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LES SAVY FAV "Go Forth"
(Southern/French Kiss – 11 titres)
Ceux qui n'ont pas vu Les Savy fav sur scène doivent avoir du mal à comprendre l'engouement démesuré que nous avons pour ce groupe. Pourtant, que cela soit au travers de ces précédentes productions (trois 45t., un mini et deux albums), de ces concerts foudroyants, ou de ce nouveau 11 titres, le gang de Brooklyn reste l'un des derniers groupes excitants du moment. Nous ne reviendrons pas sur l'album "The Cat and the Cobra" ou sur le mini "Rome", tant ces deux disques ont définitivement placé le groupe en haut de l'échelle. Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, l'arrivée de cette nouvelle galette est plus qu'attendue… Allons-nous retrouver la magie des précédents qui mélangeaient, dans un état d'esprit typiquement arty-punk new-yorkais, l'humeur du rock sixties, la tension de l'emo, les dérives électroniques, les mélodies pop et l'énergie du punk-rock. Et bien, malheureusement, "Go Forth" déçoit. Rien de très grave, le génie créatif et mélodique a encore une fois frappé, mais la direction prise, plus pop et plus mélancolique, touche légèrement moins que ce à quoi nous nous attendions. Leur personnalité est toujours présente, mais le groupe semble juste avoir perdu un peu de son dynamisme punk'n'roll qui le démarquait des autres groupes créatifs mais ennuyeux. Dommage car Les Savy Fav étaient les derniers à nous faire sauter au plafond avec bon goût… Mais ne nous éternisons pas sur cette absence car si l'énergie est moins flagrante sur cet enregistrement, le bon goût, lui, ne se fait pas prier ! Tout le génie créatif du gang est resté intact. Les atmosphères sont plus développées ; les mélodies s'impriment dans votre mémoire en un rien de temps, et Tim Harrington (chant & synthétiseur) n'aura aucun mal à vous faire reprendre les refrains en chœur. Je pense même que ces onze titres donneront leurs réels potentiels sur scène. Peut-être serait-ce la, par ailleurs, très bonne production de Phil Ek (Modest Mouse, Built to Spill) qui ne leur va pas et leur retire cette furie si marquante. Nous verrons cela en octobre lors de leur passage éclair en France que nous ne louperons sous aucun prétexte. En attendant, si ce nouvel album a du mal à tenir le niveau impressionnant du précédent, il n'en reste pas moins un excellent disque.
[mg]

>> Voir aussi : Unwound, Fugazi, Brainiac, Blonde Redhead, Pixies

NEU! "Neu!" (1972) "Neu! 2" (1973) "Neu! 3" (1975)
(EMI)
Enfin les rééditions tant attendues du groupe mythique. Revenons trente ans en arrière, en 1971, pour comprendre le phénomène engendré par ce groupe conduit par Michael Rother et Klaus Dinger. Considérés comme de véritables génies, ces deux allemands (Düsseldorf) issus de l'univers de Kraftwerk (en effet, ils ont participé à leur début ) expérimentent en conjuguant mélodies répétitives et bruits électroniques. Le duo s'enferme en studio avec le producteur Conny Plank, et crée "Neu!", véritable pierre angulaire du rock allemand (Krautrock), au même titre que l'album "Tago mago" de Can. Viendra ensuite "Neu! 2", puis une séparation pour mieux se retrouver en 75 avec un ultime chapitre "Neu! 3". Fortement influencé, aussi bien par la pop légère et sucrée des Beatles que par le free-jazz d'Ornette Coleman, Michael et Klaus prennent toutefois à contre-pied le courant musical du moment, le rock progressif. Dans un univers plus rock que Kraftwerk, la musique de Neu! est brute, minimaliste, métronomique, urbaine, et surtout pas cérébrale. Pour l'époque, c'est une véritable bataille à l'acquisition d'une liberté d'expression artistique, leur musique intrigue et choque. Sans parler des pochettes de leurs albums plus dépouillées les unes que les autres. Aujourd'hui, on redécouvre en se disant que l'on tient là les bases de la musique industrielle, du post-rock expérimental, voire de la fougue du punk. Vénéré par Thom Yorke, Brian Eno, Johnny Rotten, et beaucoup d'autres (moi!), ces albums se doivent d'être dans vos collections de disques, courez les acheter !!!
[greg]

>> Voir aussi : Can, Kraftwerk

 

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H2OIL "heyday to organic instrument lullaby"
(Molaire/Happy Dick Milk – 5 titres)
Dès les premières notes, et ce jusqu'au bout des 20 minutes de ce cd, il vous sera bien difficile de reconnaître la nationalité de ce groupe. Si vous ne le savez pas, difficile de savoir que ce groupe nous vient de Paris ! Difficile de croire qu'il s'agit aussi de leur première production. Les guitares vous sautent à la gueule avec beaucoup de subtilité, le chant est particulièrement remarquable pour un français, les ambiances sont parfaitement choisies (cf. le sample d'enfants sur "i wanna be a r'n'r girl), et les compos sont d'une impressionnante maturité. Voici un premier jet d'une belle tenue qui, si le public existe encore un peu dans ce pays, risque de prendre une place de choix dans le dictionnaire des productions noise. En 5 titres, le groupe traverse un joli panel d'émotions sans en perdre leur cohérence. Leur noise émotive devient nerveuse, posée ou angoissante selon les morceaux, accentuant comme il se doit des ambiances désirées. Et l'auditeur n'aura guère le temps de comprendre ce qui lui arrive. H2OIL ne laisse pas le choix, il s'impose avec force et délicatesse. Ceux qui n'y sont pas sensibles pourront toujours les éviter…
[mg]

>> Voir aussi : Nine Days Wonder, Three Penny Opera, Universal Order of Armageddon, Condense

 

FANTOMAS "The Director's Cut"
(Ipecac Recordings - 16 titres)
Après des débuts sous un nom de groupe trompeur, Mike Patton nous prouve encore une fois via son label et ses nombreux projets et collaborations qu'il a toujours la foi en une certaine folie musicale communicative. Transformé ici en chef d'orchestre chaotique, Mike Patton revisite avec ses camarades de jeu chevronnés (Dave Lombardo ex-Slayer, Buzzo King-Melvins et Trevor Dunn-Mr Bungle) quelques musiques de films aussi divers que Le Parrain, Twin Peaks, Cape Fear, Rosemary's Baby, The Night of the Hunter...pour ne parler que des plus connus. En hommage à Mancini, Badalamenti, Morricone...le quatuor se livre à des figures de styles tout à fait remarquables. C'est bien simple tout y passe. Metal, indus, grind, easy listening, noise, trip hop, opérette le tout accompagné de hurlements, de chuchotements, de gémissements et de sérénades poussés par un Général ma foi très inspiré. Les titres débordent d'une démesure et d'une démence créatives et artistiques. En gros c'est du beau bordel gorgé d'images, d'émotions et de frissons mais aussi de second degré. Bref ce cd m'a rendu fou tout cet été...ne passez pas à côté d'un grand moment cinémiketographique. (chris)

>> Voir aussi : Faith No More (le meilleur), Mr Bungle

KABU KI BUDDAH "s/t"
(autoproduction – 6 titres)
À peine remis des élucubrations de leur précédente démo que les dingos lyonnais reviennent à la charge, armés de 6 titres, aussi personnels que farfelus. Et si l'ensemble continue de s'attacher volontairement au bordélisme excentrique, nous pouvons tout de même noter de légères concessions comme un son légèrement moins cacophonique (mention peut faire mieux) et des structures plus en place qu'autrefois. Pour ce qui est du reste, on garde les mêmes et on recommence : créativité, folie, joie de vivre et sans aucun doute nouilles en salades ! Et si les premières notes de violoncelle rappellent étrangement les travaux de The Ex et Tom Cora, la suite est difficilement comparable. C'est tout le charme de ce groupe atypique qui passe du jazz approximatif à la musique de cirque dans une ambiance traditionnellement punk et fantasque. Mention spéciale au chant féminin qui ajoute une ambiance particulièrement étrange aux titres sur lesquels il se place. De mieux en mieux… et si Kabu Ki Buddah arrivait à recréer son délire d'une façon moins bordélique (en évitant les pièges du mauvais goût), mais en gardant cette même fraîcheur créative, alors il est évident que l'étape de l'album serait indispensable. Et cette nouvelle démo montre que leurs nouveaux travaux vont dans ce sens.
[mg]

>> Voir aussi : The Ex & Tom Cora, Knick Knack Paddywhack, Uz Jsme Doma

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Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
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