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ANTELOPE
"Reflector"
(Dischord)
En février 2004, alors qu'El Guapo s'est mué en Supersystem
lors de leur passage chez Touch'n'Go (ils y laisseront malheureusement
beaucoup de leur talent), nous découvrons, plus qu'heureux, The
Antelope, trio post-punk qui sort alors un EP 2 titres fabuleux chez Dischord.
On y retrouve l'approche bancale de El Guapo, les mêmes mélodies
étranges, la même inspiration, mais le clavier a été
remplacé par une guitare, rendant The Antelope définitivement
plus post-punk que pop. Ce n'est donc pas une surprise de retrouver dans
le trio Justin Moyer de El Guapo. On se met à rêver en attendant
l'album. La version rock de El Guapo, enfin ! Alors, quand celui-ci arrive,
imaginez mon excitation. Dès le premier titre, on y est : ces plans
typiques, ce groove cassé, ces voix identifiables… Justin
Moyer possède vraiment un style identifiable entre mille. Malheureusement
le château de cristal ne va pas mettre longtemps à s'écrouler…
J'aurais dû m'en douter, les comptes merveilleux ne servent qu'à
endormir les enfants ! Oh, The Antelope ont bien cette touche de génie
discret, et nous pondent tout au long de cet album des plans tous plus
inventifs les uns que les autres (avec cette fameuse influence zouk dans
certaines rythmiques !)… Mais, malheureusement, les dix titres
de l'album s'enchaînent comme dix plans répétitifs
posés là. Le trio reprend la méthode minimaliste
de Lungfish et l'adapte à une musique plus légère,
moins oppressante, et moins apte à la transe. Un plan par chanson
qui se répète en boucle. Le résultat retombe à
chaque coup, ou presque. Chaque plan est génial mais demande une
vraie chanson derrière, des changements, une intro, une fin ou
je ne sais quoi encore. A l'inverse de Lungfish dont on retrouve une influence
flagrante, la répétition a du mal à prendre ici.
Et malgré mes oreilles particulièrement touché par
leur approche mélodique et rythmique, je ne peux que rester sur
ma faim à la sortie d'un album qui semble bâclé. Dommage
vu les possibilités du groupe. Je préfère retourner
à mon 45t.
[mg]
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voir aussi : El Guapo, Lungfish, Supersystem, Talking Heads, ESG
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www.dischord.com |
DANANANANAYKROYD
"some dresses"
(jealous records)
Après Bullet Union, This Ain't Vegas ou That Fucking Tank, le label
anglais Jealous records continue de nous faire découvrir d'incroyables
pépites britanniques. Et ce groupe au nom imprononçable
en fait bel et bien partie. Deux petits titres réunis sur ce 45t
suffisent à m'emballer. Leur indie-rock sonne comme du Fugazi dansant…
on y retrouve la dureté de la noise, autant que la douceur de la
pop et de ses mélodies accrocheuses. De petites guitares ici, un
phrasé virulent là, et une incroyable maîtrise du
groove. Merveilleux ! Quand tout le monde s'est usé les mocassins
sur un disco-punk plus qu'éculé, Dananananayroyd (NDLR
: penser à ne plus utiliser le nom du groupe dans cette chronique,
trop compliqué à orthographier !) redonne vie
à l'imparable groove de l'indie-rock. impossible de rester assis
à l'écoute de leur deux titres. A mi-chemin entre les mélodies
bubble-gum des bons Pavement, et le sérieux d'un Ian Mackaye, ce
groupe ouvre encore de belles possibilités… Quel dommage
de ne pas en avoir plus !
[mg]
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voir aussi : Fugazi
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www.jealousrecords.com |
UNLOGISTIC
"capitulation"
(rejuvenation / waiting for an angel)
Sorti il y a quelques mois maintenant, nous ne pouvions pas passer à
côté d'un tel objet ! Car les furieux parisiens ont fait
fort pour ce nouvel album en forme de cadeau noël. En effet, ce Capitulation
se présente dans une superbe boite (façon 1000 hurts
de Shellac) habilement décorée, et bourrée à
ras bord : en plus du nouvel album, un DVD et une compile de tous
leurs morceaux rares (démos, split 45t)… plus un joli badge
et un autocollant ! Merci les Unlo. Bon, revenons sur ce nouvel album
: le trio continue sa folle aventure dans le monde du hardcore sur-humain.
Boite à rythme toujours plus speed, basse programmée, guitares
saturées, pied au plancher, et hurlement en tout genre pour 17
minutes à réveiller un mort… L'album se veut encore
plus sauvage que le précédent, plus bordélique et
plus extrême (donc légèrement moins de tubes). Mais
une chose est sûre, les Unlogistic ne sont jamais aussi bons que
quand ils lâchent, au milieu de leur chaos punk, leurs belles mélodies
(souvenirs de leur adolescence skate-core), leurs plans "émo"
à faire chialer les minettes, et leur rythmiques quasi jungle !
Et quand le mélange entre sur-énervement destroyer 2024
et veilles influences mélodiques atteint son paroxysme, nous ne
pouvons que succomber. Reste à ne pas en faire trop, parce qu'à
force de multiplier les pistes de hurlements, il nous arrive de décrocher
! En même temps, que serait Unlogistic sans son côté
jusqu'au boutiste ? Un groupe qui prend tout son sens en concert où
vous ne pourrez que ressortir avec la banane (et peut-être quelques
bleus).
On en vient ainsi au DVD intitulé "De-Capitulation"…
Un concert à Lyon dans son intégralité, histoire
de rappeler à ceux qui ne les ont jamais vu la machine de guerre
non-huilée à laquelle nous avons affaire, et un joli film
plus abstrait résumant leur tournée. Vu que je n'aime pas
vraiment les concerts en vidéo (même si celui-ci mérite
son pesant de cacahuètes), je passe à la seconde partie
mixant les ambiances comme un long clip psychédélique. On
y retrouve les squats pourris, les punks à chiens, la drogue et
des Unlogistic saouls, fatigués ou énervés (trop
craquant le Ophé qui s'énerve)… le tout dans une ambiance
presque arty… Ce sont les fans punk qui vont être déçus
!
Enfin, les plus courageux termineront avec "Re-Capitulation",
ou la compile de toutes leurs démos, morceaux rares et autres merdouilles
qui ne demandaient rien de plus que de rester au fond des tiroirs…
C'est très intéressant sur le plan historique, plus encore
pour les fans, mais personnellement, le Unlogistic qui se cherche ne me
convainc guère… Unlogistic n'a jamais été aussi
bon qu'à trois avec batteur et bassiste électroniques. Fuck
them all comme disait Mylene farmer !
[mg]
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Voir aussi : Donald Washington, Atari Teenage Riot (qui se limiterait
au punk hardcore)
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> disque
disponible dans notre boutique
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CELESTE
"pessimiste(s)"
(Alchimia/Purepainsugar)
Ce groupe lyonnais est la réunion des membres de Forge, Flashfalcon,
Hijackers et Mihai Edrisch. Ils voient Céleste "comme si Shora,
dans sa période poilue, rencontrait Daturah sous coke (si ça
peut vous aider ?); de l'énergie en barre servie par un discours
et une attitude sans fond ni forme". Pour l'énergie elle est
bien là, dès les premiers accords feufollets de 'afin de
tromper l'ennui'. Passages chaotiques, furieux avec tout de suite cette
envie de mise en profondeur. Abysses électriques. Sombres. Reprendre
ses esprits. Ces parties claires et fines... le Penseur de Rodin et ses
amours pour l'emo. Ses réflexions avec un goût de bile dans
le lobe droit. L'ombre de Mihai Edrisch, avec le chant de Johan et la
guitare de Guillaume, est la plus palpable. Cette dernière, cependant,
en plus lourde et plus agressive. Pour le "sans fond ni forme"...
j'y crois moins...et c'est tant mieux ! Y a qu'à voir le superbe
artwork (calque couleur, photos, concept). Les paroles ne sont pas non
plus anodines. Mots et expressions qui claquent. Poésie noire.
Alors ce 5 titres, auquel je reprocherai un son un peu uniforme, a plus
d'affinités avec l'humidité grave de la terre épaisse
qu'avec l'ampleur et l'infini... d'un ciel porteur de légéreté
et de rêves. Peut-être qu'on n'a pas la même vision
du plafond ? Prometteur. On attend la suite... histoire de ne pas
rester sur notre fin... ou faim ?...je ne sais plus...
(chRisA)
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Voir aussi : Mihai Edrisch
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www.weareceleste.com
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CORNFLAKES
HEROES
"off with your heads!"
(greed recordings)
Les héros du petit déjeuner, je les découvre d'abord
sur scène lors d'un festival partagé au Havre, et dès
les balances, je découvre chez ces jeunes gens discrets une approche
à la Johnatan Richman qui me retient l'attention… après
le concert, ce n'est plus une impression, et l'arrivée de ce premier
album ne me démentira pas. Derrière leurs faux airs de ne
pas y toucher, ce quatuor nous livre ici un album d'indie-rock simple
et frais comme on osait plus en attendre. Tous ceux qui ont abandonné
l'indie-rock depuis la mort de Pavement peuvent à nouveau resserrer
les rangs. Les Cornflakes Heroes viennent de pondre un premier album impressionant.
On retrouve l'ambiance de New York fin 60 (Velvet Underground), les mélodies
de Johnatan Richman, un peu de folk, quelques dérapages noisy punk
plus que bienvenues, des guitares remarquables, de l'humour, quelques
chœurs féminins, un peu de mélancolie, et beaucoup
d'eux mêmes… pas de soucis, si ces quatre là me confirment
qu'il n'y a pas de maïs OGM dans leur Cornflakes, je suis prêt
à en prendre chaque matin !
[mg]
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Voir aussi : Johnatan Richman, Modern Lovers, Pavement, Sebadho
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SOCRATES
"vultures, hyenas and coyotes..."
(gaffer rds / modern city rds)
Quand un duo nomme son disque "vautour, hyenes et coyotes" (du
nom des trois morceaux présents), on peut se douter de son contenu.
Et, en effet, ces deux là (entre autre ex-Blues Butcher Club, et
ex-Sons of Saturn) sont deux putains de coyotes (ou hyenes, c'est au choix)…
les larsens sortent de partout, les morceaux sont envoyés en à
peine deux minutes, le son est limite, et tout le monde s'en fout, nous
y compris, car l'énergie dévastatrice donne envie d'y croire.
Noise chaotique à tous les étages, vous êtes prévenus.
Pas de chochoteries ici. C'est parti pour trois morceaux bordéliques,
sans retenu, et aussi courts qu'intenses… Parfois on retombe quand
même sur nos pâtes pour une rythmiques dansante qui redonne
un sens à nos déhanchements… Mais, en général,
à l'instar d'un Arab on Radar, ces gars triturent le punk-rock
autant qu'ils maltraitent leurs instruments ! Pour résumer, nous
pourrions dire que le groupe part d'une base accessible qu'il semble s'évertuer
à rendre dissonante, à grands coup d'accords stridents !
Et c'est bien ce qui fait tout le charme de ce joli petit vinyle jeté
comme une envie de pisser… espérons juste que cette impression
ne soit pas dû au son confus ! Et attention à ne pas
lasser !
[mg]
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voir aussi : Arab on Radar
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Z
"Mikabe"
(transduction)
Vous vous souvenez des japonais de There Is A Light That Never Goes Out
? Ils avaient notamment partagé un split avec les français
de Vanilla sur Waiting For An Angel, et sorti un album chez Dim Mak. Et
bien, les revoilà, légèrement plus intellos, avec
Z. Malheureusement, dès le premier titre, on voit que le chanteur
n'a pas pris la sage décision d'arrêter. Dommage. Son timbre
est affreux. Heureusement, il chante peu. En plus, ici, on a le droit
à un saxophone un peu gonflant. Normal, le groupe a décidé
de s'attaquer à quelques codes jazz… le genre un peu fumant.
Heureusement, les bougres semblent apprécier l'esprit Dischord,
et leur magma n'est pas sans rappeler par moment quelques ambiances du
dernier Abilene. Certes, ça n'atteint pas le même niveau,
j'ai juste dit "rappeler". Heureusement aussi, le groupe revient
au rock parfois, et les plans guitare/basse/batterie se défendent
bien. Dommage qu'il y ait ce chant, et ce saxo… Oh merde, je viens
de me rendre compte que c'était le même gars qui faisait
les deux trucs les plus chiant du disque : le chant ET le saxo ! Putain,
est-ce que ceux qui savent parler japonais pourraient leur expliquer que
le groupe serait mille fois mieux sans ce gars ? Quel dommage.
[mg]
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Voir aussi : Abilene
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Mathieu Gelezeau & Natasha Herzock
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