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+ THE BLIND SHAKE
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MICKAEL YONKERS
+ THE BLIND SHAKE

cold town, soft zodiac
(learning curve)

Bordel, d'où il sort ce disque ? Ceux qui connaissent un peu Mickael Yonkers et/ou The Blind Shake peuvent comprendre que cette rencontre improbable a de quoi surprendre ! Bon, vu qu'en dehors de quelques spécialistes triés sur le volet, personne ne doit savoir qui sont ces gens, je vais reprendre les fondamentaux. Mickael Yonkers tout d'abord. Perso, je le découvre avec le disque qu'il sort en 2003 chez Sub Pop ("microminiature love"), mais le gars, passionné comme on en voit rarement, trimballe sa guitare depuis les sixties pendant lesquelles ils fondent The Pharoes (1964) ou Michael and the Mumbles (1966), groupes sixties obscurs. Je crois que Sub Pop a ressorti l'album de Michael and the Mumbles… Bref, Michael Yonkers est donc ce genre de loser passionné et attachant, qui joue et expérimente depuis les années soixantes (avec un certain talent), sans jamais vraiment rencontrer le succès. Et le gars a toujours la foi ! Respect.
Du côté de The Blind Shake, je les entends pour la première fois avec leur excellent second album que Learning Curve, excellent label de Mineapolis, avait eu la gentillesse de me faire découvrir. J'en ai causé ici. Bref, The Blind Shake, guère plus connu aujourd'hui qu'à l'époque, mélange avec talent, la noise, le post-punk et quelques racines sixties. J'avais d'ailleurs craqué devant leur précédent album, passé inaperçu dans nos contrées.
Tout ça pour en revenir à cette rencontre étrange qui voit réuni le vieux troubadour des sixties, Michael Yonkers, et les jeunes morveux et bruyants Blind Shake de Minneapolis. Et voilà que je me fais à nouveau avoir. Dès le premier morceau, c'est le coup de cœur assuré. La fibre sixties de l'un et les effluves noise des autres donnent un mélange merveilleux. On y retrouve la grandeur intouchable d'un Lungfish. Un pur bonheur. Simple, prenant, remuant. Guitares noisy (trois), digressions soniques, et refrains sixtisants du plus bel effet. On alterne donc, pour 8 titres, entre de vrais chansons, minimalistes, sans paillette, tenues par la voix charismatiques de Michael Yonkers, et instrumentaux plus noise, mais tout aussi inspirés.
Une réussite de bout en bout. Heureusement que ceux-là se sont rencontrés !
Une fois remis de ces 8 tubes, vous pouvez enchaîner sur les 5 titres suivants pendant lequel The Blind Shake se retrouvent à nouveau seuls. Evidemment, la fibre noise, et psyché prend le dessus, mais la qualité reste. Pas un hasard si ces gars sont potes avec STNNNG. Les titres deviennent plus acides, plus fougueux, plus soniques, avec ces guitares folles, quitte à se perdre avec délectation sur Radon Detector. Leur noise psychédélique n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'esprit de Brainiac ou de Man or Astroman. En plus leurs live ont l'air de valoir le détour. Ces mecs assurent, rien à dire de plus.
Ah si, tout cela tient en 28 minutes. 28 minutes de bonheur. Difficile de faire plus condensé.
[mg]

+ voir aussi : Michael Yonkers Band, Lungfish, Stnnng, Brainiac


 

 


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