aux solos élastiques (faut aimer)
et à certaines facilités. Hideki, le nouveau chanteur, s'en
tire assez bien en adaptant sa force vocale à l'esprit et aux ambiances
sombres des titres. Un album qui a du corps mais qui aura sans doute,
pour les connaisseurs, du mal à faire chavirer les âmes...
[chRisA]
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voir aussi :Kyuss, Black Sabbath, Monster Magnet
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The
Dandy Warhols
"Odditorium or Warlords of Mars”
(capitol)
Plus ou moins autoproclamés rois de la musique underground américaine,
The Dandy Warhols reviennent avec un album concept qui ne veut rien moins
que renouveler le rock’n roll ! Après un morceau introductif
qui explique l’ambition de "Odditorium or Warlords of Mars",
on découvre 11 morceaux qui, c’est vrai, s’éloignent
très sensiblement du format chanson. Cela commence de façon
assez classique, mais après 2 couplets et 2 refrains, les morceaux
s’échappent, de façon inattendue, dans l’impro,
pour des sortes de parenthèses assez longues et désinvoltes
où tous les musiciens errent, mènent leur petite vie et
finissent par se retrouver. Et c’est bien dans ces fugues que les
Dandy Warhols parviennent à approcher de moments à part,
à créer quelque chose : en partageant leur fraîcheur,
leur folie, leur envie ensemble, sans trop calculer, à la façon
de certains collectifs apparus ces derniers temps, surtout au Canada,
comme Broken Social Scene, Arcade Fire ou les très souvent cités
Godspeed You Black Emperor.
Au final, "Odditorium or the Warlords of Mars” est un album
d’indie-rock plutôt bien troussé qui tire surtout son
intérêt de l’humeur décontractée et de
l’esprit de partage qui y règne. Sympa donc sans atteindre
des sommets.
[sullivan]
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Voir aussi : Broken Social Scene, The Make Up
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