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THE
GOOD GOOD
"furrows"
(menlo park)
Derrière un pseudonyme qui a le mérite de retenir l'attention,
ce duo New Yorkais nous pond là un album frais et personnel. Rien
de brillant ou de tape à l'œil ici, mais cet album sent à
plein nez le bon vivre ! L'univers de The Good Good se construit autour
de comptines enfantines, de pop étrange, de bordel organisé,
de jazz maladroit et de chaleur humaine. Un titre comme "Clouds"
donne inévitablement envie de danser alors que d'autres poussent
à l'évasion… les parties viennent, puis repartent
sans réelles structures… la construction se mélange…
Les New Yorkais évitent le consensuel, le propre sur lui…
On respire, on vit. La voix féminine nous enivre… On se croirait
en répétition, à côté d'eux. On sent
presque leur odeur. On ouvrirait d'ailleurs bien une bonne bouteille de
vin (désolé pour nos amis Straight Edge), ça sent
le convivial cette histoire ! J'aime bien cette démarche un peu
bordélique, mais toujours avenante. On y retrouve un peu de l'esprit
qui anime Deerhoof par exemple, voire un quelque chose des Slitz ou des
Raincoats… Évidemment, parfois, le disque se perd, mais on
ne s'en préoccupe guère, car quand la mélodie rentre
vraiment, on est heureux de ne pas l'avoir eu trop facilement… et
on en redemande ! Une jolie découverte dont on se lassera peut-être
mais qui nous aura fait passer un excellent moment…
[mg]
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Voir aussi : Deerhoof, The Slitz, Raincoats
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www.collectalltheleaches.com |
BANANAS
AT THE AUDIENCE
“Into The House Of Slumber”
(S.K.)
“Into The House Of Slumber” serait-il l’album de la
maturité pour les Bananas At The Audience? En tout cas, force est
de constater que les lyonnais ont ici trouvé un vrai équilibre,
une réelle osmose. Car à l’image des titres qui s’entremêlent
au dos de la pochette (très réussie d’ailleurs), la
musique de ce quintet est le fruit (forcément…) d’un
savoureux mélange. Bien sûr, on sent que Condense a vraiment
marqué le groupe. Il partage avec le grand frère gone la
même envie d’en découdre, les mêmes aspirations
punk-noises, la même rage dans le chant comme sur “Into The
House Of Slumber” ou “H. R Project”. Mais les Bananas
y ajoutent ce je-ne-sais-quoi d’imprévisible et d’insaisissable,
un vent de folie qui souffle sur leurs morceaux et leur donne un côté
free qui les fait aller là où on ne les attend pas. On pense
à ces breaks impromptus, au chant délirant sur la fin de
“Naked” ou à “Deep Down” et “Not
Physically but Metaphysically”, sortes d’interludes philosophiques
qui calment le jeu avant la reprise des hostilités. Enfin, il y
a aussi ces passages emo-punks, parfaits contre-points à la fureur
précédente, que l’on dirait hérités
de Sixpack (je sais, comparer des lyonnais à des stéphanois,
c’est pas malin…). Les guitares se font alors plus mélodiques
et le chant plus touchant.
C’est ce que l’on aime chez ce groupe : cette capacité
à constamment surprendre l’auditeur, à prendre un
malin plaisir à le prendre à contre-pied, à bousculer
puis à toucher, à rentrer dans le lard avant d’émouvoir.
Bref, vous l’avez compris, “Into The House Of Slumber”
est un régal d’album qui devrait permettre aux Bananes de
carrément flamber !
[sullivan]
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Voir aussi : Condense, Sixpack, Loisirs
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> disque
disponible dans notre boutique
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ISIS
"in the absence of truth"
(Ipecac)
Que cache ce cocon de bandelettes au centre d'une pochette surprenante?
Pour curieux que nous sommes, il doit s'agir d'une invitation. Tirer sur
chacune d'elles, comme les neuf morceaux que contient cet album, pour
que l'ensemble se défasse et révèle ce qu'il possède
en son centre éblouissant et aveuglant. Mais qu'y verrons-nous?
Uniquement ce que l'on est prêt à voir ? Ou plus ? Le nouveau
Isis est un bijou comme pouvaient l'être 'Oceanic' et 'Panopticon',
leurs précédentes productions. Sauf, qu'on a fermement la
conviction maintenant que chaque nouvelle pièce minérale
brille un peu plus. Que le travail de polissage est toujours plus soigné,
à la lumière de nouveaux desseins. La bande du Maître
Aaron Turner ne surprendra qu'en montrant un visage plus 'toolien' que
jamais. En mettant enfin en valeur l'excellent jeu du batteur, percussionniste,
Aaron Harris. Et en affichant une qualité de maturation musicale
et artistique toujours plus impressionnante. Isis s'applique à
cultiver son identité et, en même temps, à se renouveler
pour confectionner d'autres sensations. Compositions subtiles difficiles
à apprivoiser, incroyablement riches de par tous ces détails
techniques, dotées d'une puissance émotionnelle à
angles variables. Inutile d'étiqueter ce formidable album qui place
le groupe californien devant tout le monde, soi-disant dans une catégorie
qui, à ceux qui veulent bien le croire, n'aurait plus rien à
dire. En l'absence de vérité...rien n'est vrai...tout est
permis. Je pensais avoit fait le tour du travail d'Isis et voilà
qu'avec ces neuf nouvelles perles je me laisse à pénétrer
encore un peu plus au coeur même de ce qui fait tout le grand art
de ce groupe. Ce coeur même est peut-être à l'image
de cette pelote dorée. Si vous libérez la première
bandelette...vous ne retiendrez plus rien… pas même vos larmes.
Passionnant!
(chRisA)
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Voir aussi : Tool, Pelican, Neurosis
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www.isistheband.com |
MOGWAÏ
“Zidane, A 21st Century Portrait”
(pias)
Une poignée de mois seulement après la sortie du remarqué
“Mr Beast”, voici que débarque ce “Zidane, A
21st Century Portrait”, musique accompagnant le film expérimental
tourné par Douglas Gordon et Philippe Parenno dont les caméras
ont suivi pendant 90 minutes leur seul et unique acteur : Zidane.
Parfois, pour les bandes originales, les réalisateurs piochent
dans l’œuvre d’un groupe pour y choisir les morceaux
qui leur conviennent. Ce n’est pas le cas ici puisque les 10 titres
ont été tout spécialement composés pour ce
projet. Et l’écoute des premiers morceaux nous rappellent
rapidement que l’on a bien affaire à une commande et que
Mogwaï a donc dû respecter un cahier des charges précis.
Certaines exigences, comme la durée des pièces musicales,
ici étonnamment courtes et calibrées (souvent autour de
4 minutes) ne sont peut-être pas des plus gênantes. Il y en
a, par contre, une qui l’est beaucoup plus : il semble bien
que l’on ait demandé à nos écossais de se passer
de leurs pédales de distorsion et d’éviter leurs coups
de sang habituels. D’où l’impression d’écouter
un Mogwaï bridé, jouant avec le frein à main serré
et rappelé en quelque sorte à la raison. Oh ,bien sûr,
les fans pourront toujours trouver ici ou là de quoi faire leur
bonheur car l’on retrouve bien entendu ces atmosphères mélancoliques
à souhait brossées à coups de nappes de synthés
et de jolis arpèges. Mais Mogwaï, ce n’est pas que ça !
C’est aussi la folie et la fureur, l’imprévisible et
l’inattendu. Voilà pourquoi ce “Portrait” light
est des plus frustrants.
[sullivan]
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Voir aussi : le post-rock sage
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BECKFORDS
"s/t"
(cdr / das büro)
Trois petits titres de présentation pour ce nouveau groupe installé
dans la capitale. Ça commence assez bien avec une noise posée,
deux guitares bien foutues, de bonnes idées… oh, ces gars
doivent avoir quelques références communes avec celles de
Positive Rage ! Les idées sont bonnes, voire très bonnes,
les plans laissent prévoir le meilleur, mais on manque tout de
même un peu de chaleur, de folie, d'humanité. L'absence de
chant sur le premier titre n'y est peut-être pas pour rien. Le deuxième
titre, plus relevé, confirme le talent du groupe, bonnes trouvailles
de guitares, à mi-chemin entre noise mélodique et émo
haute-volée… et le chant redonne un peu de passion. Enfin,
le troisième et dernier morceau durcit encore le ton avec son riff
très Helmet-ien. Assez classique mais bien foutu. Voilà
une démo qui laisse présager d'excellentes choses pour l'avenir.
Pour le moment, c'est bon, mais on sent qu'ils n'ont pas encore été
au bout du truc. Les gars nous prouvent ici qu'ils savent atteindre des
sommets, mais les morceaux n'ont pas encore la puissance de chaque plan
pris séparément. On sent peut-être l'ensemble un peu
trop scolaire, mais dès que le carcan sera un peu déformé,
les gars risquent de nous pondre un album vraiment réussi. A suivre
de près donc.
[mg]
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Voir aussi : Helmet, Prohibition
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BEIRUT
5
"a machinic exodus"
(Salvation/Ch)
Quand on vous dit 'trio japonais avec un chant féminin' vous avez
peut-être le réflexe de...prendre la fuite. Pourtant la musique
de Beirut 5 est parfaitement fréquentable. Extravertie, vindicative,
habitée. Trois adjectifs pour vous convaincre de lire la suite?
Le trio pratique un rock totalement débridé (influences
punk rock, un parfum de Chicago sound, un son de guitare parfois à
la Shellac ou à la Jesus Lizard comme cette basse ronde), truffé
de sonorités électroniques amenant ainsi leurs compositions
à tutoyer l'electro-noise, le rock dansant et le dub. L'excellent
instrumental du même nom que l'album est un exemple probant qui
peut nous faire aisément imaginer ce que sont les manifestations
electro-dub politisées organisées par le groupe. Celui-ci
réussit le pari de trouver les bonnes doses, le bon équilibre
pour qu'aucun des nombreux éléments qui structurent leurs
morceaux ne prenne trop d'espace. 'End of violence', 'boy division', 'distance
no resistance' sont des petits concentrés de rock bien entraînant,
original et avec un soupçon pop non négligeable. L'album
ne cesse de surprendre. Il nous amène là où souvent
on ne l'attend pas. C'est ce qui s'appelle avoir de la suite dans les
idées. L'album se termine avec 'Mars on earth', un remix rafraîchissant
aux couleurs des Spaceheads. Bien malin celui qui devinera la tonalité
du prochain album de ce trio d'Osaka....tellement ça bouillonne
d'idées et de liberté. En attendant, penchez-vous sur cette
réalisation...elle vaut le coup. (chRisA)
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Voir aussi : Shellac, Jesus lizard, Spaceheads, Blood Brothers
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www.beirut5.com
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BRIGHT
EYES
“Noise Floor”
(saddle creek)
Après quelques années de carrière, le baladin indie-folk
qui se cache derrière Bright Eyes a décidé de sortir
une compilation de morceaux difficilement trouvables dans le commerce
: reprises, collaborations, titres sortis sur des singles ou mêmes
inédits s’étalant sur une période allant de
1998 à 2005.
Comme souvent avec ce genre d’exercice, l’inspiration et l’humeur
varient d’un titre à l’autre : parfois voisin
d’un americana assez peu original, comme avec “Seashell tale”,
Bright Eyes se rapproche à d’autres moments, de par sa mélancolie,
d’un Will Oldham. Il sait également se faire plus nerveux,
un peu à la façon de Modest Mouse (“Drunk Kid Catholic
”) et peut même rappeler 16 Horsepower ici ou là (comme
sur “Devil Town”).
Cette façon d’auberge espagnole musicale s’avère
en tout cas plutôt sympathique : on y trouvera, c’est
vrai, quelques morceaux un peu trop prévisibles et convenus mais
aussi 2 ou 3 pépites inventives qui valent le détour.
[sullivan]
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Voir aussi : Neil Young, Will Oldham, Modest Mouse, 16 Horsepower
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LOBSTER
KILLED ME /
NECKHOLE / NOTHING MORE
"s/t"
(chanmax)
Bon, c'est vrai qu'en général, les groupes qui font du punk
hardcore mélodique aujourd'hui, je m'en méfie… Je
préfère souvent revenir aux groupes des années 80
avant que le skate-core façon Fat Wreck fasse tant de ravage. Et
pourtant, avec les parisiens de Lobster Killed Me, je suis près
à y croire à nouveau ! C'est ce qui m'a fait me pencher
un peu plus sur ce split. Trois formations siamoises se partagent la place
: Lobster Killed Me donc, dans lequel les spécialistes seront heureux
de retrouver des anciens Schlitz ; puis Nothing More, grand représentant
du hardcore melo des années 90 ; et Neckhole qui fait le pont entre
les deux formations puisque composé, entre autre, du guitariste
de Lobster (au chant) et du guitariste de Nothing More (à la guitare).
Le disque commence avec Lobster killed Me, et son chant bien classe. Sans
aucun doute mes petits préférés ; on se croirait
revenu fin 80 avec une touche mélodique vraiment agréable
(angry samoans et dag nasty ne sont pas si loin), et un petit truc qui
évite de tomber dans le mélo pur et dur… Au maximum,
ça sent le Snuff, mais on reste dans le bon goût. La culture
est bien punk, c'est direct, mais fin, et comme avec les Schlitz, les
gars donnent envie de croire à nouveau dans le punk mélodique
! Neckhole continue dans la même lignée… c'est bien
foutu, le chant, dans un style plus classique, tient bien le truc. Ça
roule, même si tous les morceaux ne sont pas du même standing.
Puis Nothing More reviennent vers ce qui me gonfle dans le genre…
on n'est pourtant pas très loin des autres, mais avec un côté
mélo plus poussé, des rythmes speed plus linéaires,
et une impression de s'ennuyer ferme. Les amateurs de hardcore mélodique
s'y retrouveront sans problème, car les gars maîtrisent le
truc, mais, perso, je décroche. Et encore, je ne parle pas de leur
essai en français. Comme quoi, tout est une question d'équilibre
!
[mg]
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