NO MEANS NO
"all roads lead to Ausfahrt"

(AntAcidAudio)
Inutile de présenter ce trio légendaire canadien qui, depuis plus de vingt ans, libère ce punk rock branque et hilarant. Leur marque de fabrication: une batterie folle, une basse folle, des textes allumés et caustiques, un chanteur fou et une guitare...bah à l'image de tout ça ! Ah si les AOC existaient en musique... On sait que les dernières prestations scéniques du groupe en Europe ont prouvé que la bande à Rob n'avait rien perdu de sa superbe mais qu'en est-il de cet énième album? Un 'wake up' braillé et démoniaque dès les premières secondes nous met vite dans le bain. La gouaille. Gorge déployée. Barouf punk et cet humour toujours suintant dans les textes, dans l'interprétation, dans ces riffs mélodiquement cartoonesques. L'angle choisi et chéri sur cet album, comme sur les autres, fait que No Means No est et restera le seul groupe punk qui me fait rire avec talent ('Mr in between', 'faith', mondo nihilissimo 2000'...) très souvent les No Means No se cachent derrière les Hansons Brothers (l'hommage du trio aux Ramones) et vice versa. Ca donne des morceaux simples, bien rythmés ('in her eyes', 'so low', 'slugs are burning'...) facilement chantables et sifflables sous la douche. Ca ne mange pas de pain. Je reproche encore au groupe de coller un peu trop près au format chanson traditionnel (couplet-refrain-break-refrain)...là où justement on attendrait d'eux un peu plus de folie. Ce nouvel album ne sera pas un chef-d'oeuvre de la trempe de 'Sex Mad', 'Wrong', 'Why do they call me Mr Happy?' ou du sous-estimé 'The Worldhood of the world' mais il témoigne d'une belle santé et d'un état d'esprit hors du commun. The hawk killed the punk..yeah right. Tous les chemins mènent à.... Rome n'a jamais existé sur leurs cartes. Toujours super agréable. No Means No rule!
(chRisA)

••• Voir aussi : Minutemen, Hanson Brothers

 

 




www.nomeanswhatever.com

SINCABEZA
"edit sur passage avant fin
ou montée d'instrument"

(distille)
Attention, sortez les calculettes, les meilleurs mathématiciens de Bordeaux sont de retour ! Je sais qu'ils m'en voudront de commencer ma chronique ainsi, mais le trio ne pouvait en attendre moins en nommant ainsi leur nouvelle livraison. Sincabeza complexifient, triturent, démontent, remontent, multiplient, divisent… Mais les bordelais savent le faire avec inspiration et honnêteté, sans artifices, et c'est ce qui les rend attachants. Dès le deuxième morceau, "dimanchemartin", leur labyrinthe nous entraîne vers un groove plaisant, l'intellectualisme des structures se dilue dans le plaisir… Ce "edit sur passage blah blah blah" reste un album mental, réfléchi, mais ceux qui ne sont pas allergiques au style y découvriront de la sensibilité, et une finesse qui permet aux morceaux de ne pas tourner en rond malgré l'utilisation de boucles répétitives. On notera notamment ces petits moments contrôlés qui laissent échapper la pression qu'impose leur (post) rock instrumental et technique… On succombe à "Bandit manchot" par exemple… Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, Sincabeza n'a jamais été aussi compliqué que sur ce nouvel album ; je sais que certaines parties, par manque de puissance, ou par excès de complexité, risquent de faire mal au crâne à certains… peu importe, l'album se tient, proposant un travail d'orfèvre, et je ne demande qu'à voir sur scène ce que cela peut donner.
[mg]

••• voir aussi : don caballero

 

 





www.sincab.com

THE TALL SHIPS
“Paint Lines On Your Glasses Look Up
At The Stars And Play Them As Notes”

(minority records)
Vous ne vous êtes jamais remis de l’arrêt de June Of 44 ? Je vous conseille alors de vous pencher sur le cas de cet excellent album qu’est “Paint Lines…”.
Regroupant des membres de Glendale, Cole, Kerosene 454 et Channels, The Tall Ships partage le même goût pour une noise calme et ouvragée prête à se tendre si l’occasion se présente. Les jolis arpèges peuvent alors être pris d’une douce folie et se faire un peu violence. Mais l’originalité de The Tall Ships est ailleurs : elle réside dans ces structures de morceaux ouvertes et libres et ce je-ne-sais-quoi de jazzy, que l’on sent dans le jeu et les effets des guitares ou certains breaks, qui rapproche un peu plus ce groupe de la bande à Jeff Muller (en passant, notre homme n’a-t-il d’ailleurs pas sorti un album sous le nom de The SHIPping News ?) ou même, ici ou là, de The Sorts. Sans toutefois les copier car The Tall Ships a une personnalité propre bien affirmée qui donne de vrais moments de bravoure comme “Deconstructing Company”, “The Sound Of Shaking” ou le très Modest Mouse “Repeat The Pattern”.
L’ensemble, assez atypique désormais, a beaucoup de charme.
[sullivan]

••• voir aussi : June Of 44, The Sorts, Modest Mouse, Shipping News

 





NO NEBRASKA!
"serves:6"

(autoproduction)
Nouvel arrivage en provenance de Berlin pour ce trio américano-français dont nous vous avons déjà causé. Après une première démo qui installait agréablement le décor (malgré un son un peu confus), voici que les trois expatriés imposent définitivement leur style. Quel style ? Difficile à dire, surtout après avoir partagé dix jours de tournée à leurs côtés (au moins, les choses sont dites, personne ne pourra se plaindre de "copinage" !!!)… Mais prenons les choses à l'endroit. Revenons à la composition du groupe : une guitare inventive empruntant autant à Fugazi qu'à The Ex, une batterie post-punk aux rythmiques syncopées, le tout soutenue par l'originalité d'une clarinette-basse, d'ailleurs mis plus en avant sur cet enregistrement que sur le précédent, et ce à juste titre (la clarinette basse apportant beaucoup de personnalité au groupe). Le résultat propose donc six recettes de cuisine végétarienne écrite en allemand… oupps, ça, c'est ce qui est proposé dans la jolie pochette sérigraphiée, mais côté musique, ces anti-Nebraska (pas très gentil pour les habitants du Nebraska ça), nous livrent une sauce piquante prenant autant au post-punk dansant, au rock noisy de Fugazi, qu'à une certaine mélancolie du post-rock (hummm, la clarinette basse)… Sur scène, le son timide de l'enregistrement s'évapore, et les morceaux oublient leur dimension "sage" pour véritablement se lâcher… On y découvre alors l'humour du groupe et l'énergie positive et bruyante qui en découle. Un moment que je conseillerais à tout le monde ! En attendant, n'oubliez pas que six recettes vous attendent à l'intérieur de la pochette ; enfin, pour ceux qui causent allemand et qui seraient tentés par un "Russischer Zupfuchen" !
[mg]

••• Voir aussi : Fugazi, The Ex

 




nonebraska.nostate.net

POP LEVI
"The Return to form Black Magick Party"
+ "Blue Honey"
+ "Sugar Assault Me Now"

(counter rds)
Bon, c'est vrai qu'en à peine un mois, on en a bouffé du Pop Levi dans les bureaux de Positive Rage ! Un album, deux maxi et un DVD ! C'est ce qu'on appelle de la promo ou je n'y connais rien ! Et pourtant, dès le premier maxi, "Blue Honey", j'ai succombé. Impossible de résister. Je ne sais pas si Pop Levi joue une pop d'inspiration juive, comme voudrait le laisser présager son nom, mais, T-Rex, Led Zeppelin et Bob Dylan ont pour sûr dû passer en boucle sur sa platine. Le garçon, qui a officié dans Super Numeri (rock) et Ladytron (electro clash), remet au goût du jour, avec boite rythme et grosse basse dansante, tout le style des sixties et seventies. On y retrouve le même sens mélodique que chez les maîtres précités, la même fibre psychédélique, sans pour autant se perdre dans le pur plagia. Bien entendu, Pop Levi ne fait pas dans l'innovation, mais il maîtrise son domaine, en évitant soigneusement le pompeux, le propre sur lui, ou le surfait electro-clash. Juste de bonnes chansons, à l'énergie foncièrement rock. Bien entendu, à l'instar d'un White Stripe, le projet de Pop Levi en énervera plus d'un, avec ses mélodies vocales parfaitement posées, ses basses puissantes, son style accessible, et ses clichés d'un autre temps… Mais peu importe, on ne peut nier un talent évident qui se moque bien de l'élitisme arty, et qui devrait plaire aux amateurs du style.
[mg]

••• Voir aussi : Led Zeppelin, T-Rex, Lenon, Syd Barett, Bob Dylan, Eagles of Death Metal (et un peu l'electro-clash)

 




PROSPERR
"Black Museum"

(a tant rêver du roi)
Pour un premier album, Prosperr nous livre ici une noise rock plutôt bien ficelée. Si le groupe refuse comme beaucoup de se risquer au chant, leur vieille culture noise tient bien les morceaux. A l'écoute de leur musique, on dirait que ces gars possèdent quelques références communes avec Positive Rage ! Oh, le trio n'a pas besoin de citer Shellac dans sa bio pour qu'on reconnaisse leur goût prononcé pour la bande à Albini, mais Prosperr garde son identité rock. Ça retombe ici ou là dans des ambiances plus posées, mais en général, le groupe garde son envie d'en découdre, finement certes, mais d'en découdre tout de même. Le soleil de Pau d'où le groupe est originaire arrive même à faire swinger quelques titres noisy… Et comme du côté de Marvin, le trio ne s'économise pas sur les rythmiques lourdes inspirées du hard-rock ; à d'autres moments, comme Man or Astroman, ils se lâchent sur les envolées surf. Dommage qu'il n'y ait pas de chant, ça ajouterait une couleur plus personnelle au groupe. Bon, on peut tout de même regretter l'aspect un peu classique de leur création (trop bon élèves les amis), mais, en attendant, Prosperr rejoint le wagon des groupes français à surveiller.
[mg]

••• voir aussi : Shellac, Marvin, Unwound

 






MATT ELLIOTT
“Failing Songs”

(Ici d’ailleurs)
Dés les premières notes de “Our Weight In Oil”, l’auditeur se sent en terrain connu. Et pour cause, puisque “Failing Songs” poursuit la trilogie entamée avec le magnifique “Drinking Songs” sorti en 2004. Matt Elliott continue donc son voyage au cœur des musiques slaves, façon pour lui de partir à la recherche de ses racines. Instruments à cordes, guitares, chant habité ou piano tendent vers un seul et même but : capter un peu de l’esprit, de la mélancolie propres à l’Europe de l’est.
L’effet de surprise ne joue plus, bien sûr, pourtant ce folk sombre et délicat fait une nouvelle fois mouche. Difficile en effet de ne pas être touché par ces jolis arpèges, ces violons tristes ou le chant envoûtant de Matt Elliott qui transcende véritablement les morceaux.
“Failing Songs”, s’il n’atteint pas la qualité de “Drinking Songs”, reste néanmoins un très bel album. En décidant de ne plus se réfugier derrière le nom et les machines de The Third Eye Foundation, Matt Elliott a en même temps accepté de se dévoiler, de mettre ses émotions, sa fragilité en première ligne. On ne le regrette pas.
[sullivan]

 




   

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