|
|
BLUETIP
"Post Mortem Anthem"
(Dischord 10 titres)
Après trois albums intenses sortis chez Dischord et quelques kilomètres
de routes, le quatuor rock de Washington DC se permet de sortir ce "post
mortem anthem", sorte de rétrospective d'un début de
carrière réussit. À travers quelques raretés
appétissantes, Bluetip prouve une nouvelle fois son amour immodéré
pour le rock direct et les mélodies intenses. Enregistrés
ça et là, de 1995 à 1999, les titres de ce CD ne
dénaturent nullement l'identité sonore imposée par
le groupe depuis ses débuts. Rien ne semble avoir été
fait au hasard. Nous sommes bien loin de la compilation de fonds de tiroirs
dévoilant un groupe en manque de créativité. Ici,
on se retrouve bien en face d'une production aussi fiable que ne pouvait
l'être leurs précédents albums. Le son ne déçoit
pas, et les compos méritent tout autant votre approbation que celles
précédemment sorties
Et comment passer à côté
de la reprise de "52 Girls" des B 52's ? Le groupe semble vouloir
faire plaisir à ses fans ; preuve en est, le superbe livret dans
lequel Jason Farrel (guitare-chant) revient brièvement sur l'histoire
du groupe et des quelques enregistrements dévoilés ici.
Personne n'a dit que le disque apportait vraiment du nouveau, mais les
amateurs risquent d'être ravis. Objectif atteint.
[mg]
>>
Voir aussi : Fugazi, Jawbox, Kerosene 454, Aina
|
|
|
HERMAN
DUNE "Switzerland Heritage"
(Prohibited 14 titres)
Aborder un nouvel album de la paire franco-suédoise n'est pas chose
compliquée. Il n'y a qu'à se laisser porter par ces mélodies
lancinantes et enivrantes, par ces cordes (vocales y compris) touchantes
et émouvantes. Derrière ces petites poésies impressionnistes,
ce minimalisme à deux-trois accords, tout respire l'authentique,
le naturel - ce naturel humain qui chez les Suphermen Bros a le don de
vous apaiser en vous offrant ce que vous avez envie d'y trouver. Leur
ballad songs tantôt folk, pop rock, bluesy ou lo-fi sont de purs
moments de bonheur qui vous font 'partir' en douceur. La légèreté
comme un luxe. Pourtant elles ne sont jamais aussi belles que lorsque
le ton devient plus grave, lorsque qu'une certaine mélancolie suinte
au coin des textes ou du bois de leurs guitares ('Black Cross', 'Little
Architect'). Moins intimiste que 'Turn off the Light', Switzerland Heritage
développe un son plus étoffé dû à l'apport
d'instruments occupant mieux les espaces. La production y est plus riche
et les compositions sont elles plus travaillées (entendez 'arrangées').
Mais l'esprit est là et il vise à caresser toutes les âmes
sensibles à cet art du 'prends ta guitare et chante-moi s'en une'.
Les frères Herman Dune accompagnés de Néman à
la batterie signent là un album très réussi qui s'adresse
au plus grand nombre. Mais un conseil: écoutez-le seul!
[chris]
>>
Voir aussi : Palace, Don Nino, Will Oldham, Julie Doiron
|
|
|
EPILEPTIC
"Last temptations"
(Timer
9 titres)
Remarqué par les spécialistes depuis leur précédent
album, "Cold Smothered Blues", sorti uniquement en vinyle, le
trio devrait, grâce à ce "Last temptations" convaincre
un public plus nombreux. Car le groupe mérite les éloges.
Epileptic a toujours tenu une place à part dans les discothèques.
Sans doute parce qu'ils font partie des seuls à exprimer ce petit
je-ne-sais-quoi de terriblement humain, et par conséquent, de particulièrement
touchant ! Toujours à la limite des genres, sans ne jamais tomber
dans aucun cliché de chapelle (excepté les malheureuses
premières notes de basse de l'album qui renvoie directement aux
débuts de Prohibition), le trio joue les équilibristes.
On se demande souvent quand ils vont tomber de leur fil, à force
d'éviter le faux-pas de justesse, mais le groupe semble aidé
des dieux et exploite cette fragilité pour rendre leur musique
d'autant plus émotionnelle. Ce nouvel album le prouve encore une
fois. Espérons que vous ne passerez pas à côté.
[mg]
>>
Voir aussi : Prohibition, Fugazi, Cure, Fake Hyppi
|
|
|
AINA
"Bipartite"
(Bcore Disc - cd 10 titres)
Que ceux qui ont raté leur concert parisien du 11 décembre
s'en mange les mains, car sur scène le groupe prend une autre ampleur.
Un gros rock sans chichis, admirablement joué par des gens simples
et honnêtes. oui, honnêtes, car qui oserait encore se déclarer
fans de AC/DC, surtout dans la scène hardcore émo ? Autant,
dans leur premier album (sans compter la compilation de singles précédemment
sorti), je ne voyais pas trop l'influence du groupe de quinquagénaires,
autant dans celui-ci, je comprends mieux. Attention, ne me faites pas
dire ce que je n'ai pas dit, Aina ne fait toujours pas du hard-rock !
Les aspects rock sont justes plus en avant, la musique est plus directe,
les riffs de guitare sont très efficaces, et les rythmes sont terriblement
linéaires. Mais rassurez- vous, l'ensemble sonne toujours proche
de la scène de DC, je trouve juste que les éléments
émo (déjà peu présents dans le premier album)
sont plus discrets. Quoi qu'il en soit mon pied bat la mesure, et mes
oreilles sont caressées délicieusement par les mélodies
vocales et arpègiques. Donc appelez ça comme vous voulez,
pop-punk, émo-rock, indie-punk, je m'en fous, moi j'adore, et ce
n'est pas la production assurée magnifiquement (comme toujours
me direz-vous !) par Jay Robbins qui me fera changé d'avis.
[Greg]
>>
Voir aussi : Burning airlines, Blue tip, The Capitol City Dusters
|
|
|
DOPPLER
"Star sexual fantaisy"
(SK cd 4 titres)
Il semblerait, après un petit tour sur le site du label (http://skmagazine.free.fr),
que le groupe ait enregistré un nouveau 5 titres depuis... Peu
importe, retard ou pas, ce cd mérite bien sa petite chronique !
Doppler est un trio guitare, basse, batterie, formé à Lyon
en 1997. Il est impossible de ne pas coller une étiquette noise,
ni de citer les Sleeppers à l'écoute de cette musique. Attention,
je cite nos Unsane français, mais n'allez pas croire que ce n'est
qu'une pâle copie. Le groupe a des idées et des bonnes. La
recette est pourtant classique : une voix saturée, une basse qui
tourne et donne inévitablement envie de taper du pied (à
la Prohibition), une guitare riche en arpèges et une batterie puissante
et sèche, le tout entrecoupé de bande son de films. Un groupe
qui ne mérite que l'attention (d'un public français qui
n'existe pas / plus ?). Décidément, Lyon (capitale de la
noise ?) n'en finit plus de nous étonner ces temps-ci, après
Bananas at the audience, Pacino blast, etc... On sent qu'une scène
sérieuse se met en place petit à petit, je vais finir par
aller m'installer là-bas, moi !
[Greg]
>>
Voir Aussi : Sleeppers, Unsane
|
|
|
>>
Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions
à :
>> If you want to be reviewed here, send your promotionnal stuff
to :
>> Mathieu
Gélézeau & Natasha Herzock
>>
51, rue Paul Vaillant Couturier - 92240 Malakoff - France
>>
positiverage@hotmail.com
|