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CONVERGE
"no heroes"
(Epitaph)
Ecouter un nouvel album de Converge ce n'est pas comme aborder le dernier
Sum 41. C'est forcément se faire du mal car ça sent le sang
tout de même...mais c'est aussi se faire du bien car les maîtres
et leur inspiration subtile nous mettent toujours les oreilles sens dessus-dessous.
Inutile de revenir sur les claques que le combo de Boston m'a infligé
avec 'Jane Doe' et 'you fail me', leurs précédents méfaits.
Comme d'habitude c'est un cœur palpitant enveloppé de barbelés
servi sur un plateau d'argent que Converge nous offre. Un organe thoracique
bien particulier car il comporte trois ventricules : un droit, un central
et un gauche. Hors du commun me direz-vous mais gardez à l'esprit
que ce groupe l'est. Dans toute sa splendeur ! Dès les premiers
morceaux, le ventricule droit palpite au rythme d'une mitrailleuse. Les
salves sanguinaires gorgées d'intensité comme 'hellbound',
'sacrifice' et 'no heroes' marquent les esprits. On comprend à
nouveau que Converge ne lâchera rien. Cette première partie
métallique confirme (était-ce bien nécessaire ?)
toute l'excellence instrumentale du quatuor. Arrive ensuite le noyau central
de l'album avec tout d'abord 'plagues', un morceau crasseux à souhait,
heavy as fuck. Du taillé pour la scène quoi ! 'Grim heart
/ black rose' enchaîne. Monstre à deux têtes qui expose
la voix mélodique de Jonah Jenkins (ex-Only Living Witness) avant
que Bannon n'arrache tout dans un final démentiel. 10 minutes impressionnantes,
touchantes et jouissives. Le coeur ne s'est pas franchement reposé.
Serré, griffé qu'il est. Le ventricule gauche n'est pas
en reste et distille un Converge plus hardcore. Chose remarquable, le
groupe change de son quand il veut. Il montre toute la palette de son
talent. La guitare de Kurt Ballou a tellement plus d'un tour dans son
sac...et le monsieur est un malin derrière ses consoles. Le chant
connait aussi des traitements différents en fonction des rendus
souhaités. Toute cette intelligence de jeu et de créativité
n'est pas forcément perceptible au premier abord mais elle existe
et c'est vraiment elle qui place ce groupe là où il mérite
d'être. Ai-je besoin de vous dire que des titres comme 'orphaned',
'lonewolves', 'trophy scars' et 'to the lions' expulseront les derniers
caillots de vie et de rage qui l'empêchent de bien fonctionner ?
Du coeur, du muscle, du rythme et des émotions. Pour tous les amateurs
de tachycardie eheheh... Immanquable une fois de plus.
(chRisA)
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TOKYO
SEX DESTRUCTION
"singles"
(overcome rds)
Après "5th Avenue South", le nouvel album des catalans
continue d'explorer l'univers balisé du garage néo-sixties,
avec une proportion de plus en plus importante de soul. Je sais, la recette
est connue, l'aspect socio-politique légèrement éculé,
mais personnellement, je trouve que le groupe possède quelques
atouts à faire valoir. Les Espagnols ont tout de même une
capacité très appréciable à faire sonner leurs
mélodies, et l'exercice de style consistant à piller les
groupes électriques des années 60 est plutôt bien
effectué.
A l'origine, les titres de cet album étaient disponibles sur internet
gratuitement, puis le groupe a décidé de les sortir sur
CD, et pour les collectionneurs, les titres ont aussi été
dispersés sur divers 45t à travers le monde (d'où
le titre). Est-ce le concept même de cet album qui a laissé
plus de liberté au groupe ? Car le quatuor s'est permis quelques
escapades plus ou moins concluantes. Leur rock sauvage et direct a même
eu tendance à se poser ici et là… Certains risquent
de faire la gueule à l'écoute du jazzy-lounge "Summer
days" ! Idem sur "when the shadows cross the river", même
si l'essai passe mieux. Rien à faire, les Espagnols maîtrisent
plus leur sujet quand il s'agit d'énergie et de danse frénétique.
Heureusement, l'auditeur aura de quoi combler ses attentes avec quelques
tubes assez typiques. On pourra même retrouver quelques influences
plus hardcore sur "your best friend is dead" !
Bref, si ce nouvel album n'est pas le plus direct du groupe, il n'en reste
pas moins appréciable. Les Tokyo Sex Destruction n'ont jamais eu
la prétention de sortir des chef-d'œuvres, mais leur énergie
continue de faire mouche. Et si la production parfois légère
et la diversité rendent l'ensemble moins percutant qu'à
l'habitude, son aspect brut permet aussi au groupe de toucher une autre
dimension des années soixante : la mise en danger. Enfin, les amateurs
seront heureux de voir figurer une reprise des excellents Music Machine
et Los Canarios.
[mg]
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Voir aussi : (International) Noise Conspiracy, Make Up, MC5
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THE
LORDS OF ALTAMONT
“To Hell With The Lords”
(fargo)
Le succès de “Lords Have Mercy” a incité le
label Fargo à sortir le premier méfait des Lords of Altamont
en France. Car s’il date d’il y a quelques années,
“To Hell With The Lords” n’avait paru qu’aux Etats-Unis
sur Sympathy For The Record Industry. La pochette est une nouvelle fois
un poème à elle toute seule et je ne résiste
pas à la tentation de vous la décrire : on y voit une
femme sculpturale toute de cuir vêtue tenant des chaînes au
recto et une horde de Hell’s angels sur des Harley Davidson au verso.
Bref, ces Lords jouent le jeu à fond et n’hésitent
pas à utiliser les clichés associés à ce genre
de musique.
Côté morceaux, on retrouve ce mélange hyper vitaminé
et accrocheur de punk-rock à la Ramones, de garage à la
Fuzztones et de rock’n roll à la Cramps. Certains morceaux
comme “Lean on Me” ou “Three” sonnent comme des
bandes originales de bonnes vieilles séries Z, on remarque que
l’orgue farfisa n’occupait pas encore une place aussi importante
que sur “Lords Have Mercy” et un harmonica enthousiaste fait
parfois une apparition endiablée. Bien sûr, le groupe jouant
la carte des stéréotypes jusqu’à plus soif,
les riffs ne sont pas des plus originaux et cet album n’offre pas
de grandes surprises. Mais il faut avouer qu’un petit “To
Hell With The Lords” de temps en temps, ça fait du bien par
où ça passe.
[sullivan]
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Voir aussi : Fuzztones, Cramps, Ramones, The Stooges
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GANTZ
"la chambre des morts"
(Krawa / Impure Muzik / Radar Swarm / Heart
on Fire)
Bon je dois avouer qu'aux premières écoutes de 'la chambre
des morts', j'éjectais le cd au bout du troisième morceau.
Une ressucée heavy post hardcore....bien tendance. Isis, Neurosis
et consorts en ligne de mire. Et ce screamo 'chiale-ta-vie', 'crève-ton-existence'
difficile à supporter quand on n'a pas envie de donner dans le
suicide collectif. Mais les dés ne pouvaient pas être aussi
vite jetés. En effet, ce ne serait pas rendre justice à
ce travail cathartique très chiadé qui vaut ce qu'il vaut
(peut pas aimer qui veut) mais qui s'impose comme une production ambitieuse
et réussie. Disque éprouvant mais intelligemment construit
avec ses plages plombés et ses bouffées d'air instrumentales.
On sent une application sonore et technique apportée à chaque
morceau. Une sensibilité à fleur de peau lâchée
dans chaque riff, dans chaque arpège, dans chaque montée
libératrice. Il y a de la cohérence dans la puissance, dans
la noirceur, dans la lourdeur des propos. Cet album cherche la lumière
et il la trouve parce que ses compositions sont tout sauf la maladresse.
Parce qu'elles transpirent une sincérité musicale et artistique
qui, malgré l'exercice de style (éculé ?) reste
très touchante. Contrairement à beaucoup d'autres groupes
français, Gantz ne vise pas à forcer le trait. Ils tiennent
à être juste. Et ça, c'est déjà énorme.
Dans cette chambre, chaque cadavre est bon à vivre… je vous
laisse alors la porte ouverte ? (chRisA)
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Voir aussi : Year Of No Light, Mihaï Edrisch, Isis, Neurosis
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A
HAWK AND A HACKSAW
“The Way The Wind Blows”
(leaf)
Décidément, Leaf cultive le sens du décalage, s’ingéniant
à sortir des sentiers battus, et parfois rebattus par ses collègues.
Après avoir démontré son goût pour la musique
expérimentale et jazzy avec Triosk ou Adrian Klumpes, le label
anglais sort cet album étonnant du duo A Hawk and a Hacksaw.
“The Way The Wind Blows” prouve que Jeremy Barnes et Heather
Frost ont envie d’ailleurs. Un ailleurs qui se situe en Europe centrale,
non loin des Balkans. Armés de leur accordéon et de leur
violon, ils donnent vie aux divers courants musicaux de cette région.
S’ils proposent des compositions bien personnelles (un seul morceau
reprend un air traditionnel), les rythmes, le chant et le ton assez mélancolique
de morceaux comme “Fernando’s Giampari” ou “Gadje
Serbia” nous emmènent au beau milieu d’un camp Rom.
Et avec ces cuivres dynamiques, on n’est parfois pas très
loin des films de Emir Kusturica et de leurs bandes originales signées
Goran Bregovic. On y retrouve notamment l’esprit tsigane, mélange
de tristesse et de rythmes festifs entraînants.
Pourtant, l’approche de A Hawk and a Hacksaw est sensiblement différente
puisque l’instrumentation est souvent plus dépouillée
et intimiste : le plus souvent un accordéon et un violon sur
une rythmique basique et le chant touchant de Barnes. Et parce que leur
musique est ouverte à d’autres influences. Comme la musique
Klezmer avec la clarinette de “God Bless The Ottoman Empire”
ou le morceau “The Sparrow”. Ou des passages plus classiques
comme sur “Oporto” qui fait penser à Yann Tiersen.
Un melting-pot musical fort dépaysant !
[sullivan]
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Voir aussi : Goran Bregovic, la musique Klezmer, Yann Tiersen
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SPARKLEHORSE
“Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain”
(capitol)
Mark Linkous est du genre à prendre son temps. Car notre homme
n’aime rien moins que de ciseler et façonner ses morceaux
avec l’amour d’un artisan. 5 ans que l’on n’avait
plus eu de nouvelles de la tête pensante de Sparklehorse mais ça
valait la peine d’attendre. Car si elle trouve ses racines dans
la pop (l’album s’ouvre d’ailleurs sur “Don’t
Take My Sunshine Away”, sorte d’hymne beatlesien moderne),
cette musique s’ingénie à bousculer, voire à
maltraiter ses influences, flirtant parfois avec la folk, le lo-fi ou
le rock.
Proposant des arrangements très travaillés (ici un violon,
là des synthés très années 70 vus dernièrement
chez Granddaddy, ailleurs des samples de guitares), “Dreamt For
Light Years…” privilégie une chose : l’ émotion.
Que les morceaux soient intimistes (comme “Return To Me” ou
“Getting It Wrong”) ou plus orchestrés (“Mountains”
ou “Knives Of Summertime”), ils ont la même capacité
à toucher (exceptés 2 ou 3 titres plus convenus), le chant
habité et fragile de Linkous n’y étant pas étranger.
A côté des tubes en puissance que sont le déjà
nommé “Getting It Wrong” ou “Shade And Honey”,
Linkous a le bon goût de parfois changer tempos et humeurs comme
avec les plus enlevés et noisys “Ghost In The Sky”
ou “It’s Not So Hard”. Pour boucler la boucle, ce joli
album volontiers mélancolique et sombre se clôt sur un magnifique
“Dreamt For Light Years”, long et triste à souhait.
[sullivan]
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Voir aussi : Granddaddy, The Beatles, Sebadoh
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