(cd disponible chez
No Reason)

GORDZ "s/t"
(9 titres - ruminance/euphrate)
Canard à trois pattes de la région parisienne, Gordz s'est forgé une solide réputation à travers des concerts aussi rares que grandioses. Humour, originalité, créativité, folie, tout se retrouve enchevêtré dans un bordel sonore irrésistible. Sur support, le groupe nous avait offert un premier 45t (Cor), aujourd'hui peu représentatif, et un excellent tube (Cube – qu'on retrouve d'ailleurs en version remix par Snårk sur ce cd) sur un split 7' avec Happy Anger. Alors, avoir enfin l'occasion d'entendre plus de deux titres sur sa chaîne hi-fi, vous imaginez l'impatience ! Ce premier mini-album confirme tout le bien que nous pensons de ces fous ! Allez, c'est vrai qu'on ne retrouve pas l'impertinence de la scène, que le son manque un peu d'envergure, que les plantes sont moins faciles à avaler, et que le chant, même s'il se fait rare, est vraiment limite, mais peu importe… Ils sont si peu ces groupes qui possèdent le génie et la folie, l'humour et la technique. En plus, on retrouve bien cette musique déglinguée, menée de main de maître par cette guitare innovante (esprit don Caballero) ; cette musique sans complexe qui a fait de ces trois apprentis boulanger les stars les plus courtisées de la scène noise. La basse impressionnerait n'importe quel pitbull du metal tant ses graves sont infranchissables, et je ne parle pas de cette batterie tout simplement abracadabrante ! Alors, décoincez-vous un peu, oubliez vos maniaqueries et plongez sans retenue dans l'univers complexe mais terriblement frappé de l'une des figures montantes de la noise parisienne.

>> Voir aussi : Arab on Radar, Don Caballero, Shellac, label Skin Graft.

MOGWAI "Rock action"
(8 titres - Southpaw)
Devenu depuis leur précédent album la coqueluche de la presse "branchée" (comprenez par là, Inrockuptibles, Magic, NME, etc.), le groupe écossais était attendu au tournant pour ce nouvel album. Il aurait pu se lancer dans une pop mielleuse du plus mauvais goût — tout le monde aurait quand même crié au génie — mais non, ce nouvel opus continuera à plaire aux fans de la première heure. Car non seulement "Rock action" n'est pas une copie conforme de "Come on die young" (atout considérable dans cette scène post-rock qui commence à tourner en rond), mais en plus, une nouvelle direction est prise. Les samples si souvent prisés autre fois sont quasi inexistants (si on oublie le morceau d'introduction et les courts intermèdes, qui mettent plus un pied dans l'électronica), car tout est joué live dorénavant. Ainsi, les cordes donne une dimension plus profonde à la musique. Ce qui les rapproche plus d'un groupe à l'approche symphonique tel que Godspeed You Black Emperor!, surtout sur le magnifique "You don't know Jésus" (mon préféré), morceau totalement envoûtant, tout en tension. Les plages sont plus courtes, les passages superflus sont maintenant oubliés, l'ensemble est plus direct et va plus droit au but. Le côté pop intervient, d'ailleurs, surtout à ce niveau. Se sont maintenant de véritables chansons que nous propose Mogwai, plus seulement de longues plages musicales. A noter, la présence sur le single "Dial : revenge", des chanteurs du groupe Super Furry Animals, qui nous gâte réellement , la voix et le contre-chant sont parfaits. Très bonne collaboration. La production toujours assurée par le très demandé Dave Fridmann (certainement le producteur le plus présent chez les groupes anglais en ce moment) est parfaite pour le groupe. Seul regret, la durée, seulement 38 minutes !!! Le groupe nous avait habitués à des albums beaucoup plus longs...
[Greg]

>> Voir aussi : Godspeed You Black Emperor!, Larmousse, the For Carnation.

BURNING AIRLINES "Identikit"
(15 titres - DeSoto)
Suite à l'excellent "Mission control" paru en 99 qui avait déjà retenu l'attention de la plupart d'entre nous (voire l'interview sur ce site), le trio de Washington dc récidive et nous prouve qu'il n'a pas son pareil pour pondre des morceaux aux mélodies imparables. Pour les retardataires, sachez que ce groupe est mené par Jay Robbins, l'ancien chanteur/guitariste de Jawbox, légendaire combo émo-punk de Washington dc qui officia de 88 à 96. Malgré le départ précipité de Bill Barbot (bassiste sur le 1er album et ancien guitariste de Jawbox), le groupe semble très à l'aise avec son nouveau bassiste (son jeu est d'ailleurs tellement proche de celui de Bill qu'on ne remarque aucun changement !!) et les quelques personnes qui ont eu la chance de les voir récemment lors de leur tournée française ne me diront pas le contraire. L'ensemble sonne toutefois un poil plus pop, plus travaillé également, les structures sont toutes très recherchées et le niveau technique des musiciens ne laisse pas indifférent. Les morceaux plus énervés sont quand même présents ; "Outside the aviary", le tube pop-punk de 2 minutes qui ouvre l'album n'en est qu'un exemple savoureux. Jay Robbins est également ingénieur du son (et pas le moins bon, ni le moins connu, car il a travaillé pour Blue tip, Promise ring, Kérosene 454, Engine down, Faraquet, ...), la qualité sonore est donc présente, un changement malgré tout, la présence de John Agnello (Chavez,...) venu prêter main-forte à l'enregistrement. Ce disque est donc indispensable à tout ceux qui suivent Jay depuis de nombreuses années, pour les autres, il serait temps de s'y mettre !!!
[Greg]

>> Voir aussi : Jawbox, Blue tip, Braid, Smart went crazy, Juno.

THE INFORMERS "Mondoly"
(13 titres - Fuxony/Negative)
Pourtant emmenés par une figure charismatique du punk de la fin des années 80, et malgré un nouvel album supérieur à ce qu'on connaissait de ce groupe parisien, les Informers semblent voués à rester anonymes. Certes, les débuts étaient marqués par quelques difficultés de chauffe, avec quelques relents gardés de l'époque alternative. Il est vrai que leur punk aux influences très anglaises manquait cruellement de technique et d'émotion pour vraiment convaincre. Mais, aujourd'hui, avec un nouveau line-up, la troupe reprend son combat politique sur fond de punk mélodique plus travaillé. La batterie continue d'être maladroite et tire malheureusement l'ensemble vers le bas, mais côté cordes, les mélodies sont mieux senties et s'adaptent mieux à la voix de Vlad. Je serais même tenté de dire que c'est ce que le père Vlad a fait de mieux depuis la séparation des Brigades (groupe mythique de la fin des années 80). On est encore loin du mélange magique que donnait sa voix avec la musique des Brigades, mais pour une fois, ce "Mondoly" ne donne pas l'impression d'être resté hors du coup. Le mixe et le son manque parfois de force mais ne soyons pas sévères… Le punk politisé des Informers a enfin atteint un niveau digne d'intérêt.
[mg]

>> Voir aussi : The Brigades, MC4, Bad Religion

 

 

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