| | Hot Water Music "A flight and a crash" (Epitaph - 14 titres) Comme pour chaque nouvel album de Fugazi, mon coeur a aussi appris à vibrer devant les dernières productions de ce groupe floridien (normal après entre autres un 'No Division' d'anthologie). 14 nouveaux titres, donc, pour vous contorsionner de plaisir (ou de douleur), pour prendre le mors aux dents, pour régurgiter votre surplus de fiel, pour changer l'issue de vos journées malheureusement trop ternes. Ces textes, ces voix, ces refrains, ces mélodies n'ont d'autre effet que de me vriller les tripes pour finalement me galvaniser et ressortir de l'épreuve encore plus fort. Ca ne s'explique pas; ça se vit et ça se sent. En ouvrant avec "A flight and a crash", on se dit que le groupe a tout compris du punk rock et qu'il maîtrise à merveille la formule pour nous pondre des bijoux. Dans l'esprit (engagement, énergie, générosité), le son (brut et compact), la composition des morceaux (assez courts et gorgés d'idées puissantes) Hot Water Music respecte les fondamentaux mais sait aussi prendre des risques pour aller de l'avant...donc plus loin. Ecoutez "She takes it so well" et son piano dépressif, "Swinger" et sa drôle de "sonnette" en fond, j'en passe et des meilleurs... Si les guitares sont aussi complémentaires, la basse aussi phénoménale, la batterie aussi sèche c'est que derrière, hormis leur talent, tout le groupe fait corps pour nourrir la monstrueuse sincérité des morceaux. Imaginez que vous êtes une allumette et approchez-vous de leur flamme qui est déjà légendaire. C'est tellement bon d'avoir la tête qui brûle... [chris] >> Voir aussi : Fugazi, Fuel, Avail, Planes Mistaken for Stars |
| | The Ex "Dizzy Spells" (Vicious Circle - 12 titres) Résumer en quelques lignes 20 ans de l'univers musical de The Ex n'est pas chose facile pour un scribouillard comme moi qui ne connaît même pas la totalité de leur oeuvre. Immédiatement reconnaissable par son minimalisme, ses effusions noisy et ses textes politiquement et socialement engagés, leur musique (à nouveau mise en boîte par le Sieur Albini) ne manque toujours pas de charme et de piquant. Bien au contraire elle est vitale. Mon plaisir voyez-vous c'est de m'installer là, tranquille dans un coin, et de me laisser emporter par le rythme des morceaux, conscient qu'ils ne seraient 'rien' sans ces paroles géniales. Car la musique est ici aussi importante sur le fond que sur la forme. La fusion y est parfaite de maîtrise. Cette communion fait la force de ces hollandais qui revendiquent incidieusement le plaisir des oreilles par la culture de l'esprit. Un beau challenge tout de même en ces temps difficiles. A travers leur art The Ex continue à jouer, à communiquer et à élargir notre champ de vision et ce pour notre plus grand bonheur. A découvrir pour certains. A colectionner pour d'autres... The Ex = The Ex-ample. [chris] >> Voir aussi : Dog faced Hermans, Klekta Red, Badgewearer |
| | The Clocks "The saints, the sinner, the virgin and the dynamo" (Trackstar rds - 11 titres) Dès les premières notes, vous comprenez de quoi il s'agit. Impossible de resister à ce qui va suivre. Certes, l'album a été enregistré durant l'année 2000, pourtant, l'énergie provient directement des années 60 à 77 sans avoir perdu la moindre fureur ! Du pur rock crado entre sixties dansant et punk déglingué
si l'alchimie est de plus en plus à la mode ces derniers temps, peu arrivent vraiment à faire sonner leurs trouvailles aussi bien que The Clocks. Ceux-là composent des tubes en mélangeant les mélodies les plus sauvages des Kinks, à l'originalité de groupes actuels
au résultat, 11 titres tous plus brillants les uns que les autres qui, s'ils ne révolutionnent pas le monde de la musique, lui redonne au moins quelques beaux reflets
Quand le punk pré-77 joue avec le rythme pour faire jaillir son essence la plus dansante. Classieux ! [mg] >> Voir aussi : The Kinks, The Stooges, MC5 |
| | The Robocop Kraus "Tiger" (Day After - 14 titres) Quel plaisir de retrouver Robocop Kraus pour un nouvel album ! Certains d'entre vous auront peut-être déjà eu la chance de voir ce groupe allemand sur scène lors de leur tournée récente en France (aux côtés de Monochrome) ; un grand moment d'émotions proposé par un gang en chemises rouges rappelant étrangement Kraftwerk mais débordant, contrairement à eux, d'énergie rock'n'roll. Bref, ceux qui ont assisté à leur prestation ont dû repartir avec ce nouvel album. La présentation de ce nouveau chef-d'uvre s'adresse donc aux autres. Derrière ce visage en bicromie nous prouvant une nouvelle fois l'effort accordé aux pochettes, et après un passage nécessaire sur le label tchèque Day After, Robocop Kraus revient avec une musique plus travaillée, plus produite et sans aucun doute plus mûre. Certains regrettent déjà la spontanéité du premier (sur leur propre label Swing Deluxe), pourtant, ce "Tiger" n'a rien à envier à son prédécesseur. Tout ici rappelle les meilleurs. Certes, les structures plus abouties rendent l'ensemble moins original, mais nom de dieu, écoutez-moi cet enchaînement de tubes ! Le mélange idéal entre le rock'n'roll sixties (même s'il est moins présent qu'autrefois), l'émo de Washington DC, et, la nouveauté de cet album, une bonne odeur 80's due à un electronic cheap. Véritablement, je ne vois pas quoi redire ? On retrouve le charme des Make Up, la force de Fugazi, la personnalité de Les Savy Fav ou le romantisme de Kraftwerk
Rien de mieux pour bien commencer la journée. [mg] >> Voir aussi : Make Up, Fugazi, Les Savy Fav, Maggat, Nation of Ulysses |
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