|
|
THE
SILVER MOUNT ZION ORCHESTRA AND THE TRA-LA-LA BAND "Born Into Trouble
As The Sparks Fly Upward"
(Constellation 8 titres)
Cet album est
un nouveau coup de projecteur mettant en lumière une facette encore
inconnue du monde magnifique de A Silver Mt Zion et de leurs prédecesseurs
et aînés Godspeed You Black Emperor. Non pas que "Born
Into Trouble As The Sparks Fly Upward" soit une révolution
par rapport à leurs précédentes sorties, sur un plan
musical. Car comme le prouve le nom de l'album, aussi long et poétique
qu'à l'accoutumée, ces 8 morceaux sont dans la lignée
de ce qu'ont pu faire les deux groupes (qui ont en fait 3 ou 4 membres
en commun, dont Efrim, sorte de figure de proue de cette communauté).
Mais plutôt parce que cette terre est si complexe et exigeante,
si belle et riche qu'elle ne s'explore que patiemment, progressivement,
par petites touches. Et donc si sur la forme quelques changements sont
à noter (le groupe est passé de 3 à 6 membres et
les pièces musicales souvent longues se rapprochent sur cet opus
d'un format plus "conventionnel" tournant autour des 6-8 minutes),
le fond reste fidèle aux obsessions et désirs du collectif
qui poursuit sa quête du beau, du vrai. Cela passe par des atmosphères
mélancoliques patiemment installées par un piano ou un violon
tristounet à souhait, des arpèges de guitare apaisés
qui sortent progressivement de leur torpeur pour se faire finalement violence
et littéralement exploser, des samples de personnes qui parlent...
mais à la limite peu importent les instruments utilisés,
c'est surtout l'harmonie de leurs imbrications, l'échange qui s'opère
et la magie de l'ensemble dont il faut parler. Difficile en tout cas pour
une chronique de rendre justice à ce genre d'album !
[sullivan]
>>
Voir aussi : Godspeed You Black Emperor, Set fire to flames, Rachel's
|
|
|
PAPA
M "Whatever, Mortal"
(Domino 13 titres)
En tirant un trait sur 'Aerial' pour devenir 'Papa', M, alias David Pajo
(je précise pour qu'on ne le confonde pas avec le fils de Chédid...)
a également tourné le dos au post-rock instrumental d'antan
et ses arpèges mélodiques aériens répétés
à l'envi pour se rapprocher d'un songwriting plus américain
et conventionnel. L'âge de la maturité ? Peut-être.
En tout cas, sur cet album, Papa M s'est considérablement rapproché
d'un Will Oldham (qui est d'ailleurs invité sur certains morceaux)
et de son country-folk touchant. Sa musique se fait donc moins abstraite
et distante, plus personnelle et plus proche de l'auditeur. L'ensemble
est parfois inégal, mais la paternité va tout de même
bien à David Pajo !
[sullivan]
>>
Voir aussi : Will Oldham, Bonnie prince billy, Aerial M
|
|
|
DRONAEMENT
VS RABBIT'S SORROW "Between Two Yearthousands"
(le cri de la harpe 9 titres)
Extrême ! On peut dire que cette musique est extrême dans
sa volonté de ne faire aucune concession pour arriver au but qu'elle
recherche : l'ambient. Quand je dis ambient, ce n'est pas seulement un
genre musical mais une véritable profession de foi concernant Dronament
et Rabbit's Sorrow, les deux pôles ayant élaboré ce
"Between Two Yearthousands". Les non-initiés auront bien
du mal à s'extirper de ces 9 plages qui ne sont que nappes de synthés,
bourdonnements lancinants et autres sifflements. Et c'est l'effet désiré
: "Between Two Yearthousands" est un véritable défi
lancé à l'auditeur. Sera-t-il capable de suivre le voyage
jusqu'au bout et de percevoir les lentes et progressives évolutions
des paysages ? Pour ma part, j'ai sauté du train en cours de route...
[sullivan]
>>
Voir aussi : Tribes Of Neurot
|
|
|
NOISE
SURGERY "s/t"
(Autoproduction 3 titres)
Cest quand même bien ce retour en force de la noise française,
cette fois ci, ils ne sont pas Lyonnais, mais Dijonnais, et je peux même
vous dire quil y a un ancien de chez Cobweb dans le line-up. Et
justement, les influences émocore de ce dernier nont pas
complètement disparues, et cest pour cette raison que la
musique de ce trio me touche. Car leur noise est finalement plutôt
originale, malgré le côté classique de lutilisation
des instruments : une basse pachydermique, une batterie sèche et
claquante, des arpèges de guitare bien trouvés. La première
voix apporte les mélodies une deuxième voix rajoute un peu
de piment en venant vous hurler dans les oreilles, une formule qui rappelle
fortement le regretté Portobello Bones, en fait
Oui, mais
cest tellement bien fait ! Et puis deux autres groupes français
(de la grande période noise, pourrai-je rajouter) me viennent à
lesprit : Basement et Tantrum. Alors, cest vrai, Noise Surgery
ninvente rien, mais attendez, ceci nest que leur premier enregistrement,
et puis maintenant que Portobello nest plus
qui sen
plaindra ?
[Greg]
>>
Voir aussi : Portobello Bones, Tantrum, Helmet, Basement
|
|
|
PZLEN
"Infime Imago"
(autoproduit 11 titres)
Nom de groupe à consonance Europe de l'Est, studio Amanita, Stephan
Krieger à l'enregistrement : voilà qui plante le décor
! On devrait avoir là de la noise, et de l'original. Ce que l'écoute
confirme : la base de la musique de Pzlen est clairement noise, mais il
s'agit d'une noise qui se veut ouverte d'esprit et carrefour d'expérimentations.
Emmenés la plupart du temps par une rythmique puissante sur laquelle
vient délirer un saxophone free, les morceaux sont également
parsemés de sons électroniques générés
par des samples ou des séquenceurs, qui, s'ils renforcent le côté
free expérimental, se font parfois presque psychédéliques.
Dans l'esprit, "Infime Imago" me fait penser au "Hirohito"
de Guapo. J'ai toujours de l'estime pour ce genre de démarche novatrice
et expérimentale, mais mon expérience montre que finalement
je réécoute assez peu ce genre d'albums barrés par
la suite.
[sullivan]
>>
Voir aussi : Guapo
|
|
|
BEN CHRISTOPHERS "Spoonface"
(V2 10 titres)
Sorti il y a quelques mois, ce deuxième album de Ben Christopher
nous entraîne entre deux mondes, à mi-chemin entre le passé
et le futur, entre l'évident et le recherché. Bien entendu,
ceux qui ont déjà croisé l'artiste savent que sa
musique ne se conçoit pas en termes d'énergie, ni en termes
d'expérimentation underground, mais plutôt au niveau harmonique
et sensitif. Et si le créneau je crois que nous pouvons
parler de pop se veut plus populaire, et donc, légèrement
trop présent médiatiquement, Ben Christopher évite
de tomber dans les pièges de certains confrères. L'accessibilité
de ce "Spoonface" n'enlève en rien ses qualités
et sa justesse. Peut-être parce que l'homme arrive à juxtaposer
la richesse harmonique de la pop des sixties (Simon and Garfunkel pour
ne citer qu'eux) à une recherche musicale plus contemporaine, parfois
proche de l'electronica. Dans certains cas, le mélange prend toute
son ampleur et nous aurions tendance à parler de réussite
; ce n'est malheureusement pas le cas sur tous les morceaux. Mais malgré
quelques erreurs, Ben Christopher confirme un talent radiophonique indéniable.
[mg]
>>
Voir aussi : Radiohead, Simon and Garfunkel, Jeff Buckley
|
|
|
>>
Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions
à :
>> If you want to be reviewed here, send your promotionnal stuff
to :
>> Mathieu
Gélézeau & Natasha Herzock
>>
51, rue Paul Vaillant Couturier - 92240 Malakoff - France
>>
positiverage@hotmail.com
|