The JON SPENCER BLUES EXPLOSION "Plastic fang"
(Mute records/Labels - 12 titres)
Dix ans déjà que le trio nous assène de riffs cradingues aux forts relents de blues-rock à la sauce noise-punk. Dix ans que Jon Spencer crie dans le micro des "yeah" et des "rock'n'roll" comme le faisait jadis Lux Interior des Cramps. Dix ans que leur musique sauvage nous étonne de simplicité et d'ingéniosité à la fois. Et bien, j'en veux encore pendant au moins dix ans… Car, à en juger par ce nouvel album, Le Blues Explosion n'a pas fini de nous étonner. Plus dansants, les morceaux sonnent plus soul, ressemblent plus à de véritables chansons, et par la même occasion, sont moins sales. En fait le groupe a décidé de se poser un peu, de s'organiser, de se prendre plus la tête, et le résultat est plus que satisfaisant. L'énergie est toujours bien présente malgré tout, aucune inquiétude à ce sujet, "Shakin' rock'n'roll tonight" en est d'ailleurs un bon exemple. Jon et ses compères aiment le punk autant que le blues et le démontrent une fois de plus. Ils se sont donné plus de moyens (tant au niveau musical qu'au niveau sonore d'ailleurs) que par le passé et je trouve finalement que leur musique s'apprécie encore mieux. Que dire de plus si ce n'est, quoi tu l'as pas encore acheté ?
[Greg]

>> Voir aussi : The Make-up, The Cramps, Pussy Galore, The Fleshtones

 

BANANAS AT THE AUDIENCE / KABU KI BUDDAH "Alerte au Macaque en ferraille"
(S.K. – 4 titres)
On ne va pas tourner autour du pot. Ce petit vinyle nous a tapé dans l'œil ! Bande son du superbe film du même nom (disponible uniquement dans certains vidéoclubs japonais), l'objet est présenté dans un pochette qui, à elle seule, mérite de se procurer ce disque. Le délire est parfait. Coté musical, on reste dans le bon goût avec deux formations inévitables de la scène lyonnaise. L'une plutôt noise-quelque-chose (Bananas at the audience), l'autre presque punk-folk-quelque-chose (Kabu Ki Buddah). Et pour augmenter la pression de ce film déjà culte, les armes sont précises : une première face sur laquelle chaque groupe joue une de ses compositions, et la seconde sur laquelle les groupes reprennent le morceau de l'autre. Si vous savez calculer, cela fait 2 titres et 4 versions. Si avec ça le macaque en ferraille ne vacille pas, c'est à n'y rien comprendre ! Tout les bons ingrédients sont réunis pour faire un bon film : du suspens, de l'action, de l'humour, de la technique, de l'émotion, et des effets spéciaux à tomber par terre… J'adore. Manque plus que les images !
[mg]

>> Voir aussi : Condense pour l'un, Dog Faced Herman's pour l'autre. Bruce Lee pour les deux

 

THE LANDSLIDE "Get together"
(Dim Mak - 2 titres)
Lorsqu'on sort d'aussi bons groupes que Planes Mistaken For Stars, Nine Days Wonder, No Knife, Envy, etc., on se dit qu'il y a comme ça des labels qu'on se doit de surveiller de très près. Depuis la création de Dim Mak Records, on peut dire que Steve Aoki a fait du très bon travail autant sur le choix de ses productions que sur la politique artistique de fond. Presqu'un sans faute... jusqu'à cette surprise nommée The Landslide. Ce nouveau quatuor américain, fondé sur les cendres de Kill Holiday et I Wish I, ne semble bizarrement pas rentrer dans l'esprit dimmakien qui consiste très souvent à délivrer beaucoup d'énergie, d'intensité et d'émotions. Mauvaise surprise donc car ce groupe propose une indie pop très british aux accords ronflants et aux rallonges fastidieuses. Certes on connaît l'amour que porte Mr Aoki aux Beatles mais ça n'explique pas l'insipidité de ces deux titres ultramélodiques. Au lieu d'une franche secousse, d'un glissement de terrain (the landslide), ce Cdep ne vous fera que taper du pied et si vraiment la grosse pop vous plaît, vous lèverez peut-être les bras au ciel en entonnant des lalalalalalas qu'on aurait aimé tout de même meilleurs.
[chris]

>> voir aussi: Ride, les Thugs (le premier morceau pourrait provenir d'un album des Thugs!)

 

McLUSKY "mcLusky do dallas"
(Too pure/Labels - 14 titres)
Après un premier album sorti l'an dernier et passé complètement inaperçu en France, le groupe anglais rentre en studio avec Steve Albini, et nous pond cet excellent album. La basse gronde à grand renfort de disto, la batterie est sèche et claquante (merci Mr Albini), et la guitare dépouillée mais inspirée (ha, la sympathique mélodie de "Colagen rock") nous ramène droit au meilleur de Headcleaner. La ressemblance est d'ailleurs inévitable lorsque l'on connaît et apprécie ce défunt groupe. La voix rappelle soit David Yow de Jésus Lizard soit Franck Black (période Pixies "Surfer rosa"). Bref, noise-punk jusqu'au bout des ongles. Le trio de Cardiff applique la bonne recette et ça fonctionne vraiment bien. Superbe découverte. A découvrir sur scène dans les jours à venir.
[Greg]

>> Voir aussi : Headcleaner, Jesus Lizard, The Pixies

 

VIRGA "Eïdos"
(8 titres – unique rds)
À l'écoute de ce "Eïdos", on baigne dans une musique créée entièrement sur ordinateur. Cela va du trip-hop tendance Portishead à des rythmes plus Trans ou, à l'inverse, carrément ambient, et tout du long, l'ordinateur semble être l'unique interlocuteur. Du coup, quand Virga s'essaie au trip-hop, s'il trouve bien une base intéressante, le morceau ne prend pas par manque d'ambiance ou de force mélodique. On tourne trop rapidement en rond. Peut-être aurait-il besoin de s'entourer d'autres musiciens pour agrémenter ces rythmiques ? Il trouve plus sa place dans une techno trans plus exacerbée (Alter.go) que l'on verrait bien exploser les enceintes de certaines rave party. Malheureusement, ce n'est alors pas trop mon délire. Mais Virga s'attaque aussi à des compositions plus ambient. Les sons sont alors intéressants et la démarche assez extrême, et c'est sans doute cet aspect, citons "Steinbock", qui me touche le plus. Au final, si l'ensemble reste surtout trip-hop, on garde la ferme impression que Virga se cherche encore un peu, et qu'il aurait peut-être dû, malgré d'excellentes idées et certains morceaux réussis, attendre une plus grande maturité avant de sortir cet album. Le résultat aurait sans doute été plus à la hauteur de ses capacités.
[mg]

>> Voir aussi : Portishead

 

SNUT "Des régions dépassées"
(9 titres – odette)
Difficile d'émettre une opinion sur ce groupe. L'approche un tantinet arty peut repousser, mais il y a aussi dans ce décalage une personnalité plaisante. Sur fond de musique pop minimaliste, Thomas Seron récite ses textes en français, entre poésie urbaine et délires arty. Sa voix, pourtant peu musicale, tient une place primordiale dans les compositions de Snut. Quand la musique garde une ambiance mélancolique, on peut se laisser prendre au piège, mais dès que certains clichés d'arrangements pointent, on a du mal à continuer. Pour ce qui est de cette voix, positionnée en première ligne, il faut s'y faire… Si vous l'aimez, Snut vous hypnotisera, mais dans le cas contraire, vous ne passerez pas le premier titre. Dans mon cas, je reste intrigué, mais je garde une fâcheuse tendance à décrocher rapidement.
[mg]

 

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