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GOODBYE
DIANA
"Mobilhome"
(head records)
Originaire de Montpellier, Goodbye Diana s'invite dans le monde complexe
du mathrock. Les notes virevoltent, s'entremêlent, dans un univers
toujours instrumental (à quelques cris près)… Et pourtant,
on sent que les gars n'ont pas la même culture que les autres groupes
du style. Ici, le son est violent et moderne. Les origines semblent bien
provenir du metal, certains riffs les trahissent. Peu importe, avec un
style qui peut rapidement devenir ennuyeux, cette maîtrise du gros
son élargit la puissance de leur morceau, et les rapproche plus
des groupes comme Pelican (en plus nerveux). Goodbye Diana arrivent ainsi
à faire head banger l'auditeur sur un magma ultra technique de
notes… pas mal pour un premier album ! Pas question de relâcher
la pression, les gars en ont encore sous le capot. On peut parfois reprocher
un certain hermétisme qui peut rapidement laisser l'auditeur sur
le bord du terrain, mais, en attendant, dans le style, les gars changent
un peu de l'école postrock / mathrock française, en ajoutant
une énergie héritée du hardcore nouvelle école,
et rien que pour cela, ce premier album, qui reprend pourtant la plupart
des codes du style, sort son épingle du jeu.
[mg]
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Voir aussi : Honey For Petzi, Dianogah, Don Caballero (premier album),
Pelican
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SHUB
"If you can"t read Shub, badluck, you're colorblind"
(GoBack Rds)
Empaqueté dans une jolie pochette jouant sur le daltonisme de deux
des membres du groupe, ce petit CD 8 titres nous montre un Shub plus démoniaque
que jamais. Dorénavant trio, le groupe fait un joli pied de nez
à tous les courants musicaux actuels en proposant une noise rock
sincère et généreuse comme on les aime. De la rythmique
frénétique, aux mélodies dissonantes, tout est là,
et à y repenser, cela faisait longtemps qu'on n'avait pas mis la
main sur tant d'honnêteté. Shub arrive à faire danser
sans flirter avec les radios FM, joue la carte couplet/refrain, sans tomber
dans la pop, joue la dissonance noise, sans se perdre dans l'expérimental
ennuyeux… On est presque dans le sans faute messieurs ! Ces mecs
sont à l'image de leurs influences, allant sans doute de The Ex
à Jesus Lizard, de The Fall à Unwound, ils sont tout simplement
vrais. Du coup, leur noise bancale mais efficace nous touche, et nous
donne envie d'en remettre une couche, malgré un son pas franchement
à la hauteur…
[mg]
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Voir aussi : The Ex, The Fall, Unwound, Jesus lizard, Chinese Stars
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THE
SHOCKER
"Up Your Ass Tray"
(go kart)
Qui écoute encore les albums de L7 aujourd'hui ? Plus grand monde…
pourtant, à leur époque les filles les plus célèbres
du "grunge" avaient eu un certain succès. Mais à
force de les entendre, on s'était lassé… Puis, alors
que leur son s'est dissipé dans les méandres de nos mémoires,
Jennifer Finch, ancienne bassiste-chanteuse du groupe, revient par la
petite porte avec The Shocker. A ses côtés, une bande de
jeunes branleurs (et une branleuse), qui, au vu de leur look de punk de
supermarché, aurait pu me faire abandonner avant même d'écouter
le disque. Et pourtant, j'ai poussé le vice et engouffré
la galette dans le lecteur. Et bien, l'ancienne L7 n'a pas perdu la main,
ni l'énergie. Et ce n'est pas si désagréable d'entendre
à nouveau ce timbre de voix typique, et ce rock gras… Bon,
The Shocker traînent une vieille valise de skatepunk un peu balourd,
sans doute dû à la bande de fashion victims qui accompagne
la miss, mais en général, le groupe ne s'en tire pas trop
mal avec un gros rock punk, guitare grasse en avant, un peu 4x4 passe
partout, un peu hard-rock… ici, pas question de parler de finesse
; à ce niveau là, le spectre de L7 est toujours bien présent.
Mais ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas penché
sur leur cas, donc, même si ce "up your ass tray" ne rivalise
pas avec les meilleurs albums de L7, et qu'on sait qu'on se lassera rapidement,
il s'écoute agréablement (en zappant tout de même
quelques titres)… Avis aux nostalgiques des années grunge…
[mg]
••• Voir
aussi : L7
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MILGRAM
"another one buys the dust"
(golden delicious rds)
Depuis leur début en 1998, et leur noise rock à deux basses,
le groupe du nord de la France a fait du chemin. Passant de labels en
labels (Pandemonium, Red F, Rock'n'Roll charity...), se perdant parfois
légèrement dans une recherche expérimentale pas toujours
bien maîtrisée, traversant l'Europe (Irlande, GB, Belgique,
Suisse, Slovénie, etc.) et même les États-unis, Milgram
continuait d'avancer… à force, beaucoup avaient même
perdu leur trace. Et pour un grand nombre, le seul Milgram connu, reste
celui du premier album, "Vierhundertfünfzig Volt". Espérons
donc que ce nouveau disque, particulièrement postrock, mais à
la trame plus accessible, redonne au groupe ses lettres de noblesses.
L'arrivée d'un nouveau batteur apporte une force rock au groupe,
et rattache la dispersion des cordes, ce qui n'est pas un mal. On peut
ainsi se laisser bercer par les ambiances rythmées et enjouées
du groupe. On regrettera juste un manque d'idées fortes qui empêche
de savoir vraiment où le groupe nous emmène. Chaque plans
possèdent d'innombrables qualités, les guitares nous livrent
d'excellents arpèges, et les influences les plus diverses viennent
forniquer avec élégance, mais en fin d'album, on ne sait
toujours pas trop pourquoi ? Et pourtant, même si l'excès
d'idées fait qu'on ne sait plus ce qu'on a écouté,
on a presque envie de s'en moquer et de penser que Milgram revient ici
au sommet de sa forme, et nous ne pouvons que nous en réjouir.
Malgré cette dispersion fatigante…
[mg]
••• Voir
aussi : redneck manifesto
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AEROFLOT
/ ADAM KESHER
"split"
(trahison records / Datcha Discos)
Sorti sur le nouveau label de l'ami Gwardeath, Trahison rds, ce petit
45t réuni, comme essaie de le prouver la bio, "l'essence de
la nouvelle scène bordelaise" ! D'un côté Aéroflot
dont nous avons déjà dit du bien sur ce site, de l'autre
les très tendance Adam Kesher. Les premiers, qu'il me tarde de
voir en concert tant les éloges sont nombreuses à leur sujet,
jouent toujours les maîtres de soirées, avec un rock noisy
dansant et quasi new-wave, gavé de synthétiseurs, de visuels
russes et de chant espagnol. Une sorte d'ovni dans la scène rock
actuelle. Comme devaient l'être Devo (cité dans la bio) à
leur époque ! Ici, le titre sonne un peu comme du PIL remixé
par un groupe new-yorkais ! La classe. Sur l'autre face, on retrouve Adam
Kesher, un all-star band de Bordeaux (membres de Metronome Charisma/Year
of no Light, Donald Washington, Calc, etc.). Et si les gars maîtrisent
à mort leur sujet, j'ai vraiment du mal à comprendre qu'il
ne s'agit pas de Robocop Kraus, mais bien de gars de Bordeaux ! On a affaire
à un rock dansant, qui pourrait séduire ceux qui n'ont jamais
entendu le groupe allemand (Rock & Folk et les Inrocks par exemple),
mais qui nous rend trop schizophrènes pour vraiment accrocher.
C'est très réussi mais incroyablement trop proche de l'original.
Et les deux ou trois sursauts pris à The Rapture n'y changeront
rien… Attention tout de même aux droits d'auteurs !
[mg]
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Voir aussi : PIL , Devo /// Robocop Kraus, The Rapture
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THE
FREAK ACCIDENT
"s/t"
(Konkurrel)
Ceux qui ont vu un concert de Victims Family au milieu des années
90 se souviennent de l'intensité incroyable de ce groupe élevé
aux vapeurs de Zappa et à l'énergie punk / hardcore. Aujourd'hui,
Ralph Spight, guitariste / chanteur de ce groupe barré de San Francisco,
a vieilli, il a été amoureux, et il s'est assagi. Mais il
revient tout de même sur le devant de la scène avec un projet
solo dénommé The Freak Accident. Malheureusement, la folie,
pierre maîtresse du succès de Victims Family, s'est bel et
bien évanouie. On retrouve bien un certain touché de guitare
dès "Chinese Phrasebook", le second morceau, mais, en
général, la volonté avouée semble plus mélodique,
plus posée. Dans les meilleurs moments, on pourrait y retrouver
un feeling à la Hüsker Dü / Sugar. La comparaison va
plus loin… Comme Sugar a été la suite plus pop de
Hüsker Dü pour Bob Mould, ce nouveau projet semble être
la suite plus pop de Victims Family pour Ralph. Le guitariste, toujours
aussi talentueux, s'amuse, exprime quelques pleurs au sujet d'une relation
amoureuse passée (qui semble à l'origine de cet album),
et reprend pour l'occasion le chemin des studios d'enregistrement…
mais il faut se l'avouer, The Freak Accident, ne devrait pas perturber
votre quotidien. Les fans retrouveront quelques minutes de bonheur, les
curieux découvriront quelques perles blues déglinguées,
les "bons-publics" y trouveront un sentiment touchant à
la Pavement, mais dans l'ensemble, ce disque risque de passer bien inaperçu.
On attendait mieux d'un tel bonhomme qu'un acceptable 10/20.
[mg]
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Voir aussi : Sugar, Victims Family, Pavement, Captain Beefheart
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MYRNA
MINKOFF
"acouphenes / phosphènes"
(autoproduction)
Reçu il y a quelques temps, ce disque à la pochette particulièrement
colorée nous présente un rock noisy assez touchant. L'approche
de ce groupe de Dijon est somme toute assez classique, jouant la carte
de la mélodie et de la distorsion, comme ont pu le faire un grand
nombre de combos influencés par Sonic Youth. Pourtant, Myrna Minkoff
sort un peu de cette case trop étroite pour lui… je ne suis
pas sûr qu'ils en soient vraiment conscients d'ailleurs. Encore
une fois, la démarche semble convenue, mais leur petit côté
emo-punk, un peu plus direct que les new-yorkais, un peu plus naïf,
les rend attachants. J'y entends même une approche vieille école,
comme certains groupes post-punk de l'époque. C'est ce qui me touche
le plus dans leur musique… Il reste donc encore à creuser
pour échapper définitivement aux envolées convenues,
à cette couche rock un peu trop habituelle, pour définitivement
s'orienter vers ce qu'on sent couver derrière… un post-punk
noisy, plus minimaliste, assez sombre et bien intense. À l'écoute
de certains titres, on sent qu'on y est presque… A suivre donc.
[mg]
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Voir aussi : Sonic Youth, Joy Division
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