HOOD "Cold House"
(Domino – 10 titres)
Depuis son premier album, Hood a toujours su garder une place à part dans le monde monotone du postrock. Hood a toujours réussi à développer une musique touchante et émouvante. On a entendu plus novateur, ou plus charismatique, mais Hood joue sur une autre corde, la sensibilité. Et sur cette corde-là, leur musique est du plus bel effet. Ce nouvel album marqué par une présence accrue de l'électronique ne déroge pas à la règle. Le cœur est atteint. Les rythmiques paraissent empruntées aux meilleures formations du label Warp et enrichissent la pop susurrée du groupe. Le mélange est une réussite qui situe Hood comme une lumière scintillante dans le ciel souvent trop gris de l'electro-postrock. À écouter chez soi, seul ou bien entouré.
[mg]

>> Voir Aussi : Squarpusher, Low

 

DIVISION OF LAURA LEE "Black City"
(Burning Heart - 12 titres)
La Suède est une terre de wok an woll. Personne n'en a jamais douté. Est-ce parce qu'il y fait froid et qu'un bon riff derrière les oreilles réchauffe toujours ? Ou bien est-ce parce que les filles y sont plus belles qu'on y a envie (encore plus qu'ailleurs) de crier son amour? L'énigme reste en suspens...mais le nouvel album de la Division de Laura Lee vous apportera peut-être quelques réponses. Pas très agressif et donc très fréquentable, le rock de ce quatuor s'écoute facilement. Calée entre des influences sixties, seventies et des sons plus actuels, leur musique explore un espace électrique assez vaste pour ne pas y trouver l'ennui. Grâce à la production, à l'orchestration (keyboards) et aux effets de sons, le groupe arrive très souvent à donner beaucoup de profondeur à ses morceaux...une fuite en avant pour peut-être mieux susciter des émotions... En tout cas si vous aviez déjà craqué sur leur mini cd, ce full length ne devrait pas vous décevoir. Pour les autres, entrez dans la lumière de ce black city...l'obscurité vous va tellement mal... si si.
(chris)

>> Voir Aussi : Bluetip, The (International) Noise Conspiracy, At The Drive-In

 


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HEADCASES "Horns are really well sharpened"
(Timer – 10 titres)
Si beaucoup de gens devaient les attendre au tournant après un premier album remarqué (malgré un chant trop proche de Chokebore), le trio ne se laisse pas impressionner et revient avec des arguments solides… Ce deuxième album s'inscrit dans une tradition américaine de groupes noise allant, comme ils les citent eux-mêmes, de Chokebore aux Cows. Si l'ensemble reste très mélodique, les rythmiques alambiquées et les breaks originaux signent bien la marque de fabrique des français. Les inventions des cordes et la maîtrise générale des instruments est réellement agréable. Certes, la voix particulière peut agacer, mais contrairement au précédent album, elle donne une touche originale à l'album. Harmoniquement, les compositions sont riches, et le choix du Black Box pour l'enregistrement ne peut qu'être salué. Bref, dans le style, Headcases s'impose comme une valeur à surveiller de près… Reste juste à savoir si leur noise ne sera pas trop alambiquée pour certains, et trop prévisibles pour les autres ?
[mg]

>> Voir Aussi : Cows, Chokebore

 

EUELL "zitrac"
(autoproduction – 10 titres)
La précédente démo d'Euell avait déjà dévoilé un potentiel intéressant qui ne demandait qu'à mûrir. Avec ces 10 nouveaux titres enregistrés entre septembre et octobre 2001, l'influence de toute la vague postrock continue de marquer la musique du trio, et les ambiances feutrées sur lesquelles travaille Euell dévoilent toujours ce potentiel inachevé. On aurait espéré une production plus travaillée pour ce retour ; la qualité du son fait cruellement défaut et empêche l'auditeur de s'engouffrer réellement dans l'univers tourmenté de ce "Zitrac". C'est dommage, car si on retrouve toujours les erreurs de leur précédent essai (morceaux trop longs et monotones, batterie ennuyeuse…), certaines idées, de guitares notamment, surprennent et tirent l'ensemble vers le haut. De plus, leur position intermédiaire entre la torpeur du postrock et certaines montées proche des élans noise de Slint rend leur démarche intéressante. Espérons que la prochaine fois sera la bonne.
[mg]

>> Voir Aussi : Slint, A Minor Forest, Tortoise

 

D-BASSER "live"
(autoproduction – 5 titres)
Formé autour d'un ancien Splinter et d'un ancien Su, D-Basser a décidé d'évoluer dans un style très en vogue durant les années 90. À travers cet enregistrement live, on se rend rapidement compte que le trio sait de quoi il parle. Mélodies et puissance semblent être les mots d'ordre de leur noise sombre et explosive. On voit renaître les promesses soniques que pouvaient nous faire les Portobello Bones à leurs débuts… La pression ne cesse de monter puis de descendre sans que l'auditeur puisse réellement se sentir en sécurité. C'est bien fait, et pourtant, on ne peut éviter le sentiment de déjà vu… Il est vrai que les Sleeppers et autres Portobello Bones ont déjà bien marqué la scène française quand ils sont arrivés avec leurs breaks noise, leurs sons inquiétants et ce reste de mélodies accrocheuses… Alors D-Basser a beau assurer joliment l'exercice, je ne suis pas sûr que le public soit encore là.
[mg]

>> Voir Aussi : Sleeppers, Portobello Bones, Tantrum

 

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