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PINBACK
"blue screen life"
(Cutty shark 12 titres)
Une chose est sûre. La pause momentanée du groupe noise-rock
Three Mile Pilot aura été plus que bénéfique.
Elle a en effet permis de mettre en forme deux projets parallèles
au groupe, qui sont aujourd'hui, deux des groupes les plus grandioses
! Je veux, bien entendu, parler du Black Heart Procession de Tobias Nathaniel
et Pall a Jenkins (première moitié de 3 Mile Pilot), et
de Pinback (composé de Rob Crow et de Armistead Burwell Smith iv
seconde moitié de 3 Mile Pilot). Et si le premier album
de Pinback renfermait déjà des perles précieuses,
ce "blue screen life" s'impose, du début à la
fin, comme un album magnifique. La musique de Pinback est belle, tout
simplement. Une beauté digne et froide, qu'on a du mal à
définir. Ni vraiment mélancolique, ni vraiment joyeuse,
elle parle directement au cur, avec douceur et compassion
Un langage emprunté aux contes de fée mais particulièrement
adapté à la noirceur du cur d'adulte. Enregistré
chez eux, en duo, comme c'est l'habitude avec le groupe, cet album, au
son excellent, renferme toute l'intimité d'un salon chaleureux
ou d'une photo de famille. En 12 titres, Pinback réussi à
offrir une musique à la fois légère et particulièrement
profonde. Le pire, c'est qu'avec tout cela, le résultat donnerait
presque envie de pleurer. Une vérité s'impose, San Diego
regorge de grands génies.
[mg]
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Voir aussi : Black Heart Procession, Three Mile Pilot
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BILLY
MAHONIE "What becomes before"
(Southern 14 titres)
Billy Mahonie font partie de ces groupes qui arrivent à créer
une musique complexe et instrumentale tout en emmenant l'auditeur loin,
très loin de son petit appartement. La force de ces anglais réside
dans le mélange, ou plutôt l'ouverture. Avec ce "What
becomes before", au nom particulièrement révélateur,
Billy Mahonie se remémore la musique de leur enfance, celle de
leurs parents
Celle des années 70. Pourtant, ce nouvel album
s'inscrit plus que logiquement dans une scène actuelle et novatrice
dont les plus grands noms viennent sans doute de Chicago. Pas besoin d'aller
bien loin dans l'album pour comprendre la démarche du groupe. Dès
le premier titre, on passe d'un rock instrumental, complexe et calme que
certains pourront qualifier de postrock ou de mathrock selon les sensibilités,
pour passer à un pur moment de hard rock, école Black Sabbath
; le tout dans le plus grand raffinement. Ne cherchez pas, dans le style,
Billy Mahonie fait office de nouvelle référence. Bien entendu,
peu d'albums s'en tirent sans défauts, et ce nouvel opus des génies
anglais ne déroge malheureusement pas à la règle.
Cette pure merveille, si elle nous enivre de son patchwork culturel et
musical, manque peut-être d'un peu de beauté
de cette
beauté profonde et inébranlable. Mais je suis un peu injuste.
Ce "What becomes before" est parfaitement représenté
par sa pochette. Le contraste entre une étendue vide et désertique,
et cette vieille carcasse de voiture, ou de ce qu'il reste de son fer
rouillé. Le tout sous un ciel bleu resplendissant. Alors ne boudons
pas ces Anglais pour quelques manques de respirations, car peu avaient
réussi, avant eux, à poser un album à la croisée
des styles et des époques comme Billy Mahonie viennent de le faire.
[mg]
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Voir aussi : Unwound, Can, Paul Newman, Led Zeppelin, Tortoise, Fugazi,
GSYBE
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TOMAHAWK
"s/t"
(Ipecac Recordings - 13 titres)
Trois mois après l'époustouflant et monumental deuxième
album de Fantômas, l'hyper-actif Mike Patton pousse à nouveau
la chansonnette pour un projet qui, une fois encore, ne peut que nous
donner des frissons. L'orchestre démoniaque du Général
se compose cette fois de Mr Duane Denison (ex-Jesus Lizard), de John Stanier
(ex-Helmet) et de Kevin Rutmanis (ex-Cows et ex-Melvins)... il faut reconnaître
que le sieur Patton sait choisir ces compagnons d'armes... non ? Comme
à son habitude, Mike et son all-star band brouillent les pistes
en proposant un élixir musical aux saveurs très variées
(on ne va pas vous refaire à chaque fois le coup de la liste des
différents styles visités... y'en a tellement qu'il n'y
a même plus assez d'étiquettes). On note un gros travail
sur les ambiances (marécageuses, forestières) angoissantes
et troublantes, appuyées par un chant toujours aussi imprévisible,
des keyboards qui occupent parfaitement l'espace et une basse simple mais
sombre. Denison, quant à lui n'a rien perdu de sa technique pour
tricoter des petits riffs très lizardiens. La musique du quatuor
a donc fière allure et dégage des instants totalement intéressants
mais elle déçoit tout de même... Peut-être pas
assez affûtés les morceaux manquent parfois de rebondissements,
d'humour et de folie tranchante. On ne sent pas non plus les membres de
la tribu au summum de leur forme et prêt à donner le maximum
de leur potentiel, trop coincés (peut-être) à refaire
ce dont on sait qu'ils étaient capables de faire dans leurs précédentes
formations. J'attendais mieux, mais il faut dire qu'avec ce que Fantômas
nous a sorti cet été, la barre était un peu trop
haute. Que cela ne vous empêche pas de jouer aux petits indiens...
hugh!
(chris)
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Voir Aussi : Faith no More (période Angel Dust), Jesus Lizard
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FUGAZI
"Furniture"
(Dischord 3 titres)
Ceux qui suivent Fugazi depuis quelques années et qui ne loupent
jamais un concert du groupe savent bien que cette petite galette
la deuxième que sort le légendaire quatuor depuis sa création
il y a plus de 10 ans est indispensable à leur discographie.
"Furniture", le titre qui ouvre le bal, est un hymne que le
groupe joue régulièrement en concert depuis 10 ans maintenant
(j'ai des preuves), et qui n'a pourtant jamais été gravé
sur disque. Une bombe rappelant l'intensité des débuts (des
premiers maxis éponymes à Repeater). L'enregistrement date
bien du début de cette année, mais pour ceux qui en douteraient,
sachez que le groupe explose d'énergie comme à la première
heure. Alors, ceux qui n'ont pas réussi à suivre Fugazi
sur les chemins périlleux, et pourtant sublimes, du dernier album,
pourront retrouver la troupe de Washington DC là où ils
l'avaient laissée, au niveau des pionniers de l'emocore. Émotion,
énergie, mélodie, retenue, explosion
Pour les autres,
vous ne pouvez qu'apprécier ce génie créatif qui
place le punk rock à un niveau jamais atteint depuis.
[mg]
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Voir aussi : Rites of Spring, Wire, Q and not U
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SERVO
"2nd round"
(Servical prod 5 titres)
La musique électrique aux guitares nerveuses reviendrait-elle dans
le cur des Français ? C'est en tout cas ce que semblent vouloir
nous faire croire ces ex-Electric Buttocks avec ce "2nd Round",
deuxième sortie après un premier album passé malheureusement
quasiment inaperçu. Derrière cette relative discrétion,
Servo nous pond pourtant, avec ce 5 titres, un enregistrement d'une grande
qualité, où l'énergie et l'imagination ne font qu'un.
De l'électricité pure, à la limite du court-circuit.
Outre-Atlantique, Shellac avaient déjà tracé le chemin,
mais Servo sait être plus mélodique, au travers du chant
notamment
Du coup, le groupe flirte régulièrement
avec le tube, tout en gardant une rugosité admirable. Alors ce
n'est pas quelques transitions trop abruptes, ou quelques dérapages
vocaux, qui vont nous faire douter du potentiel de ce groupe
Le
second round sera le bon.
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Voir Aussi : Shellac, Fugazi
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La chronique du lecteur >>
Cette place vous est
réservée
Nous n'avons pas parlé d'un disque
important à vos yeux, et vous vous sentez la force de donner votre
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chronique, elle sera sans doute publiée ici. Cette semaine C. Chene
vous parle du dernier Envy. [envoyer
votre chronique]
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ENVY
"All the footprints you're ever left and the fear expecting ahead"
(Dimmak Records - 11titres)
Difficile de rester insensible devant la beauté du nouvel album
d'ENVY. Difficile de ne pas se laisser happer devant tant d'intensité
révélant des compos qui tiennent tout simplement du génie.
Un livre, une musique, un film, un sourire... des petits riens qui peuvent
parfois bousculer une vie. En ces heures troubles où tout le monde
retient son souffle dans un engrenage tristement guerrier, il est réconfortant
de pouvoir s'émerveiller devant cette perle musicale d'une pureté
rare. Le calme avant la tempête comme dirait l'autre. Comment décrire
la musique de ce combo japonais? Oui car il s'agit bien là de retranscrire
les sentiments que l'on peut ressentir à chaque morceaux de "All
the footprints you're ever left and the fear expecting ahead". En
effet, je pourrais parler de ces changements de rythmes et de cette voix
hurlée exprimant à la fois rage et désespoir. Je
pourrais parler de cette intensité crescendo parsemée de
petits moments frôlant l'hystérie, qui fait qu'à chaque
riff de guitare, combinés à ce chant hurlé, que c'est
le monde qui est en train d'exploser. Et toujours parmi ces instants chaotiques,
une mélodie imparable se dessine, des moments de calme pendant
la tempête, un pas de plus vers le paradis et l'extase, pour ensuite
retomber dans la mélancolie totale et ce son massif. "Your
shoes and the world to come" ou "Mysterie and peace" peuvent
illustrer tout ça et enfin donner un sens au terme "émo"
dans toute sa splendeur en somme. Définitivement l'album le plus
poignant de l'année 2001. Hayao Myazaki et Otomo pour le cinéma,
Ken Ishii pour l'électonique, Joe Hisaishi pour le classique, et
maintenant Envy pour l'émo. Et j'en oublie encore. Le 21° siècle
sera sans aucun doute japonais.
[c.chene]
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Voir Aussi : Nine Days Wonder, Undone, Grade
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