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PRIVATE DANCER
Trouble eyes
(Learning Curve)

Malgré une pochette immonde surfant maladroitement sur le psychédélisme sixties, le label et la présence du guitariste de STNNNG ne pouvaient que me mettre l'eau à la bouche. Et si les Private Dancer ont décidé de ne pas prendre l'auditeur à rebrousse poil, comme savent si bien le faire STNNNG avec leur noise dissonante, ils n'en restent pas moins imaginatifs et corrosifs. Au fil des morceaux, les références du groupe s'échelonnent du rock sauvage des Stooges à la noisy pop des années 90. L'album débute ainsi plein d'énergie, toute guitare dehors, avec un remarquable "i see trouble", avant de se poser sur une jolie ballade planante… Ainsi vont les Private Dancer. Noisy jusqu'au bout des ongles, mais jamais vraiment méchants. Dès le tubesque "She's a Company Man" on comprend que les danseurs pourraient rappeler à certains les bien injustement oubliés Superchunk. Les trentenaires peuvent se frotter les mains ! Des guitares qui bavent, légèrement dissonantes (on ne se refait pas), de la fougue, du rock'n'roll et beaucoup de mélodies. A l'image de certains groupes sixties, Private Dancer alterne sans cesse débauches d'énergie rock primaire et ballades contemplatives… Entre attitude freaks et délires "peace and love", le groupe remet au goût du jour une certaine idée de la musique, très en vogue dans les sixties, voire les seventies. Mais rien à voir avec les pompeuseries progressistes. Ici, c'est droit au but, kick out the jam motherfucker… et ce, que ce soit dans le calme ou le sauvage. Et vu le talent des membres du groupe, ça ne pouvait que fonctionner, avec à la clé son petit lot de tubes. Alors, je ne dis pas que nous sommes en face du disque de l'année, 'Trouble Eyes' possède bien quelques longueurs, mais il faut avouer que la spontanéité de ce groupe fait un bien fou…
[mg]

+++ voir aussi : Superchunk, Stooges, MC5

 


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