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DISCO
DRIVE
"what's wrong with you, people ?"
(unhip records)
Après une intro particulièrement excitante rappelant les
grandes heures de Crass, ce trio italien s'engouffre dans un post-punk
plus habituel. Son nom prend tout son sens quand il mélange avec
une certaine agilité les rythmiques dansantes, les refrains charismatiques
et l'énergie du punk… Alors, c'est vrai que l'influence des
Gang of Four peut devenir pesante aujourd'hui, vu le nombre d'opportunistes
s'étant plonger dans ce style, mais on a envie de leur donner leur
chance, envie d'y croire, plus qu'à l'accoutumé. Peut-être
parce que Disco Drive évite soigneusement l'approche typique des
groupes mainstream (Bloc Party, Franz Ferdinand) pour laisser ressortir
ici ou là quelques influences plus Dischordienne. C'est ainsi qu'on
semble découvrir une sensibilité proche d'un Q and not U
sur les quelques titres plus rock ("save your fire", "safer
now"), ou plus généralement d'un El Guapo. Du coup,
j'hésite, mais je me laisse aller, j'accepte encore une fois cette
batterie appelant à la danse frénétique, et je profite
de ces chants réussis… J'y prends même goût…
J'essaie de replacer ce disque au moment de sa sortie italienne (avril
2005), effaçant tant que possible plus d'une année remplie
de batterie disco-punk, et j'adhère à cet album qui en dehors
d'un style trop diffusé, possède toutes les qualités
requises.
[mg]
•••
Voir aussi : El Guapo, Q and not U, Gang of Four
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MOGWAÏ
“Mr Beast”
(pias)
Alors que l’ensemble du Royaume Uni est en plein revival post-punk
(l’indigestion guette même si on préfère ça
à la brit-pop), Mogwaï fait la sourde oreille. Et garde le
cap. Depuis cinq albums. On dit souvent de certains peintres qu’ils
n’ont fait, au fil du temps, que peindre et repeindre le même
tableau. Et bien je crois que c’est la même chose pour Mogwaï
depuis “Young Team” sorti en 1997. Car ce qui frappe lorsque
l’on écoute ce “Mr Beast”, c’est que l’on
retrouve les mêmes obsessions, les mêmes démons. Je
veux parler de ces déluges de guitares noisy, de ces pianos tristes
et mélancoliques à souhait, de ce chant rare, grave et susurré.
Mais on sent que le groupe se rapproche, petit à petit, de ce qu’il
recherche, de son Graal à lui. Au fil des albums, Mogwaï a
épuré son style, a essayé de se débarrasser
des scories, du superflu. Pour ne garder que l’incontournable. Ainsi
les lentes montées en tension débouchant sur des explosions
de guitares, devenues un gimmick, un stéréotype du post-rock
ont disparu. Mogwaï va désormais à l’essentiel,
en quatre ou cinq minutes. Sans fioritures. Et les guitares n’ont
jamais été aussi agressives et puissantes que sur “Glasgow
Mega-Snake”, “Travel is Dangerous” ou “Folk Death
95”. En contrepoint à ces hymnes désabusés
qui prennent aux tripes, on trouve des morceaux plus calmes, mais tout
aussi enclins au spleen, souvent emmenés par un piano tristounet
et qui rendent parfois une visite de courtoisie à Black Heart Procession
ou même Pinback sur “Friend of the Night”. C’est
l’autre facette de ce groupe qui livre peut-être là
son meilleur album.
[sullivan]
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Voir aussi : My Bloody Valentine, Godspeed You Black Emperor, Black
Heart Procession, Mono, Explosion in the Sky
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OVERMARS
"Affliction, Endoctrine… Vertigo"
(Candlelight rds)
Voilà quelques temps que nous avons reçu cet album d'Overmars…
Et même si le groupe lyonnais a mis les moyens dans cette production
(son, compos, etc.), je reste perplexe. Une chose est sûre, le groupe
propose ici un disque complexe, dense et finalisé, contrairement
à beaucoup de ses contemporains. Cet album possède une personnalité
incroyable. Mais au premier abord, cette voix caverneuse, inspirée
des formation métal, m'a véritablement repoussée.
Pas mon truc. Et puis, en y revenant, j'ai bien senti cette approche lorgnant
vers Neurosis… cet univers particulièrement sombre, apocalyptique
même, lourd et opaque, mais ouvert sur l'extérieur…
alors j'ai insisté. Overmars ne fait pas dans la dentelle, véritable
source inépuisable de malheur, mais le groupe explore un univers
plus complexe qu'il en a l'air au premier abord. Comme Neurosis, le groupe
s'ouvre à quelques plages plus calmes, moins pesantes. On est déstabilisé
par quelques émotions moins brutales, juste mélancoliques.
Tant mieux, car je me lasse facilement de la surenchère glauque
et terrifiante. On comprend alors qu'Overmars n'est pas un groupe metal
à proprement parlé, même si certains titres me rappellent
encore la noirceur des formations nordiques… même si à
tout moment j'ai l'impression que je vais voir sortir un chevelu maquillé
en noir avec un pentacle satanique tatoué sur le torse… Alors,
je reste encore perplexe, convaincu que cet album développe un
univers grandiose avec une force rarement égalée en métropole
; convaincu que ce disque n'est pas si loin de certaines productions hallucinantes
de Neurosis ; et, en même temps, je sens que cette impression désagréable
de culture metal, cette voix sortie des ténèbres, cette
exagération de noirceur, me feront définitivement sortir
de l'histoire… dommage car le talent est là, et le scénario
tient merveilleusement bien debout (même si un peu long). Juste
une histoire de culture sans doute, qui fait que je ne plongerais pas
entièrement dans cet album pourtant fort réussi. Avis aux
amateurs qui n'ont pas peur des rituels sataniques… allumez les
bougies !
[mg]
•••
Voir aussi : Neurosis
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THE
HOLY GHOST
“Welcome to Ignore us”
(fargo)
The Holy Ghost est plutôt du genre insaisissable. Son troisième
album est en effet une véritable auberge espagnole où l’on
rencontre une musique foisonnante et gourmande à souhait. On y
trouve des morceaux taillés pour les radios avec leur refrain accrocheur
comme le bien-nommé “Commercial” ou “Shut up
and Play”, un rock plus sensuel et sexy comme sur “Genghis
Khan”, de l’indie-pop façon Pavement le temps de “Graciana
Olé” et même une sorte d’hommage à ZZ
Top (est-ce bien raisonnable ?) avec le très sudiste “Jiggle”.
L’avantage, c’est que chacun peut y trouver de quoi l’intéresser
ici ou là. Car “Welcome to Ignore us” possède
indéniablement de très bons morceaux (“40 Winks”
ou “Pyramid”, par exemple) et affiche une volonté attrayante
de bousculer les conventions musicales.
Pourtant, on a du mal à véritablement rentrer dans cet album .
Certainement à cause de sa trop grande hétérogénéité.
Et peut-être aussi que le choix d’ouvrir l’album par
“Commercial” n’était pas des plus judicieux…
[sullivan]
•••
Voir aussi : Pavement
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FRAGMENT
"Toxique autoreverse"
(autoprod)
D'un côté une musique electro-rock faite par la section rythmique
du groupe noise D.Basser, de l'autre le chant de l'unique membre de Mille
Feuille (electro indus). J'aime le chant minimaliste et scandé
en français de Mille Feuille. Pas de soucis, le monsieur se place
devant les plus convoités Expérience et les plus branchés
Programme… Je suis donc content de le retrouver ici. La musique
plus rock relève un peu le côté glauque et répétitif
du chant, qui reste cependant la grande personnalité du projet,
pour partir flirter avec un electro rock bien remonté. Et le mélange
des deux univers fonctionne. Je n'y peut rien, ça me rappelle toujours
des vieux trucs à la MKB, Guernica and co, version actuelle…
donc ça me touche !
[mg]
••• Voir
aussi : Programme, Expérience, Mkb, Guernica
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