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REIZIGER
"My Favourite Everything"
(Stick Sister - 9 titres)
Ouvrez le ! Dépliez ce digipack et vous aurez une petite idée
des sentiments et des émotions qui fragilisent, blessent et fissurent,
re-nourrissent et revitalisent le cur de ces quatre belges. Loin
de tout épanchement ou révélation ridicule et exubérante,
Reiziger nous confesse avec pudeur, sensibilité et enthousiasme
ses regards sonores sur leur vie, notre vie, la vie. Leur tissu musical
est d'autant plus touchant qu'il est simple et beau. Faites (comme d'habitude
diront certaines mauvaises langues) de parties claires et calmes mais
aussi de libérations contenues car réfléchies, leurs
chansons me plaisent encore plus qu'avant car on dénote comme une
réelle volonté de se démarquer d'un emo rock trop
"classique" (faites-vous surprendre par 'This Song Is Killing
Me', 'Is It Safe?', 'Windows Of The World' et 'Navigator' en hommage à
Coltrane). Plus acoustique, plus réfléchi et mature, le
coeur des Reiziger continue de battre au rythme des émotions sincères
qui le font vivre. Cet album est une poignée de main chaleureuse,
une accolade réconfortante, un regard profond. Vous qui rêviez
d'un peu plus d'humanité.
(chris)
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Voir aussi : Karate, Maggat, Cherryville
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NED
"the love off !!! ep"
(sk 10" 5 titres)
Si les premières secondes de ce vinyle rose bonbon rappellent certaines
intros free de Don Caballero (voire Storm and Stress), c'est bien parce
que ces lyonnais (encore une fois !) ont ce même rejet des règles
classiques du rock. Tracez une route droite et vous serez sûrs que
NED passera son temps à zigzaguer ! Alors c'est vrai que les morceaux
ne sont pas toujours très carrés, mais la force du groupe
est ailleurs. NED, c'est avant tout une grosse dose de créativité
sans limites, composée, pour notre plus grand plaisir, de folie
et d'humour. Et si ce "the love off !!! ep" est foncièrement
punk dans l'approche, c'est parce que le groupe a compris que leur noise
ne devait pas répéter les classiques de ses grands frères,
et ne surtout pas se prendre au sérieux. Les rythmes qu'ils développent
passent sans prévenir d'un swing dansant (Va bene) à une
noise oppressante
La liberté est de mise. Mais attention
si le groupe est légèrement dérangé, et si
leur conduite est originale, nous n'avons à déplorer aucune
sortie de route. Nous sommes loin des essais expérimentalo-avant-gardistes
loupés de certains. Très loin. Ici, la noise est gaie et
la fièvre du samedi soir commence à se faire sentir
Lancez-vous, vous êtes le Travolta d'un soir, et la piste de danse
ne vous résistera pas longtemps. Swing baby !
[mg]
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Voir aussi : Victims Family
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EUELL
"low run"
(Ersatz rds 6 titres)
Pour une fois, le nom de cette galette représente parfaitement
ce qu'elle contient. Car si Euell court, le moins que l'on puisse dire
est que c'est doucement ! Doucement, lentement et profondément
: en trois mots, la musique de Euell se dévoile, laissant sortir
ses émotions, sans à-coup, mais avec beaucoup de brio. Utilisant
les instruments à cordes pour créer des textures sonores
cotonneuses, le groupe de Tours semble vouloir vous entraîner au
large, bercé par les vagues d'une mer au repos. Excepté
les coups de tonnerre de "wrong choice, wrong place", tout ici
est fait pour vous détendre. La musique d'Euell coule, comme un
liquide sans pression. Et, si le groupe doit avoir du mal à garder
un public captivé plus d'une vingtaine de minutes il faut
avouer qu'il ne se passe pas grand-chose en général ,
ces vingt minutes risquent d'être particulièrement ensorcelantes.
On attend la suite en espérant qu'ils ne tomberont pas dans l'excès
des Labradford et autres Pan Sonic.
[mg]
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Voir aussi : Labradford, A Minor Forest, Rroselicoeur
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THE
STROKES " Is this it"
(RCA/BMG - 11 titres)
Alors là, j'approuve. Pour une fois que je suis d'accord avec la
presse internationale. Ce groupe est défini comme le meilleur groupe
de rock'n'roll au monde par les Inrocks. Bon c'est vrai, c'est excessif
(d'autant plus que leur domaine est rarement le rock'n'roll !!!). Révélation
de la rentrée aurait suffi. Cela dit, quand on voit le potentiel
de ce groupe et qu'on le compare à tout ce qui fait habituellement
la une des canards musicaux, je vous jure qu'il y a de quoi s'extasier.
Donc, premier album pour ces New-Yorkais qui ont baigné dans la
vague musicale qui a marqué l'histoire de la grosse pomme durant
les années 70. Entendez par là du Velvet Underground à
Television en passant par les Feelies (malheureusement trop méconnu).
Les références sont bonnes, vous constaterez, et évidentes
dès les premières notes de l'album. Le plus dingue, c'est
qu'on ne tombe jamais dans le mauvais goût. Pas de ballades sirupeuses
ni d'imitations des groupes suscités. C'est vrai, ils n'ont rien
inventé, mais leur musique arrive quand même à trouver
sa personnalité. The Strokes évolue dans un univers qui
n'est plus vraiment au goût du jour, du vrai rock, dansant, énergique,
mélodique (les guitares sont délicieuses) et tout bonnement
excellent. Un vrai retour en 1975 (même leur look nous y ramène
!). "Is this it" rapporte un peu de fraîcheur dans ce
monde où l'électronique est passé maître. En
fait, c'est indispensable à tout fan de cette période, allez,
pour une fois je vous le demande, suivez la masse, laissez-vous faire...
[Greg]
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Voir aussi : Velvet underground, Television, The Feelies (premier album)
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