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SLEEPPERS
"signals from elements"
(athome)
Respect. Ça fait tout de même plus de 10 ans que les Sleeppers
maltraitent leurs amplis ! Personnellement, je les ai découverts
en 1995 avec leur premier album "Illogical Moody Mind" (total
heaven), et j'ai succombé de suite à cette noise sadique
et sombre (qui se souvient de l'excellent "Blame")… L'ombre
des lyonnais de Deity Guns planait encore… Puis, un des guitaristes
quitte le navire et le groupe, devenu trio, durci de plus en plus le ton.
Il enchaîne les albums et devient un véritable rouleau compresseur
noise qu'on ne peut s'empêcher de comparer inlassablement aux américains
d'Unsane. Les Bordelais maîtrisent leur sujet mais commencent à
me lasser. Je ne retrouve pas les maniaqueries torturées du début.
Mais, dernièrement, le groupe embauche Raph, ex-Tomy, et renoue
avec une noise plus mélodique et surtout plus étrange. Le
mélange redevient excellent, n'hésitant à laisser
redescendre la pression par moment pour mieux exploser ensuite. Ce nouvel
album en est la preuve, les deux guitares sont indispensables à
ce groupe ; Si Raph influe sans doute sur l'approche mélodique,
il permet à Mamu de triturer sa guitare et ainsi ouvrir leur univers
à diverses ambiances malsaines et dérangeantes. La nouvelle
alchimie transforme cette noise lourde en quelque chose de plus fin, et
de certainement plus dynamique. Avec "Signals from Elements",
plus encore que sur le précédent album, on retrouve le GRAND
Sleeppers… celui qui ne mise pas que sur la puissance de sa noise,
celui qui renoue avec toutes les perversions des années 90…
celui qui y ajoute les formes, les ambiances et les mélodies. On
oubliera juste l'intervention de Reuno (Lofofora) qui, sans être
désagréable, n'apporte rien, et celle des Rageous Gratoons
qui offre un morceau electro qui n'a malheureusement aucune logique avec
le reste de l'album… On retiendra juste la qualité des compos
des bordelais qui se se suffisent largement à elles-mêmes.
Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas vu le groupe en aussi grande
forme. Joli coup. Dommage que si peu de monde risquent de s'en rendre
compte !
[mg]
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Voir aussi : Guzzard, Unsane, Portobello Bones, Hammerhead
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THE
SEVEN MILE JOURNEY
"the journey studies"
(fono'gram)
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ces danois ne sont pas là
pour vous faire rire. Eux seraient plutôt du genre à vous
rappeler qu'il fait plus froid chez eux que chez vous. À côté
d'eux, Tortoise passerait pour un groupe de rock ! Et pourtant, le postrock
de The Seven Mile Journey (car c'est bien de cela qu'il s'agit) séduit,
sans précipitation, sans même vraiment exploser. Les codes
n'ont rien de nouveau, des parties harmoniques qui s'étirent, une
pression qui monte puis s'apaise… on connaît. Mais les danois
ne plongent pas dans la surenchère, contrairement à beaucoup
de formations actuelles. Avec eux, les explosions soniques ne sont pas
indispensables. Le groupe préfère se concentrer sur les
ambiances mélancoliques, souvent majestueuses, les changements
de rythmes, les notes choisies… Et, les gars maîtrisent parfaitement
les codes. On pourrait s'ennuyer ici ou là, mais si on se laisse
aller, les choix sont toujours bien opérés et on se fait
très agréablement prendre par les thèmes dépassant
souvent les dix minutes… Bon, c'est vrai, on aurait préféré
que cet album sorte dans les années 90, avant les autres, mais
on ne demande pas à ces danois d'être Godspeed à la
place de Godspeed, juste d'apporter leur sensibilité sans tomber
dans le cliché. Et c'est déjà pas si mal.
[mg]
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Voir aussi : GSYBE, Mogwaï, Explosion in the Sky
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DOOMRIDERS
"Black thunder"
(reflections)
D'entrée, la mort, armée d'un éclair, nous accueille
sur un cheval ailé ! L'imagerie plante le décor, sans tricherie.
En effet, The Doomriders (side project d'un gars de Converge avec des
gars de Cast Iron Hike si je ne m'abuse) ne font pas dans la finesse et
nous livrent un bon vieux hard-rock des familles ! Mais attention, pas
celui en moulle-couille pour ados boutonneux… on parle ici de Motorhead
et Thin Lizzy avec notes à la tierce et gros riffs à l'appui…
les gars ne sont pas là pour rigoler (quoique) et plonge dans le
chaudron avec les deux santiagues ! Ajoutez une ambiance plus sombre à
la Entombed, et vous risquez de vous prendre pour un vrai biker ! Quelle
blague !
[mg]
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Voir aussi : Motorhead, Entombed, Thin Lizzy
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EL
ROYCE
"R"
(novatrax)
Après le clin d'œil à Foo Fighters de la pochette,
on découvre un rock certes bien musclé, et mélodique,
mais pas si conventionnel que cela. Pour exemple, le chant des trois premiers
titres, et principalement sur "All Over Now" (oublions le dernier
essai en français), nous rappelle légèrement celui
des excellents Bananas at the Audience, en plus mélodique peut-être.
Du coup, leur rock noisy gagne en ampleur et ne finit pas dans les oubliettes
de positive rage. On ne peut nier que ce mélange de power pop,
de hardrock (les riffs efficaces) et d'épices noisy, sans être
incroyable, est plutôt réussi. Le groupe ne prend pas trop
de risque (attention à ne pas lasser) mais assure le coup. Les
reprises du premier titre sont par exemple d'une belle efficacité.
Quel dommage de finir sur un titre décevant comme "Plus rien"
(en français) qui a faillit me faire effacer purement et simplement
cette chronique ! Mais, non, le trio sait aussi pondre du bon tube, toute
guitare en avant (la batterie n'étant pas toujours des plus intéressantes).
Alors pour les amateurs du genre, ce n'est pas tous les jours qu'on peut
entendre les Bananas at the Audience jouer du Dead Pop Club (désolé)
!
[mg]
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Voir aussi : Bananas at the Audience, Dead Pop Club, Foo Fighters
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V/A
"Grandiose stories"
(motoneige / eliott's bike)
La compilation cdr a ses inconvénients et ses qualités.
Le défaut, c'est qu'en général, on ne l'écoute
qu'une fois ou deux, mais l'avantage c'est qu'on peut découvrir
certains groupes. Édité par le micro-label Motoneige, dont
nous avons déjà parlé sur ce site, et par le défunt
mini-tourneur Eliott's Bike, ces Histoires Grandioses passent
en revue divers groupes plus ou moins obscurs, qu'ils évoluent
dans l'electro-pop (code, motenai, saycet), la power-pop écœurante
(curtiss, a red season shade), la noise diverse (looking for john g, revok,
jordan), l'emo français (belle epoque), la folk (h burns, warren
worthington) ou autres… Comme toujours avec les compilations, il
y a à boire et à manger (mais pas d'inédits à
ma connaissance), selon les goûts et les limites de chacun, mais
à quelques exceptions près, le disque s'écoute et
fait surtout un petit aperçu certes limité mais sincère,
d'une scène qui n'a pas toujours beaucoup d'échos au sein
des fanzines et des magazines…
[mg]
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