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AKIMBO
“Forging Steel and Laying Stone”
(Alternative Tentacles)
C’est l’histoire d’un mec qui, un soir de concert à
Seattle, propose au groupe de première partie de sortir leur nouvel
album sur son label. Merci JLO de continuer à entretenir cette
flamme. Car comme résultat, on tient bien une boule de feu avec
ce cd. Un punk/hardcore heavyvifiant voire stonergisant d’obédience
à vous brûler les neurones et à vous assécher
la gueule. On pense à Houston Swing Engine, Refused, Kepone (que
Mr JLO avait déjà lancé à l’époque),
Karp, Melvins…vous voyez mieux ? Bref, une formation qui s’active
efficacement à faire du rentre-dedans. Un quatuor au jeu compact
qui aime particulièrement breaker avec des plans sabbathiens d’où
certains relents seventies. Akimbo n’est pas un groupe avare en
idées. On ne s’éternise pas. On passe la vitesse supérieure
ou on rétrograde mais ça ne ronronne jamais. Les deux guitares
s’entendent bien et ne s’essoufflent pas. Tout comme cette
rythmique punchy plutôt classique mais assez jouissive. La deuxième
moitié de l’album est sans doute moins bonne que sa sœur.
Le chant gueulé est peut-être saoulant mais ça n’empêche
qu’on passe quarante bonnes minutes. Avec ce genre de nourriture,
la chauve-souris américaine la plus subversive n’est pas
prête de perdre des forces.
(ChrisA)
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Voir aussi : Houston Swing Engine, Melvins, Refused, Kepone
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FOR
MY HIBRID
"Highway 88 revisited"
(autoproduction)
Avec ce "Highway 88 revisited", For My Hybrid se place très
loin de Bob Dylan, mais très près d'une certaine école
Amphetamine Reptile / Touch'n'Go. Grosse artillerie en avant (très
bonne production), les nancéens n'ont pas à rougir devant
leurs homologues américains. Toute guitare dehors, les gars donnent
leur vision du rock'n'roll, et c'est plutôt du côté
noise que cela se passe. Avec une basse énorme en soutien, la guitare
brutalise la rythmique à grands coups de riffs hachés, puis
s'en va régulièrement titiller les nerfs avec perfidie…
il y a du boulot derrière tout cela, et pourtant les chansons vous
arrivent comme des pavés dans la gueule, dans une tradition bien
rock'n'roll. Le chant qui emprunte parfois aux Cramps ("rock your
body") et aux Stooges (version noise) n'y est pas pour rien. Mais
la référence majeure est encore une fois Jesus Lizard. On
les cite souvent, mais ils ont ouvert une autoroute derrière eux
en mixant à merveille l'énergie brute du rock imbibé
de whisky et d'une noise aventureuse. For My Hybride leur doivent sans
doute beaucoup car eux aussi mélangent, non sans un certain talent,
la folie, le rock gras et direct, et la déstructuration noise.
Et le tout est fait avec une efficacité à toute épreuve,
parfois peut-être au détriment d'un peu plus de finesse,
mais peu importe. For My Hybrid montre suffisamment d'atouts, que cela
soit les très bonnes digressions de la guitare ou les complexités
rythmiques, pour ne pas trop s'attarder sur les faiblesses de l'album
(un chant trop omniprésent ou quelques facilités lorgnant
vers le metal technique auquel j'adhère moins par exemple)…
Mais les gars s'en sortent avec les honneurs. Même le chant qui
peut parfois en faire beaucoup, arrive avec brio à relancer la
machine. J'apprécie aussi leurs morceaux mélodiques qui
orientent directement leur touché vers Fugazi. Cela faisait longtemps
que je n'avais pas entendu un album évoluant dans ce style aussi
efficace. Les gars ont réussi à garder ce côté
"tout fou" du jeune chiot, cette énergie sans temps mort,
ce qui n'est pas fréquent au niveau d'un album (mais qui peut aussi
usé)… Reste maintenant à ouvrir le champ d'action
pour ne pas tomber dans la redite (ce qui aurait sans doute été
le cas ici si l'album avait durer plus de 30 minutes). En attendant, profitons
de ce très bon premier disque qui montre tout le bon goût
de ces messieurs, et qui pourrait prendre la place laissée vacante
par le dernier album de Rye Coalition.
[mg]
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Voir aussi : Jesus lizard, Rye Coalition, Fugazi, Bananas at the Audience
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THE
THERMALS
“The Body, The Blood, The Machine”
(sub pop)
Parfois, la découverte d’un album se joue à peu de
choses. Pour “The Body, The Blood, The Machine”, ce fut le
nom de Brendan Canty (batteur de Fugazi, faut-il le rappeler…),
en charge de la production, qui fut prépondérant et me donna
envie de m’intéresser d’un peu plus près à
The Thermals. Grand bien m’en a pris ! Car cet album a finalement
été ma bande originale de l’été.
Si la section rythmique, certes dynamique, est assez basique, les guitares
sont quant à elles un réel atout pour The Thermals. Omniprésentes
et surtout variées, elles peuvent être mélodiques
et flirter avec un pop-punk cher à Knapsack voire Samiam ou plus
brutes, voire même rapeuses. Mais c’est bien le chant de Hutch
Harris, remonté et charismatique, qui porte littéralement
les morceaux et les fait parfois pencher vers l’émotion.
Notre homme a foi en ce qu’il fait et ça se sent. Cela donne
10 titres fort bien troussés mêlant énergie punk,
qualités mélodiques et grooves bien sentis. Un album très
recommandable.
[sullivan]
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Voir aussi : Knapstack, Buzzcocks, Samiam, Pavement, Pixies
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I
LOVE UFO
"wish"
(Record Makers)
Partis sur les pas de l'agent Mulder, les gars de I Love UFO auraient
donc le nez pointé vers les étoiles à la recherche
d'extra-terrestres… pourquoi pas. Pour le moment, en tout cas, malgré
une musique relevée et assez bruyante, le groupe bénéficie
d'un certain succès d'estime dans les médias. Les magazines
anglais vont même jusqu'à les encenser. Pourtant, les petits
français ne sont pas du genre spécialement bien éduqués.
"Happy Birthday", ovni brutalement chaotique d'une minute situé
au milieu de l'album, est là pour nous le rappeler. Derrière
quelques rajouts electro agréables dû au producteur (EdBanger/Skint),
l'énergie des guitares est bel et bien présente dans cet
album. Ça s'égosillerait même violemment par moment.
"Wish", le morceau d'ouverture représente à lui
seul l'identité du groupe : un riff hypnotique poussé à
l'infini, des divagations psychédéliques en fond, une approche
brute, un son sale, quelques voix scandés… Encore une fois,
nous sommes bien en face d'un groupe revenu aux délires eighties,
reprenant les évolutions post-punk de ces années là,
mais avec une poignée d'amphétamine bien tripantes…
Le troisième morceau, "Like in the Movies", nous plonge
dans le meilleur de l'époque, de P.I.L. (le chant) à Joy
Division (les chœurs)… Excellent moment, rageur et envoûtant.
Sans aucun doute ce que fait de mieux le groupe (avec l'excellent "Naked
Soul"). Heureusement toutefois, ces amateurs de petits hommes verts
ne plient jamais devant la facilité mainstream du revival post-punk
habituel (ou si peu). Certes, la mélodie est pop et le rythme entraînant,
mais I Love UFO garde intact son amour du rock noisy et direct. Quand
le groupe s'assagit, il retombe à la rigueur dans les boucles répétitives
du krautrock enfumé, loin de toute facilité radiophonique.
Les ambiances dissonantes gardent toujours une part belle du gâteau.
Bref, ce premier album nous montre un groupe talentueux, qui malgré
un style qui parle aux magazines ces derniers temps (allez savoir pourquoi),
ne semble pas avoir fait de réels sacrifices. Espérons juste
que cette rage bien perceptible ne soit pas un effet de style… et
souhaitons leur une belle montée sur orbite (mais attention au
mal de crâne lors de la descente).
[mg]
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Voir aussi : PIL, Joy Division, Steeple Remove
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TOOL
“10,000 Days”
(volcano/sony)
10 000 jours. Est-ce le temps nécessaire pour complètement
cerner et comprendre cet album? Avec ces 10 000 plans, ces 10 000 détails
et autres idées, il vous faudra une bonne centaine d’écoutes
pour percer les mystères de ces 11 titres en forme de poupées
russes démoniaques. Heureusement, le plaisir, lui, viendra plus
rapidement. On est en terrain connu ici. Tool will be tool. Pas de grosses
surprises. L’univers des 4 californiens est facilement reconnaissable
mais reste étonnamment fascinant. Malgré les multiples redites,
la magie continue à s’opérer. De par la qualité
des compositions, l’énorme talent des musiciens et du caractère
mystique de leur métal progressif, “10,000 Days” ravit.
L’intelligence comme maître mot pour effectuer ce mélange
parfait entre structures alambiquées et plans super catchy (“Vicarious”
et “The Pot”). Ou comment savoir faire triquer les aficionados
de pureté technique et faire chanter et headbanger les plus jeunes.
Pow wow (“Lipan Conjuring”), bruits expérimentaux (“Viginti
Tres”), instru (“Lost Keys”, “Blame Hofmann”),
longs morceaux calmes et atmosphériques (“Wings”, part
1 et 2), coups de boutoir (“Jambi”), Tool s’autorise
tout, jusqu’à même titiller leurs propres fans avec
un “who are you to wave your finger” sur “The Pot”.
Liberté totale. Champ artistique ouvert au maximum. Tool nous refait
le coup du “dans le style, on ne peut pas faire mieux et on vous
emmerde”. Rien à redire…même pas sur le visuel
et le packaging qui font encore de cet album une pièce unique.
La légende continue…
(ChrisA)
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voir aussi : King Crimson, A Perfect Circle
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TV
ON THE RADIO
“Return to Cookie Mountain”
(4AD / Touch’n Go)
Ils sont partout…et tant mieux alors pourquoi devrais-je rédiger
50 lignes sur la suite du déjà excellent “Desperate
Youth, Blood Thirsty Babes”? Pour vous dire que j’ai sans
doute trouvé mon album de l’année ? “Return
to Cookie Mountain” atteint des sommets. J’adore ce type d’ascension.
J’y retourne, excusez-moi.
(ChrisA)
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