Quincannon "Who Defecates in your head, Bob ?
(Noise Product – 23 titres)

Si leur premier album, "West point graduate", nous avait laissé sur notre faim – malgré quelques très bonnes compos –, ce deuxième essai pourrait bien venir nous rassasier. Les données sont restées les mêmes, Quincannon n'est pas du style franchement déluré ; on parle toujours la langue de Franck Black ; les mélodies s'enchaînent comme des hits, légèrement saturées, comme les bons Pixies, et presque nonchalantes, comme les bons Pavement ! Mais ce coup-ci, le groupe se limite à ce qu'il sait faire : de belles chansons. Sans en mettre trop, ni pas assez. Les mélodies sont excellentes, le son réussi, les expérimentations dosées… Il n'y a que la pochette (genre "Marcel et son orchestre à Las Vegas") qui risque bien de leur faire perdre quelques ventes (la première n'était pas un chef d'œuvre non plus). Voici donc un album réussi qui s'écoute sans faim, et qui comblera tout de même l'appétit des gourmands. Et ce n'est pas les nombreux clins d'œil au 7e art (le chanteur n'est autre qu'Henry-Jean Debon, réalisateur de quelques clips originaux pour Noir désir, Les Thugs, et grand amateur de cinéma) qui viendra gâcher le bon moment que vous pourrez passer à l'écoute de cet album.
[mg]

>> Voir aussi : Pixies, Pavement, Franck Black

The Exploder "West End kids crusade"
(Dim Mak – 6 titres)

L'album débute comme le premier Don Caballero, avec cette boucle de guitare quasi-mathrock jouée avec un son énorme, presque métal. Intrigant ! La suite continuera sur une bonne voie, mélangeant toujours une musique complexe, avec un gros son et une voix d'écorché vif. Le tout risque d'être un peu trop gras et malsain pour les amateurs d'emo tendance mathrock, mais si vous cherchez des groupes qui ont encore de l'énergie à revendre tout en étant exigeant au niveau de la recherche musicale, alors les boucles entêtantes et les riffs hardcore de The Exploder pourraient être la solution (même si ici, on préfèrera des choses plus aiguisées, à la Shotmaker). Attention toutefois aux excès de graisse, où vous serez bon pour un régime "pop" avant l'été !
[mg]

>> Voir aussi : Don Caballero ("for respect"), Shotmaker

Give Until Gone "settled for the art official"
(Dim Mak – 12 titres)

Puisque Superchunk ont perdu toute notre estime avec un dernier album lamentable, et que la vague Get Up Kids n'a pas le charisme qu'on voudrait bien nous laisser croire, c'est peut-être du côté de Give until Gone que nous trouverons un nouveau groupe indie-pop intéressant ? Les pauvres nous livrent encore quelque trop nombreux titres mièvres à vomir, mais en général, les guitares nous prouvent que ces messieurs sont du genre inventifs. Alors, quand ils n'ont pas peur de se lâcher, et qu'ils se souviennent qu'il n'y a rien pour eux du côté de la pop variété foireuse, nous tombons sur de jolis trésors. C'est simple, soit ces messieurs-dames se la jouent trop pop, et les titres sont alors un désastre grand public, soit ils se souviennent que leurs amplis possèdent de la puissance et des distorsions, et c'est alors un petit régal indie. Ah, c'est si bon quand vous nous rappelez la grande époque de Superchunk ! Et ni la richesse des compos ni la complexité de certaines trouvailles n'ont à rougir devant les amateurs d'émo, c'est moi qui vous le dit ! Espérons juste qu'ils ne nous pondent pas un prochain album variété comme l'ont fait leurs amis de Kill Holiday.
[mg]

>> Voir aussi : Superchunk, Braid, Jawbox, No Knife, Kill Holiday

The White Octave "Style no.6312"
(Deep Elm)

Lorsque l'on sait que Mister Bob Weston a déclaré avoir réalisé l'un de ces meilleurs enregistrements avec cet album et que celui-ci a été langé par Deep Elm Records (la boîte à prodiges: The Appleseed Cast, Planes mistaken for stars...), là on se calme, on s'assoit et on écoute attentivement en espérant fondre dès les premières notes. Résultat ? Liquéfaction intégrale sous ces accords magiques et ces mélodies qui empruntent autant à la pop qu'à l'indie, l'emo ou le rock de Shellac (tiens tiens...). Mélancolique, émouvant, obscure et puissant, le désormais quatuor organisé autour de Stephen Pederson (ex Cursive) n'en finit pas de nous surprendre tout au long de ces 13 pistes. Le chant y est audacieux, les compositions personnelles et bien chiadées, la conception artistique originale (moi je veux me marier tout de suite avec la femme en couverture). Bref, ils y ont mis bien plus que ce qu'on leur demandait...signe d'une grande générosité. Faut-il vous faire un dessin?
[Chris]

Oharu "Freeor"
(Amanita - 13 titres)

Après bientôt 5 ans d’activité, Oharu sort enfin son premier album. Comme le laissaient présager les titres qu’ils avaient semés ici et là (compilation Plaies, compilation FBWL, split single avec Guapo, etc.), le quatuor était un véritable casse-tête pour les journalistes qui voulaient leur mettre une étiquette. Le nouveau millénaire n’y changera rien… Oharu continue d’explorer l’univers des musiques extrêmes. Passant aléatoirement, au sein d’un même morceau, d’une noise violente à une ambiance jazzy, le groupe brouille les pistes, rapprochant même certaines de ses tentatives aux essais des mythiques Ange… Malheureusement, le mélange demande des intestins solides pour être digéré. La recherche technique est appréciable, tout comme l’éclectisme des influences et des personnalités formant le groupe, mais est-ce vraiment ce que nous recherchons à l’écoute d’un disque ? Dans leur cas, je crois que nous aurions préféré un résultat moins complexe, et sans doute moins original, mais qui nous aurait évité les passages ennuyeux (l’un des chants, et l’influence légèrement gothique par exemple) et le mal de crane obligatoire que nous gardons après l’écoute de cet album. Dommage car on voit passer, le long de ces dix titres, d’excellents passages musicaux…
[mg]

>> Voir aussi (vaguement) : Guapo, Pigzwill Toast, Anah, Ange (!)

 

Sommerset "more songs"
(Kafuey/Get up & go - 15 titres)

Mauvais coup du destin ; à l’heure où sort le premier album des Somerset français (pop indie), nous recevons ce disque de Sommerset, combo punk semblant nous venir de Nouvelle-Zélande ! Le malentendu mis au point, nous pouvons nous jeter dans l’écoute de ces 15 titres enregistrés entre 1995 et 1997. Et, ma foi, il n’y a pas de quoi crier au génie, mais dans le style, le groupe assure un punk mélodique comme peu savent le faire. On note bien quelques faux pas, mais, quand le groupe s’applique, c’est tout de même du côté de Government Issue qu’il faut aller chercher… Plus récemment, on pourrait aller chercher les Descendents pour trouver une affiche cohérente. Bref, un groupe qui semble avoir de la bouteille et qu’on ne connaît pourtant guère par ici… Ce cd vient à point pour réparer cette erreur. Je me demande juste si ce CD n’est pas posthume ? Dans ce cas, les amateurs de punk mélodique old-school n’auront que leurs yeux pour pleurer.
(Kafuey-PO Box 5138-Wellesley St-Auckland-New Zealand // Get up & Go - getupandgo666@yahoo.com)
[mg]

>> Voir aussi : Descendents, Government Issue, Youth Brigade

 

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Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
51, rue Paul Vaillant Couturier
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