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QUI
love's miracle
ipecac

Nous passerons sur leur nom et toutes les questions qui en découlent en français, pour rentrer directement dans le vif du sujet : que donne le groupe qu'a choisi David Yow (Jesus Lizard / Scratch Acid) pour revenir sur le devant de la scène ? Car, soyons honnêtes, si Qui est avant tout un duo guitare-batterie basé à Los Angeles, et ayant déjà sorti un premier album en 2003, sans David Yow, c'est bien l'arrivée du célèbre chanteur qui crée le buzz, et, accessoirement, la signature sur Ipecac. Bref, Qui n'est certainement pas le groupe de David Yow, mais sans lui, personne ne les connaîtrait, de ce côté de l'atlantique tout du moins. Et même si certains spécialistes snobinards prétendront le contraire, il en va ainsi. Le chapitre "people" étant passé, intéressons-nous au contenu de ce "love's miracle". Pas de soucis, les amateurs de noise rock, Jesus Lizard et consorts en tête, ne seront pas déroutés ; les trois gars nous servent bien une musique oppressante, avec ses mélanges de riffs acérés et d'arpèges malsains. Mais ne vous attendez surtout pas à retrouver le charisme de Jesus Lizard, sous peine de passer à côté de ce que ceux-là ont à vous servir. Déjà parce que Paul Christiensen (batterie) et Matt Cronk (guitare), qui s'occupaient des parties vocales avant le passage en trio, continuent de poser quelques voix selon les morceaux, et de ce côté là, pas question de puiser l'influence du côté de Jesus Lizard. On se permet plus de mélodies et de délicatesse, parfois trop diront certains. Ensuite parce que David Yow lui-même s'ouvre parfois à d'autres champs d'action, avec plus ou moins de réussite, et que, en plus, il ne vampirise pas l'album. Enfin, parce que derrière l'influence bien visible de Jesus Lizard, Qui se veut plus seventies, plus progressif et moins bestial. Le groupe se permet d'ailleurs de reprendre Zappa, et le Echoes de Pink Floyd. Et pour finir, la comparaison est rude je sais, mais si Matt Cronk (guitare) a du talent, il n'a certainement pas le génie de Duane Denison (Jesus Lizard). Désolé. Pourtant Qui mérite notre attention car, sans être la révélation de l'année, ce groupe possède la créativité des bons. Puissant et incisif quand il le faut, malsain et sombre là, ou plus posé ici. Et quand Qui trouve son Graal, c'est bien la grande époque noise qui nous revient en tête (Oxbow, Jesus Lizard). Malheureusement, le trio ne touche pas l'ultime à chaque morceau, et se perd parfois dans des titres moins percutants, qui empêcheront à cet album de devenir un indispensable. Nous le garderons donc comme une excellente mise en bouche, en attendant un troisième album (deuxième en trio) définitivement à la hauteur de la réputation de Yow (merde, ce mec a tout de même participé à l'un des meilleurs groupe noise de tous les temps!). Une chose est sûre, voilà un groupe dont nous allons suivre les avancées (et les concerts) avec attention.

••• Voir aussi : Jesus lizard, Oxbow, Melvins


 


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